Droits et congés

2021, l’année où le congé de naissance n’a pas été allongé de manière égalitaire

OPINION. Passer de dix à quinze jours de congé de naissance pour les papas, est-ce réellement une avancée ? N’est-ce pas cacahuète, rikiki ? Quinze malheureux jours. Avec les week-ends, ça fait trois semaines. En 2023, il sera allongé à un mois. Trois fois moins que la maman. Comment arriver à l’égalité des genres avec cela ?

Ce sont les parents, mais aussi les professionnel·le·s comme les sages-femmes, interviewé·e·s tout au long de l’année qui nous l’ont dit, répété les un·e·s après les autres : un mois, c’est moins que le temps nécessaire à la maman qui a accouché de s’en remettre. À peine le temps pour le papa de faire connaissance avec son bébé. Et ça double la charge des mamans d’un seul coup. Après un mois, au moment le plus critique, en plein post-partum, non seulement, elles doivent se remettre de leur accouchement mais en plus, elles ont les tâches de soin et d’éducation. Et bien souvent aussi, les tâches domestiques. Puisqu’elles sont toute la journée à la maison avec le nourrisson, elles ont le temps, n’est-ce pas ?
Et puis, elles ont ça en elles aussi. On s’émerveille devant cet « instinct maternel ». Mais non, ce n’est pas un instinct. C’est juste que quand on passe du temps avec un autre être humain H24, on finit par le connaître. Et ce n’est pas juste d’une logique implacable. C’est prouvé scientifiquement.
Exemple 1 : « Les pères sont tout aussi bons que les mamans pour reconnaître les pleurs de l’enfant » est le titre d’une étude publiée en 2013 dans la revue Nature. On y lit que 90% des pères reconnaissent aussi bien les pleurs de leur bébé à partir du moment où ils passent plus de quatre heures par jour avec lui. Pour ceux qui passent moins de quatre heures par jour, le taux tombe à 75%.
Exemple 2 : en 2014, c’est la revue scientifique Pnas qui publie une étude sur les zones du cerveau activées quand on s’occupe de son bébé. Et là encore, plus le père passe du temps avec l’enfant, dans les couples homos comme hétéros, plus son taux d’ocytocine, l’hormone de l’attachement, est élevé. Plus il est aux petits soins pour lui.

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