Développement de l'enfant

9 à 11 ans : l’ouverture au monde

À cet âge-là, il a tout d’un grand, l’enfant : le look, les attitudes et les envies. C’est le temps des premières expériences, le temps des premiers pas dans un monde qui s’élargira de plus en plus. C’est le temps des découvertes bien au-delà de papa, maman et des proches.

Sylvie Van Lint, chercheuse en sciences de l’éducation (ULB) :

Une curiosité aiguisée

Après s’être progressivement ouvert aux autres via l’apprentissage des règles pour que la vie en société soit possible, l’enfant agrandit encore un peu plus ses horizons et s’ouvre au monde. Il a soif d’apprendre. Tout le temps et sur tout. D’où son attrait pour le « Comment ça fonctionne ? », que ce soit une écluse, une montgolfière, ou encore les volcans, les météorites, le chant des oiseaux, la vie dans les abysses, la naissance d’une étoile, la construction des pyramides, le temps qui passe… Autant de domaines qu’il va pouvoir découvrir par le jeu via le bricolage, les balades dans la nature, les visites, les bouquins…
Autre caractéristique avant le grand chamboulement de l’adolescence : son corps arrive à maturité, notamment en ce qui concerne la coordination des mouvements (pieds, mains et yeux), indispensable pour la pratique d’un sport ou encore l’apprentissage d’un instrument de musique.

« J’avais hâte que mon aînée grandisse pour lui transmettre ma passion de la photo. Maintenant, chaque dimanche, on se met en route pendant la sieste des petits. Je lui file un vieux boîtier et ont fait le tour du quartier pour photographier des fleurs. Elle adore ça. En rentrant, on cherche leur nom sur internet et on classe les photos dans des dossiers. On s’est juré d’en avoir un maximum d’ici la prochaine rentrée scolaire. C’est notre défi à nous deux. »
Aline, maman de Lilou, 2 ans, Adryan, 3 ans, et Micha, 9 ans

« Nos deux gamins font de l’ultimate frisbee. Je ne sais pas quelle mouche les a piqués pour mordre à ce sport que je ne connaissais absolument pas, mais c’est étonnant de voir l’aisance avec laquelle ils lancent ce disque en plastique. Ils partent à l’entraînement ensemble, c’est leur petit moment de complicité. Moi, je ne rate aucun match : j’aime cette ambiance et cet esprit où, malgré la compétition, l’arbitre n’existe pas. Ce sont les joueurs qui s’arbitrent eux-mêmes. »
Aldo, papa de James, 9 ans, et Lucas, 11 ans

En pratique, que faire ?

Le ciel à notre portée. Votre gamine se passionne pour les étoiles et vous n’y connaissez pas grand-chose ? Proposez-lui une carte du ciel ou des bouquins sur les constellations et ses légendes qui l’initieront au passage à la mythologie. Emmenez-la au Planétarium (Bruxelles) ou à l’Euro Space Center (Redu). Et surtout, profitez des douces nuits et des vacances qui approchent pour vous coucher dans l’herbe et observer la voûte étoilée (à la mi-août, il y a les étoiles filantes, n’oubliez pas !) : de quoi rêver et se poser des questions, ensemble.
Les belles inventions. Comment mieux comprendre pourquoi les bateaux flottent ou encore comment fonctionne l’énergie solaire ? Des kits existent dans les magasins de jouets. Des tutos sont disponibles et circulent aussi sur le web. À faire tout seul ou avec vous, en suivant le mode d’emploi dans un premier temps avant que votre gamin(e) ne joue les Léonard de Vinci en herbe.
• Autre jouet à la mode et qui fait un tabac à la récré : le Rubik’s Cube. Étonnant de voir la rapidité avec laquelle certains arrivent à résoudre ce casse-tête en quelques tours de main. Pour y arriver, ils retiennent des séquences que leurs mains apprennent par cœur. Tout se joue donc uniquement au niveau de la mémoire corporelle, sans plus, ce qui n’a rien à voir avec la mémoire demandée par l’école et encore moins avec la stratégie, l’anticipation ou la réflexion. Sans casser le plaisir de votre gamin et la fierté qu’il retirera de cet exercice, poussez-le un rien plus loin, vers les jeux abstraits ou de logique : dames, échecs, jeu de go ou le célèbre Rush Hour.
• Prince Ali nous raconte qu’il utilise le jeu pour aider ses enfants à réviser, notamment en reconstituant sur une table le système digestif avec les objets du quotidien. Pourquoi pas, à condition de se rappeler que, là, on n’est plus dans le jeu : dans ce cas, pas de règle consensuelle, ni regard méta possible. Par contre, le fait de s’appuyer sur des techniques ludiques pour étudier, avec du matériel afin d’être plus concret, plus visuel aussi, aide effectivement certains enfants.



A. T.

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