Santé et bien-être

Diagnostic, régime : on vous en dit + sur la cœliaquie

Manger sans gluten, c’est tendance. Mais effet de mode mis à part, pour les enfants cœliaques, ce n’est même pas une option : cette maladie auto-immune provoque une inflammation de l’intestin en cas d’ingestion de gluten, même en quantité microscopique. Comment savoir si votre enfant l’est ? Quel régime doit-il suivre ? On vous explique tout.

La maladie cœliaque est caractérisée par une réaction immunitaire au gluten, cette protéine que l’on retrouve dans le blé, l’orge et le seigle, par exemple. Chez les personnes cœliaques, elle provoque une inflammation de l’intestin. « Lorsqu’un enfant cœliaque mange du gluten, cela enclenche toute une cascade immunitaire, avec principalement des symptômes digestifs tels que des diarrhées, maux de ventre, ballonnements, explique Stéphanie Colinet, gastropédiatre. La maladie peut entraîner un retard de croissance, un retard pubertaire, diminuer l’absorption du calcium dans les os et donc augmenter la probabilité de fracture, un risque d’anémie, de maladies articulaires ».

Des maux de ventre, des diarrhées, un retard de croissance : votre enfant présente des symptômes qui vous mettent la puce à l’oreille ? Un petit check-up chez le pédiatre peut s’avérer utile. La maladie cœliaque n’est pas anodine et peut même être néfaste pour de nombreux organes, mieux vaut donc la détecter à temps.

Multifactorielle, la cœliaquie apparaît chez certains enfants ou adultes qui sont prédisposés génétiquement. « Le diagnostic se fait par une prise de sang, puis il faut faire une gastroscopie pour reconnaître les lésions spécifiques propres à la maladie cœliaque ».

Pas de panique toutefois : si le régime prescrit est suivi correctement, les parois de l’intestin se réparent, les os se solidifient et il n’y a plus de risque pour la croissance. « Une fois que l’enfant cœliaque suit correctement son régime, on voit sa courbe de croissance remonter, ses analyses de sang se normaliser. Souvent, ces enfants étiquetés comme difficiles, caractériels ou irritables changent de comportement une fois que le régime est suivi », explique la gastropédiatre.

Quel régime adopter ?

Pour un malade cœliaque, c’est tolérance zéro : son alimentation ne doit contenir aucune trace de gluten. Pain, pâtes, céréales existent en version zéro gluten dans les supermarchés et les alternatives naturelles sont également nombreuses (maïs, riz, lentilles, pommes de terre, quinoa, …).

« Il faut faire attention à tout, notamment à la contamination par les couverts, par le grille-pain ou autre. Il faut être très vigilant : certains patients réagissent simplement à quelques miettes », explique la gastropédiatre. Pas question donc de mélanger les pâtes sans gluten de votre enfant cœliaque avec une cuillère ayant servi juste avant pour des pâtes au blé…

« Pour les personnes cœliaques, ce régime est très contraignant, particulièrement dans leur vie sociale. Dans les grandes surfaces, il existe maintenant plein de produits sans gluten. Mais à l’école, au restaurant, en vacances, en classe verte ou autre, il n’est pas toujours facile de s’adapter… Et la contamination va vite : en boulangerie, par exemple, la farine étant très volatile, il est impossible de garantir qu’un pain soit sans gluten, à moins que ce soit un atelier spécialisé. »

Maladie, allergie, hypersensibilité : évitons les amalgames

Les régimes sans gluten ont le vent en poupe, mais attention aux amalgames. Pour le docteur Colinet, priver son enfant de gluten lorsqu’il n’est pas intolérant n’est pas utile, ni forcément sain. « Les produits étiquetés sans gluten sont souvent plus riches en graisse, en sel. Attention, donc, pour les personnes qui ne sont pas intolérantes au gluten, il n’est pas spécialement sain de les consommer. Et puis, il y a beaucoup de marketing derrière ces produits qui coûtent souvent plus cher : l’industrie a bien compris la tendance qui se cachait là-derrière ».

En fait, il existe trois pathologies liées au blé : la maladie cœliaque (avec des anticorps spécifiques et des lésions de l’intestin), l’allergie au blé (avec des anticorps liés à l’allergie et des symptômes tels que l’eczéma ou des problèmes respiratoires) et enfin une hypersensibilité au blé non-cœliaque.

« Pour cette dernière, nous ne savons pas quelle fraction du blé est en cause, explique la gastropédiatre. Elle provoque des symptômes similaires à la maladie cœliaque, sauf que certains patients peuvent consommer du blé en petite quantité sans que cela ne déclenche autant de soucis que chez les personnes cœliaques. Ce que l’on constate, c’est que ces personnes-là se sentent mieux quand elles arrêtent de consommer du gluten et moins bien quand elles en reprennent… Mais nous ne savons pas encore à ce jour si elles doivent suivre un régime aussi strict que les cœliaques. Notons également que la cœliaquie reste présente à vie, contrairement à l’hypersensibilité. Ce n’est pas du tout la même pathologie. »



M.-L. Matt.

En pratique

3 petits trucs pour gérer la cœliaquie à la maison :

  • Trouvez des alternatives : manger sans gluten sans se priver, c’est tout à fait possible en se tournant vers d’autres sources naturellement sans gluten comme le riz, le maïs, le quinoa, les pommes de terre, les lentilles, … Le tout est de revoir un peu ses habitudes.
  • Sortez vos marqueurs : pots de chocolat à tartiner, de confiture, de miel : pour éviter toute erreur, indiquez clairement au marqueur (sur le couvercle ET sur le récipient) s’il s’agit d’un produit avec ou sans gluten.
  • Organisez vos tiroirs : triez vos produits en fonction de la présence ou non de gluten dans l’aliment. Un moyen facile et pratique d’organiser sa cuisine et d’éviter les risques pour votre enfant.
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