Santé et bien-être

Fumer du cannabis jeune endommage la mémoire

Les jeunes fumeurs réguliers de cannabis risquent des dommages irréversibles de la mémoire.

On le sait, la consommation de cannabis n’est pas inoffensive, surtout chez les plus jeunes (13-14 ans) qui sont beaucoup plus vulnérables à ses effets. Une nouvelle étude vient le confirmer. Fumer très régulièrement du haschich à l’adolescence provoquerait des dommages irréversibles à l’âge adulte, selon l’école de médecine de la Northwestern University, relayée par Le Soir. Les jeunes qui ont fumé du cannabis tous les jours pendant au moins trois ans auront des troubles cognitifs accrus dans le domaine de la mémoire à long terme, soutient l’étude américaine.

Les chercheurs ont constaté que les anciens fumeurs ont en moyenne des performances inférieures de 18 % par rapport à ceux qui n’ont jamais fumé. Il ressort également que l’hippocampe des ex-fumeurs, qui gère notamment la mémoire, comportait des anomalies par rapport à ceux des non-fumeurs.

Les effets du cannabis sur l’étudiant

Le cannabis est la drogue la plus consommée par les jeunes, particulièrement dans la tranche des 15-34 ans. C’est justement la période durant laquelle l’élève puis l’étudiant doit assimiler, apprendre. Or, le principal effet néfaste – après la somnolence et la modification de la perception sensorielle et de la notion du temps – c’est bien l’oubli : ce qu’on apprend avant de fumer un pétard ou sous l’influence du cannabis empêche le cerveau d’acquérir des connaissances et de s’en souvenir. La consommation de cannabis nuit également à l’attention et à la motivation, et donc à l’assiduité en classe… Autant d’effets qui peuvent parfois conduire jusqu’à l’échec scolaire.

« En classe, j’étais démotivé, envie de rien. Je faisais acte de présence. Ça s’est amplifié, j’ai commencé à ne plus y aller, échec scolaire, j’ai doublé… », témoigne Jules, qui s’est laissé submerger par la consommation de cannabis dès l’âge de 14 ans.

Autre impact sur le plus long terme : la fumée du cannabis contient des substances cancérigènes, comme celle du tabac. Elle est donc toxique pour le système respiratoire. Et chez certaines personnes, le cannabis peut engendrer ou aggraver l’anxiété et favoriser la dépression.

Mon jeune prend de la drogue

Vous avez retrouvé du cannabis dans sa poche ? Première réaction : « Panique à bord, mon ado se drogue ! » On se détend : de l’herbe, ça reste malgré tout une « drogue douce » de laquelle il est facile de se désaccoutumer sans passer par une myriade de démarches médicales. Cela ne signifie pas non plus que le jeune va se tourner vers d’autres drogues plus dures. Et ça ne fait pas de lui un drogué. Il ou elle reste un ado qui brave les interdits, défie l’autorité parentale et suit les copains dans l’unique but de se démarquer de l’enfance.

Le mieux, c’est encore d’avoir une bonne et franche discussion avec votre ado. Tous les arguments sont de votre côté :

  • C’est illégal : rappelez-lui la loi belge sur la vente, la détention et la consommation de cannabis (voir encadré ci-dessous) et vérifiez surtout où il se fournit et comment !
  • Le cannabis n’est pas bon pour la santé, tout comme le tabac duquel il ne peut être dissocié pour sa consommation. Rappelez-lui ses effets néfastes sur le court et le long terme.
  • À quelle fréquence et en quelle quantité fume-t-il/elle ? Si cela reste en soirée avec les copains de temps en temps – et pas tout seul tous les jours dans sa chambre – pas de quoi en faire un drame familial.
  • Pourquoi fume-t-il des pétards ? Si c’est pour faire comme les autres, il laissera peut-être tomber de lui-même.
  • Comment se sent-il lorsqu’il fume de l’herbe ? Il est « stone », il « plane » ? Demandez-lui si c’est vraiment comme ça qu’il veut profiter de la vie au quotidien. Si ça lui fait du bien, et que ça devient un besoin pour qu’il se sente bien, il y a peut-être quelque chose de plus profond à creuser…
  • Abordez la question financière : son argent de poche n’est pas censé servir à sa consommation de drogue.
  • Selon votre degré de tolérance à l’égard de la consommation de cette drogue « douce » et de ses probables mensonges pour dissimuler cette manie, sanctionnez peut-être sur les sorties ou l’argent de poche.

Et ce que vous ne lui dites pas (tout de suite), c’est que vous êtes peut-être aussi passé par là…



S. G.

En savoir +

Que dit la loi belge ?

Le gouvernement Michel avait mis fin dans son accord de gouvernement à la tolérance pour le cannabis. La consommation et la détention de drogues dites douces sont donc poursuivies autant chez les mineurs d’âge que les plus de 18 ans. L’accord du gouvernement interdisait ainsi la consommation et la possession de cannabis en rue. Juridiquement, la possession et la consommation de cannabis n’est pas autorisée en Belgique.

Mais le cannabis, pourtant considéré comme un « ssp », dispose d’un « régime spécial ». Depuis le 1er février 2005, une personne majeure peut posséder 3 grammes de cannabis ou cultiver une plante pour sa propre consommation. À condition que cette consommation ou possession ne trouble pas l’ordre public. Attention, il est interdit de posséder et de consommer du cannabis dans des lieux publics (hôpitaux, salle de concerts,…), dans un établissement scolaire ou en compagnie de mineurs.

Infor Drogues

Retrouvez plus d’informations sur la consommation de cannabis par les jeunes sur le site d’Infordrogues.

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