Loisirs et culture
Un roman graphique (autobio)graphique. Fort et édifiant. Une plongée dans le quotidien d’une enfant et puis d’une adolescente dans un Iran où la femme est sous le joug des hommes. L’histoire s’ouvre sur un voile fleuri qui, de cadeau, devient marqueur d’un changement radical. À 9 ans, Mansoureh Kamari devient, selon les lois islamiques de son pays, une adulte légale. Fin de l’enfance. Fin de l’insouciance. Prête à être mariée.
L’environnement, pour une femme, est hostile, mortifère. Les mots les plus durs qualifient celles qui recherchent la liberté. Il y a la violence pour les faire taire. La mort s’immisce. La femme n’a aucune valeur. Le non-port du voile peut entraîner des peines de prison allant jusqu’à quinze ans. Un père qui tue un de ses enfants risque des peines moindres. Le patriarcat dans toute sa puissance destructrice.
Inscrits dans le quotidien, les souvenirs de Mansoureh Kamari évoqués dans Ces lignes qui tracent mon corps (Casterman) donnent à lire et à voir des injustices indicibles, des plaies béantes. Et puis cette peur, chevillée au corps, qui même hors de l’Iran (l’autrice vit en France depuis 2011), se réveille comme les réminiscences d’un cauchemar. Ce premier album est une vraie réussite. Entre état des lieux glaçant et soif de liberté. Le tout servi par l’efficacité d’un trait fluide parfaitement maîtrisé.
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