Loisirs et culture

Les films et séries de 2021 qui ont marqué la rédaction

► The Father

C’est chaque fois avec une boule à l’estomac que j’évoque ce film où Anthony Hopkins campe, magistralement, le personnage d’un octogénaire touché par la maladie d’Alzheimer. Prestation magnifique donc, comme celle d’Olivia Colman en fille désemparée face à ce paternel qui se perd, peu à peu, dans les méandres de sa mémoire défaillante.
La réalisation est d’une intelligence remarquable, même si les dispositifs mis en place peuvent dérouter au début. Comme The Father, le spectateur, la spectatrice se retrouve, en effet, entraîné·e dans un monde fuyant où les visages sont interchangeables, où les repères temporels se brouillent. Un chef-d’œuvre de cinéma, mais aussi une vraie occasion de mieux comprendre cette terrible maladie en la vivant de l’intérieur.
T . D.

► Tre Piani

Un immeuble, trois étages, trois familles. Le décor planté par Nanni Moretti dans Tre Piani (trois étages en italien) est simple. Ce qu’il se passe derrière les murs l’est beaucoup moins, entre non-dits et on-dit, entre culpabilité et angoisse. Les histoires de famille, les actes manqués, les choix hasardeux d’une jolie galerie de personnages rythment ce film, montrant comment le manque de communication, les valeurs jamais mises en doute ou simplement l’amour peuvent briser la stabilité d’une vie, d’une famille. « Nos actions sont ce que nous laissons à ceux et celles qui viennent après », dit en conclusion le réalisateur dans la présentation de son film. Un message qui devrait particulièrement résonner à l’oreille des parents.
R. B.

► Le Milieu de l’horizon

Adapté du formidable roman éponyme du Suisse Roland Buti (publié chez Zoé poche), Le Milieu de l’horizon filme le temps de bascule d’un tout jeune adolescent dans l’âge adulte. Il est confronté, impuissant, à de multiples crises : celle de la terrible sécheresse de l’été 1976, celle de son père agriculteur, endetté et au bord de l’implosion face à la mortalité de ses poules, celle du couple parental qui se sépare lorsque la mère tombe amoureuse d’une amie.
Crises du climat, du patriarcat, du capitalisme effréné, de l’adolescence, etc. La réalisatrice Delphine Lehericey, également Suissesse, offre une métaphore nuancée de la fin de l’enfance autour d’un jeune garçon qui devient adulte plus tôt que prévu tout en découvrant ses premiers émois sensuels et sexuels. Si le roman est radical dans son dénouement, le film offre, lui, un horizon plus ouvert.
M. T.

► Petite fille

« Quand je serai grande, je serai une fille », annonce Sasha, 4 ans, à sa maman. Le non maternel qui suit déclenche une avalanche de pleurs. Carine mesure alors la souffrance de son enfant né dans un corps de garçon, mais profondément fille. Forte de son amour inconditionnel, elle chemine. « Un jour, elle m’a demandé une robe dans un magasin. J’étais gênée. Quand je l’ai vu dans le miroir, il y avait tellement de bonheur que je n’en ai plus rien eu à faire du regard des autres ».
La caméra de Sébastien Lifshitz suit Sasha pendant un an depuis l’intimité de sa chambre jusqu’aux visites chez la pédopsychiatre. C’est un documentaire tout en pudeur qui donne à voir les difficultés de la transidentité mais raconte aussi l’amour familial qui permet à Sasha de poursuivre sa démarche.
Disponible sur Netflix et sur Arte Boutique
C. R.

► Maid

On vous l’a déjà chaudement recommandée, cette série racontant l’histoire d’Alex qui fuit un compagnon violent avec sa petite Maddy dans les bras. On y suit le parcours du combattant qu’elle mène pour ne pas être aspirée dans la spirale infernale de la précarité. Si l’histoire se passe aux États-Unis, plusieurs enjeux sociétaux sont transposables chez nous : l’accès à un logement salubre et abordable qui permettrait à cette maman solo de se relever, la difficulté de se déplacer sans voiture à la campagne, la violence psychologique, l’importance des centres qui accueillent ces mamans qui fuient souvent leur foyer sans rien dans les poches, la nécessaire mise en place de mesures pour les familles monoparentales. En Wallonie, ces dernières représentent 12,2% des ménages, soit une famille sur dix. À Bruxelles, elles représentent deux tiers du public qui vient frapper à la porte du Samusocial pour trouver un hébergement pour la nuit. Il est donc indispensable d’en parler. Et cette série, à voir sur Netflix, le fait en toute subtilité.
M.-L. M.

► Adieu les cons

C’est l’histoire de trois personnes vouées à subir les « conneries » d’une société devenue inhumaine de par son côté excessivement bureaucratique. Suze (Virginie Efira) apprend que ses jours sont comptés et souhaite, avant de décéder, retrouver le fils qu’elle avait enfanté sous X à 16 ans. Elle rencontre Jean-Baptiste Cuchas (Albert Dupontel) au moment où celui-ci échoue lamentablement dans sa tentative de suicide. Monsieur Blin (Nicolas Marié), archiviste aveugle, se met ensuite sur leur chemin. Magnifiquement interprétée, débordante d’actualité, cette comédie dramatique m’a fait passer du rire aux larmes et m’a profondément touchée. Au-delà de la société qu’elle dénonce, elle nous raconte l’histoire d’une quête, celle de l’amour d’une maman, celle de ne pas craindre d’agir avec le cœur. Et de clôturer par l’une de ces phrases : « Je t’aime, ce sont les mots les plus importants à dire, il ne faut pas en avoir peur ».
A. D.

► En thérapie

Novembre 2015, au lendemain des attentats à Paris. Analyste, Philippe Dayan (Frédéric Pierrot, tout en intensité) reçoit, sur son divan, patientes et patients en souffrance, avant de se confier lui-même à sa superviseuse. Il y a là la chirurgienne en plein trouble amoureux, le flic traumatisé par son intervention au Bataclan, l’ado à fleur de peau, le couple en crise. En thérapie, c’est la série d’Arte initiée par le duo Toledano-Nakache et qui a cartonné en 2021. Au fil des 35 épisodes (et autant de séances), je me suis attachée aux personnages, formidablement joués par Mélanie Thierry, Reda Kateb, Céleste Brunnquell, Pio Marmaï, Clémence Poésy et Carole Bouquet. En ces temps anxiogènes, la série fait écho en nous, nous parlant de nos angoisses et de nos doutes. De la vie, de la mort, de l’amour. De l’intime. Elle nous dit combien le travail de la parole est précieux. Et tant pis pour les côtés irréalistes du scénario !
En VOD sur Arte Boutique.
M. G.

► Spaceboy

C’est autant pour le film que pour les discussions qu’il va susciter avec les enfants que l’on vous recommande l’irrésistible Spaceboy. C’est la première tentative belge de coller à l’imagerie Amblin (Spielberg and co). Comme un Super 8 ou un Stranger Things, ici, on propose aux parents de sucer leur doudou des années 80 et à leurs enfants de partir à l’aventure truffée d’ingrédients vintage aux saveurs universelles. De quoi rentrer de la salle de ciné - oui, le film d’Olivier Pairoux est toujours sur nos écrans - et leur faire avaler tous les Goonies, E.T. et autres Retour vers le Futur si ce n’est pas encore fait. Ah, les années Reagan. Même quarante ans après, elles font toujours rêver. Make America 80’s again.
Y.-M. V.-L.

Les livres (et le podcast) de 2021 qui ont marqué la rédaction

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