Vie pratique

Paroles de grands-parents : vacances et activités

Incontournable, le congé de carnaval, sujet d’aujourd’hui puisque dans un peu moins de deux mois, certains d’entre vous seront prêts (le petit doigt sur la couture du pantalon ? Tss, tss, on a promis de ne pas être mauvaise langue !) à recevoir leur(s) petit(s)-enfant(s) le temps d’une journée ou plus pendant ce congé appelé aussi… détente. Avec la joie au cœur pour beaucoup d’entre vous, avec un fond de crainte pour les autres (et s’il s’ennuyait ?), avec une réelle angoisse pour les quelques-uns qui tiennent par-dessus tout au vieux Limoges de la tante Agathe !
Rencontre avec Danny, Véronique, Yvan, Dominique, Bernard et les autres… pour partager anecdotes et bonnes recettes, parfumées d’un zeste d’émotions.

► Annette, 62 ans, deux petits-enfants, retraitée hyperactive

Je sais que je vais être réquisitionnée durant la semaine de carnaval. J’ai promis à ma fille deux fois un jour, pas plus.
J’adore mes petits-enfants, mais je ne veux pas me laisser bouffer !

Lisette, 64 ans, trois petits-enfants, peintre à ses heures
Je comprends Annette, mais ce n’est pas évident de dire « Non ! » quand on nous appelle au secours ! Si c’était mon gagne-pain, ça ne se discuterait même pas, mais quand il s’agit d’un atelier de peinture qui est un pur plaisir que je m’offre une fois par semaine, j’hésite… et je renonce à y aller pour garder la plus petite de ma fille.

Armand, 71 ans, neuf petits-enfants, en retrait…
On a fait notre boulot, on s’est beaucoup occupés de nos enfants. Maintenant, c’est à leur tour de s’occuper des leurs…

Jacqueline, 69 ans, quatre petits-enfants, tirée à hue et à dia
Moi, je me débats dans ce genre de dilemme et, à vrai dire, je ne m’en sors pas très bien. Pour le congé prochain, j’avais envie de faire un stage de calligraphie : je me suis inscrite deux jours sur cinq, j’ai coupé la poire en deux.

Barbara, 63 ans, trois petits-enfants, toujours prof
Je me souviens qu’à l’époque j’avais trouvé la situation insoutenable. Je m’étais fait larguée méchamment et, à peine le dos tourné, mon mari s’était remis en ménage. Moi, je n’ai rencontré mon compagnon actuel que bien plus tard. Bref, ce fut une période très dure affectivement et matériellement. Mais aujourd’hui, je trouve que ces familles recomposées sont une vraie chance pour les petits-enfants. Si une grand-mère ou un grand-père n’est pas disponible, il y a encore de la réserve de l’autre côté ! Sans compter que chez ma belle-fille, c’est la même configuration familiale. Quatre paires de grands-parents au service de trois petits-enfants, vous imaginez !

Anne-Marie, 67 ans, deux petits-fils
Mon fils aurait bien voulu, pour le congé de détente, me déposer ses fils de 7 ans et 4 ans et demi. Je lui ai dit que je n’en prendrais qu’un des deux. En grandissant, ils se chamaillent sans arrêt, ça devient lourd !

Françoise, cinq petits-enfants, 72 ans mais 15 ans dans la tête
Je n’aime pas quand on sépare une fratrie. Moi, je me suis toujours battue pour les avoir tous les trois quand il s’agit des enfants de mon fils, tous les deux quand il s’agit de ceux de ma fille. Bien sûr, cela fait du bazar, mais je m’en fous qu’ils salissent et qu’ils mettent leurs doigts sur tout. Je ne suis pas comme certaines de mes copines qui ferment la porte à clé pour sauver les verres de la tante Adèle !

Gérard dit Gégé, 66 ans, trois petits-enfants
Quand mon fils débarque de Boston avec toute sa tribu, on n’a pas le choix, on les accueille, un point c’est tout. Avec beaucoup de bonheur… surtout en début de séjour. Les derniers jours, on finit par se marcher sur les pieds. Tout d’un coup la maison qui est grande, rapetisse… Il paraît qu’on serait des grands-parents « chicouf ». Chic, ils arrivent. Ouf, ils s’en vont ! Ça nous ressemble un peu, en effet…

Annie, 61 ans, seule, un petit-fils éloigné…
J’aimerai tant qu’ils m’envahissent… Mais mon fils et son petit habitent le Var et nous ne nous voyons qu’une fois par an. Le voyage coûte cher pour lui comme pour moi. Heureusement, il y a Skype qui me relie tous les dimanches, moi et mon petit Victor, 2 ans et demi.

Marcel, 68 ans, deux petits-enfants, papy bof
Je ne suis jamais resté seul avec mes petits-enfants. Parce qu’ils sont encore petits (l’aînée a 5 ans) ? Peut-être… Je pense plutôt que c’est parce que j’ai peur qu’ils s’ennuient… ou que je m’ennuie.

Danièle, 64 ans, deux petits-enfants, travaille encore
Vivement les petits-enfants seuls, sans leurs parents ! Tout est plus facile, plus apaisé. Dès que la tribu complète se réunit, c’est le chaos. Les petits-fils refusent de manger, se lèvent de table à tout bout de champ, font les quatre cents coups. C’est fou, cette différence de comportement !

angryMa mère n’a jamais voulu prendre mes deux fils en même temps. C’était chacun son tour. Elle prétendait que c’était une manière pour elle de mieux les connaître. J’ai toujours trouvé un peu triste de séparer les deux frères…
Muriel, 41 ans

► Nadine, 62 ans, quatre petits-enfants et de l’imagination à revendre

Pour que tout roule avec mes petits-enfants, je n’ai jamais de programme prémâché, je laisse venir les choses…
Ils adorent quand je raconte les bêtises et autres histoires de leurs parents quand ils étaient enfants.

Danny, 69 ans, quatre petits-enfants préados et une petite beaucoup plus jeune
La petite se sent souvent de trop, alors elle reste collée à moi et dort même avec moi. Vous n’allez pas me croire, mais on papote une grosse partie de la nuit et on s’apprend une foule de choses. Vous trouvez que je divague ? Pas très sérieux pour une grand-mère, mais c’est si bon ! D’ailleurs, on m’appelle Danny-gaga.

Paul, 64 ans, trois petits-enfants, jeune retraité
Un jour, ma petite-fille m’a demandé quel était le plus petit pays d’Europe. Je lui ai parlé du Lichtenstein et quelques jours plus tard, nous sommes partis tous les deux visiter cette principauté. D’accord, il y a plus petit, mais je n’allais quand même pas l’amener visiter le Vatican !

Bernard, 71 ans, un petit-fils, ancien prof d’histoire
Bilal a aujourd’hui 12 ans. Douze ans que je ne lui transmets rien de mon histoire. Je suis bloqué, incapable de passer à l’acte parce que, du côté de ma branche paternelle, il n’y a rien ou en tous les cas, tout m’est inconnu… Je suis un enfant abandonné.

Parole d’une grand-mère lectrice

Après avoir lu notre première rubrique « Paroles de grands-parents », Edith, trois petits-enfants, enseignante retraitée, nous a envoyé son témoignage. Nous avons voulu partager avec vous les questions qu’elle se pose, en espérant que, vous aussi, vous réagirez à votre tour sur redaction@leligueur.be

« Être grands-parents à notre époque, c'est d'abord être toujours parents et peut-être encore enfants. C'est l'histoire magique de l'intergénérationnel !
Mon vécu est celui d'une grand-mère, née durant la Deuxième Guerre mondiale et dont la mère née pendant la Première a vécu jusqu'à ses 95 ans.
Sur une ligne du temps chère aux historiens, cela ferait donc une ligne de vie de 100 ans : un siècle d'histoires familiales écrites dans la mémoire et surtout dans le cœur de chacun.

UNE SOCIÉTÉ DÉBOUSSOLÉE

Mais entre l’histoire de mes petits-enfants et la mienne, l’environnement humain a bien changé : peu ou plus de sujets tabous, les plus graves sont abordés et traités dans la voiture durant l’activité ‘taxi’, je donne un coup de pouce scolaire dans les matières où je ne me sens pas trop dépassée, je reçois de l’assistance informatique au besoin… On partage, on échange.
La connivence peut s'installer dans le respect de l'éducation assumée par les parents, mais teintée de la nôtre.
Et je me pose souvent des questions quant à leur présent dans cette société un peu déboussolée dans laquelle nous les avons plongés bien malgré nous. Alors, je tente d’arrondir les angles.

GARDER LE CONTACT PAS SEULEMENT VIRTUEL

Des questions aussi quant à leur devenir au milieu de cette jungle des études, de la vie professionnelle, de la réussite, des échecs… mais surtout de la qualité de la vie familiale qui doit rester l’objectif majeur, pas l’inaccessible étoile ! Le pari est de taille.
Dans notre monde de l’hyper-communication technologique, il est plus qu’essentiel de veiller au contact par les yeux, par la parole plutôt que par le toucher d'un clavier, mais cela relève parfois de l’exploit !
Chaque époque a son cadre bien particulier, plus ou moins doré. L'aspect matérialiste de notre société actuelle ne facilite pas le développement des valeurs qu'on souhaite promouvoir entre nous. Il constitue au contraire un piège sournois qui peut devenir un véritable gouffre et autour duquel il est difficile de dresser les bonnes balises.
Alors, il faut maintenir le cap du partage, des échanges, de la disponibilité, de l'écoute, des services après l'école...
Et quand ma petite-fille de 14 ans m'a confié, lors d'un déplacement en voiture : ‘Papa nous a dit qu'on avait de la chance de vous avoir parce que vous êtes toujours disponibles pour nous’. En ajoutant : ‘Et vous avez toujours le sourire’.
Quel plus beau cadeau intergénérationnel que ce retour de sourire ! »



M. K.

Il en parle…

Évoquer l’arbre de vie de la famille…

« Le grand-parent doit transmettre à ses petits-enfants un passé pour qu’ils aient un présent qui se construise bien. Il a mission d’évoquer le passé, l’arbre de vie de la famille, plutôt que de savoir ce qu’ils deviendront. Le présent est commun, mais le passé est grand-parental et le futur parental. La notion de temps est mieux acquise chez les enfants qui ont des grands-parents que chez les autres, parce que, justement, voir ces personnes qui ont travaillé dur, eu des métiers modestes et voir une famille qui a réussi aide beaucoup à comprendre le fait social. »
Marcel Rufo, pédopsychiatre

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