Santé et bien-être

Rien n’est faux dans une fausse couche

Depuis quelque temps, les livres sur les fausses couches se font plus nombreux

ROMAN GRAPHIQUE

Depuis quelque temps, les livres sur les fausses couches se font plus nombreux. Récits de vie, partages d’expériences, analyses scientifiques, cette thématique sort (enfin) de l’ombre. Mathilde Lemiesle avec son Fausse couche - vraie question participe à cette richesse littéraire bienvenue.
Sous la forme d’un roman graphique, elle dépose son témoignage, elle-même ayant vécu plusieurs grossesses arrêtées. Elle raconte donc son histoire, mais pas seulement. D’autres récits de vie viennent enrichir le propos. Des perspectives historiques, culturelles et sociologiques expliquent et déconstruisent le côté tabou de la fausse couche, dont le seul nom, décrié, est source de méprises et d’incompréhensions.
En un peu moins de 200 pages, illustrées de façon efficace, vive et inventive, l’autrice nourrit un discours politique fort. Elle aborde le sujet de la grossesse arrêtée à la lumière d’un féminisme inspiré, ouvrant la voie à une réflexion qui vise à prendre en considération tous les sentiments des femmes touchées par cette épreuve. Et elles sont nombreuses. D’après les recherches de Mathilde Lemiesle, une grossesse sur quatre se finirait dans les premiers mois. Elle écrit : « Depuis que j’ai commencé ce livre près de 300 000 grossesses arrêtées ont eu lieu en France. Ça sera 400 000 au moment de sa sortie. Nous sommes tant ».
Et lorsqu’elle brosse les contours de ses conclusions, trois impératifs se dessinent. On informe ! On prend soin ! On protège ! Comment ? Lisez ce livre. Il regorge de conseils et de pistes. Pour tout le monde, des femmes concernées au monde médical, du cercle des proches aux assemblées d’élu·es.

  • Fausse couche - vraie question, Mathilde Lemiesle (Glénat)