Loisirs et culture
Quelle chance ! Les éditions Racine viennent de sortir un bouquin de balades à parcourir au sein du Parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Une région à découvrir le nez en l’air, les pieds pleins d’énergie et les poumons revigorés.
Les fidèles de nos balades du Ligueur le savent, cette zone qui s’étend des lacs de l’eau d’Heure jusqu’à la frontière française en passant par Momignies, Chimay, Couvin et Viroinval fait partie de nos terrains de jeux pédestres favoris. Reconnu comme Parc national depuis 2023, le sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse réserve des paysages non seulement magnifiques, mais aussi diversifiés. C’est que l’endroit regroupe trois régions biogéographiques bien distinctes : l’Ardenne, la Calestienne et la Fagne. La première se décline en forêts spontanées et sauvages, la deuxième s’offre des airs franchement méridionaux, la troisième, quant à elle, voit se déployer marais et bocages.
Vous vous en doutez, si nous parlons de cet ouvrage dans nos colonnes, c’est bien entendu à l’aune de ses ambitions à satisfaire tous les membres de la famille. Ainsi, les itinéraires ne dépassent pas douze kilomètres, les aires de pique-nique sont bien répertoriées et le livre regorge de petites infos qui vous permettront d’allier sortie sportive et meilleure connaissance de cette pépite touristique wallonne à partager avec les enfants.
Visiter cette région, c’est aussi se perdre le long de ces deux rivières que sont l’Eau noire et l’Eau blanche. Toutes deux doivent leur nom aux roches qu’elles ont creusé. Alors que le côté sombre de l’une est lié au schiste dans lequel elle a formé son lit, le côté clair de l’autre vient du sous-sol calcaire. Ces deux-là, sauvages et bien préservées, se rejoignent dans le village de Dourbes pour former le Viroin.
Mystères et pédagogie
Emporter ce guide en promenade permet de découvrir in situ des conseils, infos et astuces dans une section baptisée « Mon guide ». On y apprend à reconnaître les empreintes des mammifères sauvages ou à distinguer le chêne sessile du chêne pédonculé. Il est aussi question des formations rocheuses belles et spectaculaires qui agrémentent plusieurs de ces balades. On pense ainsi au fameux Fondry des Chiens à Nismes, dont les flancs rocheux surgissent tel un décor du Seigneur des anneaux.
Parmi les phénomènes géologiques liés au calcaire, on identifiera aussi les endroits où s’engouffrent ou resurgissent les rivières (les pertes et résurgences). C’est ainsi que près des grottes de Neptune à Couvin, l’Eau noire plonge dans les entrailles de la roche pour, trente heures plus tard, ressurgir à Nismes. On ignore le tracé exact que prend le cours d’eau pendant cette disparition. Cette énigme suscite depuis toujours l’intérêt des plongeurs spéléos. Une équipe devrait encore essayer cet été d’explorer les conduits secrets empruntés par la rivière pour résoudre le mystère.
Au total, ce sont donc vingt-deux promenades et quelques variations qui sont rassemblées dans ce livre. Pour avoir déjà pas mal sillonné la région, le Ligueur ne peut que vous conseiller la n°8 et la n°11. La première, la « balade du Cavalier errant », vous permet de placer sur votre itinéraire le Fondry des Chiens, qui mérite à lui seul le voyage. La seconde, baptisée « Confluence », vous permet de réaliser la jonction entre l’Eau noire, l’Eau blanche et le Viroin. Avec, au passage, des points de vue splendides sur la région.
Il y a fort à parier que nous testerons une de ces balades prochainement dans le cadre de nos escapades wallonnes.
- 26 balades entre Ardenne, Fagne et Calestienne, Amélie Decrolière et Maxime Gonze, Racine.
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