Loisirs et culture
Placer cet ouvrage dans la parentothèque du Ligueur pourrait paraître étrange. A priori, il aurait dû se retrouver dans la sélection littérature jeunesse, car Une nuit dans la tête de Franck Fenestre se présente comme un roman accessible dès 12 ans. Mais, voilà, le lire à hauteur de parent est salutaire. Il expose de façon poétique les tourments et les espoirs auxquels peuvent être confrontés les enfants aux profils neurodivergents, comme ceux et celles qui sont touché·es par un trouble du spectre autistique.
Pour incarner cette différence, Franck Fenestre a inventé le personnage de ChOuia qui se raconte sans détour à travers les codes de la poésie (« Je vis dans la plus noire des caves / J’ai une nuit dans la tête »). Le langage est riche, inspiré d’une réalité à laquelle l’auteur a été confronté à plusieurs niveaux. Des majuscules deviennent bosses. Des mots inventés se substituent à ceux du dictionnaire. Des onomatopées claquent. La réalité se transforme en fulgurances verbales.
Une réussite
Jouant habilement sur la forme et le fond, Une nuit dans la tête vous communique, lorsque se tourne la dernière page, un sentiment étrange mêlant émotion profonde et certitude d’avoir un peu mieux compris les enfants comme ChOuia. Dans ce périple littéraire, les illustrations d’Alexandra Dion-Fortin viennent en parfait complément visuel. Elles ont cette élégance sobre qui sert un texte avec intelligence et respect. Un ouvrage beau et singulier à partager en famille.
- Une nuit dans la tête de Franck Fenestre, illustration d’Alexandra Dion-Fortin (d²eux)
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