Vie de parent

Des histoires tentaculaires

Nous vivons une époque de suractivité. On court par ci, on court par là. Certain·e·s rêveraient d’avoir plusieurs bras, tels les poulpes des deux albums ci-dessous. Mais ne serions-nous pas tenté·e·s d’en faire davantage encore ? Père ou mère, nous ne sommes pas des super-héros !

Des histoires tentaculaires

► Tempête de poulpe

Malo est un vrai touche-à-tout. Très agile, il a le don de faire plein de choses à la fois. Normal, Malo est un poulpe. Et dans sa famille de poulpes, mettre la table ou bricoler se réalise en deux temps, trois mouvements. Tout cela au milieu d’algues, de coraux, de coquillages et de poissons divers du plus bel effet. Des décors joyeusement plantés grâce aux aquarelles de Grégoire Mabire.
Tout le monde apprécie la famille bien sympathique de Malo, toujours souriant, si ce n’est que son professeur, Monsieur Sardine, est un peu dépassé par l’hyperactivité du petit poulpe. Face à Malo, il ne sait plus où donner de la tête, il en attrape le… mal de mer ! À la cantine, dans la cour de récréation, il en va de même. Découragé, l’instituteur le conduit chez le directeur qui est lui-même… un poulpe et connaît les problèmes de Malo. Un bon départ pour trouver une solution !
Voilà une histoire simple et amusante, sans prétention, dans des décors sous-marins surprenants. La différence est ici vécue de manière joyeuse et décomplexée, toute en bienveillance, dans un univers scolaire qui parlera à pas mal de petits lecteurs et petites lectrices pour qui il n’est pas toujours simple de rester assis à son banc durant une heure ou plus.
Tempête de poulpe, de Coralie Saudo et Grégoire Mabire (Mijade). Dès 4 ans.

► Papoulpe

« Je n’ai que deux mains, je n’ai pas dix bras », disent quelquefois les parents en réponse aux sollicitations de leur progéniture. Sauf qu’ici, sous le trait malicieux d’Émile Jadoul, le papa de l’histoire a plusieurs tentacules bardés d’amour pour ses trois petits. Et il en a bien besoin.
Père au centre d’une famille monoparentale - ce qui relève d’une franche minorité -, il rentre d’une longue journée de travail où il a été sur tous les fronts et rêve de s’offrir un bon bain. Oh, douce illusion. Ses trois marmots ne l’entendent pas de cette soirée et veulent profiter de la présence paternelle. Les voilà qui multiplient les demandes auprès d’un papa dépité mais de bonne volonté.
Ce récit attachant et drôle, plein d’amour, d’un père aux commandes de la gestion quotidienne fera écho aux après-quatre-heures et au rythme souvent effréné de bien des familles, monoparentales ou pas.
Papoulpe, d’Émile Jadoul (L’école des loisirs/Pastel). Dès 4 ans.

► Mon père est un super-héros

Pourquoi attendre le mois de juin pour célébrer les pères ? Le gamin au cœur de cet album ne voit que par son paternel, qu’il place au-dessus de tous les autres. Il le compare à ceux de ses camarades, il joue le jeu des rivalités propres à son âge, avec un brin de condescendance : « Ton père est juste super-normal. Mais c’est pas grave du tout. ». Il le fait d’ailleurs par le tutoiement, procédé plutôt rare en littérature jeunesse, de sorte que le jeune lecteur ou la jeune lectrice puisse se sentir directement interpellé·e.
À travers son père, c’est surtout ses rêves à lui, des rêves de grandeur et de super-pouvoir, qu’il fait émerger. Notons au passage que son père est chirurgien, ce qui lui permet de sauver des vies. Pas banal en ces temps de pandémie. Les pieds sur terre, sa mère essaie de le ramener à un peu de modestie : « Je préfèrerais plutôt que mon fils soit super-normal ». Tout est dit.
Mon père est un super-héros, d’Arnaud Cathrine et Charles Berberian (La Martinière jeunesse). Dès 4 ans.