Loisirs et culture
Chez Mémé
Le Service général des Lettres et du Livre a pris l’excellente habitude d’inaugurer des expositions en lien avec les Prix Espiègle en littérature jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles lors de la Foire du Livre de Bruxelles. Cette année, Catherine Le Goff a reçu le Prix Espiègle de la première œuvre belge pour son album Chez Mémé (CFC éditions). Soucieuse des talents émergents, la chronique « Lire, ça m’dit » du Ligueur de ce samedi se centre sur la démarche de Catherine Le Goff. Un nouveau talent à suivre dont le premier album est une magnifique évocation de sa grand-mère bretonne. L’aïeule et sa petite-fille sont croquées à la gravure à l’eau forte et à l’aquatinte dans des teintes qui donnent l’impression d’avoir été patinées par le temps.
L’album : Chez Mémé
Catherine Le Goff, artiste française installée à Bruxelles, a puisé dans ses souvenirs de vacances des moments de partage révélateurs de la forte personnalité de sa grand-mère paternelle. Les portraits de l’aïeule et de sa petite-fille ont été réalisés selon une technique originale : la gravure à l’eau forte et à l’aquatinte. Une technique à découvrir dans la vidéo ci-dessous. Le récit se situe dans le Morbihan, à la fin des années 1970. La maison est le reflet de la vie rude d’une dame âgée, avec ses deux pièces dont celle servant de cuisine, salle à manger, chambre ou ses toilettes installées dans une petite cahute au fond du jardin ou encore l’évier pour se laver. L’été, on sort un baquet pour un bain digne de ce nom. Ces conditions spartiates d’une existence à la campagne forgent le caractère. Cette mémé est capable de colère quand un enfant explose sa fleur de poireau ou d’humour facétieux quand elle fait chanter la poule qu’elle plume en appuyant sur le larynx ! Car cette vie à la campagne, ce sont aussi ces poules, ces lapins, ces légumes qu’on soigne avec amour tout en sachant qu’ils finiront dans l’assiette familiale. Dans Chez Mémé (CFC éditions), les souvenirs de l’autrice petite fille se nourrissent de détails parlants comme les ventrées de châtaignes, les mains de l’ancêtre quand elle coupe le pain ou les odeurs qui la dérangent en son jeune âge. Toutes ces saynètes sont une ode aux plaisirs simples. Une des grandes forces de cet album tient aux gravures réalisées à l’eau-forte et à l’aquatinte. Les teintes sépias traduisent à merveille la nostalgie d’un passé, d’une enfance, d’une relation forte. Ce procédé de grainage sur des plaques de métal et le choix de couleurs monochromes, légèrement passées, donnent aux illustrations l’impression de photographies d’époque. Il s’en dégage des sensations de douceur, empreintes dans la mémoire et dans le métal, reflets d’un lien intergénérationnel qui perdurera. (à partir de 5 ans)
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