Á la crèche ou à l'école | Le Ligueur

Crèche et école Publié le 19.08.2025

Pour une école plus égalitaire

« Ce n’est pas une école de l’excellence qu’on construit, c’est une école de l’exclusion ». Cette petite phrase s’est invitée sous nos yeux alors que ce numéro du Ligueur était en train d’être bouclé. Elle est tirée d’une analyse réalisée par la FAPEO, la Fédération des parents et associations de parents de l’Enseignement officiel. Une analyse critique. Très critique. En écho à ce que vous allez lire dans les pages qui suivent, la FAPEO dresse un constat alarmant où reviennent les termes de « détricotage », de « démantèlement ». Ce n’est plus Mozart qu’on assassine, mais bien le Pacte pour un enseignement d’excellence. Le ton est grave, inquiet. La FAPEO dénonce « une école qui sélectionne plus tôt, qui laisse pour compte les élèves en difficultés, qui coupe certains parcours atypiques au nom de l’efficacité. (…) Une école qui parle d’autorité, mais reste aveugle aux réalités de terrain : la pénurie, le mal-être des élèves, le décrochage croissant, les inégalités qui explosent ». Tous les éléments de ce discours, vous les retrouverez au fil des pages qui suivent, exprimés de points de vue différents avec plus ou moins de virulence. C’est que les options politiques qui sont censées façonner l’école sont en nette rupture par rapport aux réflexions menées depuis des années et qui ont abouti à la rédaction du Pacte pour un enseignement d’excellence. Désormais, l’idée qui semble prévaloir, c’est de consacrer l’école comme l’endroit où on équipe les enfants pour affronter la vie professionnelle. C’est une école utilitariste. Exit l’idée d’une école où on forme des citoyens et citoyennes du futur de façon large dans un esprit d’ouverture au monde, de découvertes, de tâtonnements. Dans l’école utilitaire, l’échec est diabolisé, les plus fragiles sont délaissés, les choix d’orientation se réduisent au gré de décisions politiques téléguidées par des besoins de rentabilité immédiate et de considérations économiques extérieures qui, a priori, n’ont pas grand-chose à faire dans l’enceinte d’une école. Autre crainte exprimée, celle qui voit dans ce changement de paradigme majeur un coup donné à l’école en tant qu’ascenseur social. Selon nos experts, les décisions prises ces derniers mois ne vont que renforcer les inégalités et entraîner la simple reproduction de modèles sociaux. La Ligue des familles pointe ainsi les atermoiements en termes de gratuité scolaire qui doit, notamment, soulager les plus précarisés. « La ministre Glatigny a suspendu, à la rentrée dernière, l’inspection des frais scolaires, chargée de vérifier l’application des règles et d’accompagner les écoles, alors même que cette inspection avait relevé de nombreux problèmes dans l’application de la législation. La Ligue des familles appelle à une reprise immédiate, indispensable pour garantir les droits des familles ». Dans le cadre de cette rentrée, il nous a semblé important de venir avec cet éclairage particulier sur les mesures annoncées ces derniers mois et dont la concrétisation souffre encore de plusieurs zones d’ombres.
Pour une école plus égalitaire

Crèche et école Publié le 20.08.2024

L'union fait l'école

JE + JE + JE… ça fait plein de grands NOUS ► Julia, professeure de 1re et 2e primaire « Je suis très attachée à un élève en difficulté scolaire qui présente visiblement un trouble qu’aucun professionnel n’a jusqu’ici réussi à détecter. Je mets les bouchées doubles pour le raccrocher au reste de la classe. Nous avons développé une vraie forme de complicité. Cet enfant est formidable. Pour moi, ça saute aux yeux, inutile de le préciser. Seulement, peu avant une réunion parent-prof, je discute avec une maman du Comité des parents qui me dit que le papa de cet enfant est très tendu. Il a peur que je lui annonce de mauvaises nouvelles. Cette maman me livre quelques clés de fonctionnement des parents. Le jour de la réunion, grâce aux conseils avisés du Comité des parents, je décèle une appréhension dans le regard des parents. Du type ‘À quelle sauce on va encore être mangés’. D’emblée, je leur explique combien je suis heureuse de travailler avec leur enfant. Combien il m’épate et combien je suis fière de ses progrès. Je précise où je veux aller avec lui. J’ai senti un soulagement comme rarement dans ma carrière. Si je n’avais pas été prévenue, s’il n’y avait pas un véritable partenariat entre les parents et l’équipe pédagogique dans l’intérêt de l’enfant, je serais peut-être passée à côté du plus important : les rassurer. Pour moi, le plus important dans l’implication des parents à l’école, c’est ça. Coopérer. »
L'union fait l'école