Crèche et école

Les premiers pas en maternelle

L'apprentissage de la vie en maternelle n'est pas toujours facile pour les enfants

On y serait bien resté encore quelques mois de plus dans ce doux cocon qu’est la crèche, pas vrai ? Mais comme l’indique la une de ce magazine, nos enfants grandissent. Cap sur la maternelle, donc. Ce qui n’est pas une traversée si simple. Le vent souffle fort, la mer est agitée et les coutumes autochtones y sont très différentes de votre port d’attache. Mais une fois le mal de mère, le mal de père dissipé, tout le monde y trouve ses marques

► Ce qui change pour votre enfant

Ouf, mais ça ressemble à une vraie école. Souvent, à la reprise après chaque vacances, le Ligueur a une pensée pour les enfants et leurs parents qui passent de la crèche à la maternelle. En classe d’accueil, on y entre toute l’année. Vous ne manquez pas de nous relater les réactions de vos enfants. Si bien accueillis soient-ils, ils y sont un peu perdus. Il y a des classes partout, des couloirs, des sonneries et surtout plein de rites. Le début de la journée. Les activités. La cantine. La sieste. La reprise des activités et l’extra-scolaire. Mais, dis donc, c’est qu’on devient grand·e.

Quelle organisation. Autre grand changement, toute l’organisation. Apprendre à vivre en communauté ? Ça s’apprend. Dès les premiers jours, votre petit·e commence à enfiler ses chaussons pour la classe. À déposer son manteau à l’endroit qui lui est attribué. Après les avoir identifiés, il dépose ses boîtes à collation, tartines et goûter dans les bacs disposés à cet effet. Il trouve sa place, effectue des tâches seul ou en groupe. Il participe de plusieurs façons à la vie en collectivité, aux ateliers. Il apprend à s’y exprimer, à se raconter. C’est parti pour la grande aventure de l’autonomie.

► Ce qui change pour vous, parents

Les parents aussi doivent s’adapter. Le gros changement, il vous concerne vous, parents. Vous passez de cet univers rassurant que vous connaissez par cœur, la crèche, à cet ensemble gigantesque, peuplé d’enfants qui paraissent démesurément grands à côté de votre petit·e protégé·e tant aimé·e. Vos enfants sont dans une période d’apprentissage permanent, passés les premiers jours, ils se fondront parfaitement dans le rythme scolaire. Mais vous, vous devez tout réapprendre. Où range-t-on le sac ? Où est le bac à chaussons ? Les gourdes, on les met où ? Vous qui étiez si à l’aise, vous voilà un peu gauches. Il ne vous reste plus qu’à réclamer de l’aide à vos homologues parents plus expérimentés.

Plus de rapport détaillé de la journée. Il n’y pas que l’enfant qui s’autonomise. Il va falloir vous aussi apprendre à lâcher prise. Fini, le bon vieux temps de la crèche où vous étiez au courant de tous les faits et gestes de votre enfant. Ce dernier peut être accueilli le matin par une gardienne, passer du temps avec sa maîtresse, une assistante d’éducation, un prof d’éducation physique, une médiatrice de relation scolaire, un bibliothécaire… En un mot, c’est toute une équipe éducative qui œuvre pour un ensemble de petit·e·s élèves. Si votre poussin a bien dormi, bien mangé, s’est amusé, se fait des copains et des copines ? ll va falloir faire le deuil du rapport journalier quotidien. Et, quelque part, tant mieux. La vie scolaire devient le territoire propre à votre enfant. Elle le construit petit pas par petit pas pour lui permettre de devenir un individu singulier. C’est le contrat tacite que vous signez avec l’établissement scolaire.

Un lieu citoyen. On n’insiste jamais assez sur l’aspect politique d’une école. C’est pourtant le théâtre de plein d’engagements citoyens. On a eu vent d’associations de parents qui ont permis à des parents de l’école d’obtenir la régularisation de leurs papiers, par exemple. N’hésitez donc pas à venir grossir le rang des différentes activités qui ont lieu, généralement générées par l’association des parents (AP) ou le conseil participatif (CP). L’école a besoin de ces leviers démocratiques pour fonctionner. Encore plus par temps de covid qui nous éloigne les un·e·s des autres et coupe les parents de l’école.

CONSEILS PRATIQUES

  • Les infos. La coronacrise vient perturber bien des façons de fonctionner. Parmi celle qui impacte plus les parents ? Les visites dans les établissements. Hélas, bon nombre d’entre vous n’ont plus accès à l’école. Ou alors rapidement ou virtuellement. Difficile dans ces conditions de se faire une idée et de s’adapter à la façon de fonctionner de l’école. D’autant que les informations sont rarement centralisées. Nous vous rappelons qu’il existe différents organismes pour répondre à toutes vos questions. La Ligue des familles et le Ligueur en font partie.
  • L’inscription. Caroline Désir, la ministre de l’Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles, clamait encore sur différents plateaux de télé il y a peu que tous les élèves du Royaume rentreraient dans l’école de leur choix. Promesse que l’on a relayée aux différents interlocuteurs et différentes interlocutrices, qui n’ont pas manqué de nous rappeler qu’il existe de vraies tensions de places à tous les niveaux. Et que la maternelle n’échappe pas à la règle, à Bruxelles comme dans toutes les grandes villes du pays.
    Là encore, aucune info centralisée, aux parents de se débrouiller. Premier réflexe : pensez à bien vous renseigner auprès de votre commune pour savoir quand inscrire votre enfant, notamment à Bruxelles avec sa fameuse centrale téléphonique ou ses sites internet. Chaque année, les parents nous racontent qu’ils mettent toute la famille sur le coup. Dans certaines villes, le standard est saturé, l’inscription se fait donc au petit bonheur la chance. Mais rassurez-vous, au final, chacun·e trouve chaussure à son pied. Non sans une montée d’adrénaline dans beaucoup de familles.

ZOOM

Où trouver les infos ?

  • Pensez à consulter les différentes circulaires sur le site enseignement.be
  • Syndicats de parents : la Fapeo, la Fédération des associations de parents d'élèves de l'enseignement officiel ; l'Ufapec, l’Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique.
  • Tout sur le tronc commun : ifc.cfwb.be, destiné avant tout aux professionnel·les de l’éducation, il reste très intéressant à découvrir pour les parents - Appel pour une école démocratique.