Crèche et école
Universités, hautes écoles, écoles de promotion sociale et écoles supérieures des arts forment généralement la dernière étape du cursus scolaire avant le monde du travail. Ce passage du statut d’élève à celui d’étudiant·e, c’est aussi celui de la majorité et, par extension, celui vers le monde adulte. Un vrai gros cap pour votre grand·e presque plus ado, avec, évidemment, un rôle majeur pour vous, parents.
Ce qui change pour votre enfant
Dans ce long voyage qu’est le parcours scolaire, même si des options prises en secondaire ont constitué un premier pas, c’est la toute première fois où un vrai choix de filière est demandé. Ce choix, s’il n’est évidemment pas forcément définitif, doit être celui de votre futur·e étudiant·e d’enfant. C’est à lui, à elle, d’avoir le dernier mot, de trouver la filière qui lui permettra de s’épanouir et de progresser vers un métier.
Ce qui change, alors ? Isabelle Alen, chargée de mission en orientation au Pôle académique de Bruxelles, livre une première réflexion éclairante : « Le/la jeune passe d’un statut d’élève de secondaire fort encadré à celui d’étudiant·e, qu’on peut assimiler à un métier à temps plein ». Les conséquences directes : une demande bien plus importante de responsabilité et d’autonomie.
« Trop souvent, le message qui est donné suite à l’obtention du CESS, c’est que toutes les portes sont désormais ouvertes, souligne Isabelle Alen. Mais sur le terrain, ce n’est pas le cas et la marche à franchir entre secondaire et supérieur est importante. Les exigences sont plus fortes en matière de réflexion, de compréhension, d’approfondissement, ce qui demande du travail. J’explique aux étudiant·e·s qui viennent me voir qu’un crédit, c’est trente heures d’investissement. Donc pour avoir les soixante crédits requis pour passer dans l’année supérieure, il faut travailler 38 heures par semaine. Voilà pourquoi je dis qu’étudier en supérieur, c’est du plein temps. Je complète en leur disant qu’une année d’étude, c’est un marathon. Et un marathon, ça ne se termine pas en partant à fond ou trop doucement, mais en maintenant un rythme régulier. »
Maintenir un rythme régulier, d’accord. Mais comment, se demandera sans doute votre étudiant·e d’enfant. Isabelle Alen met le doigt sur deux points essentiels pour mener à bien son cursus : la gestion du temps et la méthodologie. « C’est souvent ce qui fait la différence et qui permet de ‘rentrer dans le métier d’étudiant·e’. Et la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas rédhibitoire, il existe des moyens de pallier les manques (voir encadré) ».
Natacha, étudiante en sciences humaines et sociales à l’UCLouvain, confirme les propos de notre experte. « Je suis arrivée de secondaire avec un statut de bonne élève, hyper appliquée… et j’ai pris une énorme claque à mon arrivée à l’unif. La quantité de matière à intégrer, les recherches à faire, les devoirs à rendre, tout est multiplié et je me suis vite retrouvée totalement débordée. Je m’en suis sortie en planifiant tout, en me mettant des objectifs clairs - et réalisables - et en travaillant au maximum en collectif. Je le dis à celles et ceux qui vont bientôt entrer dans le supérieur, quand on vous parle d’autonomie, ça ne veut pas dire travailler seul·e dans son coin comme un·e malade. Il faut plutôt chercher des modes de fonctionnement qui permettent de travailler intelligemment pour ne pas se laisser déborder ».
Retour avec Isabelle Alen pour un dernier aspect à aborder : le supérieur, ce n’est pas que l’université. Hautes écoles, écoles de promotion sociale et écoles supérieures des arts complètent l’offre. « C’est important de dire aux futur·e·s étudiant·e·s qui iront ailleurs qu’à l’université que la logique reste la même. Les quantités de matières y sont peut-être moins importantes, mais parce qu’elles sont abordées différemment avec un accent sur l’aspect pratique.. Sans travail régulier, la réussite sera difficile à valider ».
Ce qui change pour vous, parents
Comme ça, de prime abord, on pourrait presque dire que rien ne change pour vous, chers parents. Eh oui, on parle toujours d’enseignement, de cours, de profs. En réalité, les changements sont plus nombreux qu’on ne le pense. Il y a les questions pratiques comme le kot, les déplacements, l’obtention d’une bourse, l’achat de matériel spécifique pour certaines filières, etc. Il y a également toutes ces subtilités inhérentes au supérieur comme un vocabulaire spécifique, un système académique parfois complexe…
« J’incite les parents à s’informer en amont et tout au long du cursus de leur enfant, souligne Isabelle Alen. Le système a beaucoup changé et c’est important de comprendre le langage de son étudiant·e, de savoir ce que sont les crédits ou les unités d’enseignement par exemple. Faites preuve d’ouverture d’esprit devant les désirs et les objectifs de votre enfant, mettez ses choix en relief par rapport à ses compétences. Et mettez aussi de côté vos représentations et vos frustrations ! ». En effet, c’est sur cette base saine que vous pourrez échanger, voir si des mesures doivent être prises ou éventuellement mettre un coup de pression ou inciter au relâchement en cas de besoin.
Arthur, étudiant en sciences psychologiques et de l’éducation à l’ULB, rapporte combien le soutien de ses parents lui a été bénéfique parce que, jusque ici, toujours bien dosé. « Ce sont eux qui sont venus vers moi pour me demander ce que j’attendais d’eux. Du coup, on a réussi à mettre une bonne distance. Elle me permet de vivre ma vie d’étudiant comme je veux, mais aussi de compter sur eux quand je fais face à une difficulté ou que je dérape un peu ».
CONSEILS PRATIQUES
Anticipez !
C’est encore vers Isabelle Alen que nous nous tournons pour une volée de conseils, les uns en direction des futur·e·s étudiant·e·s, les autres pour les parents.
- Anticiper dès le secondaire : « C’est valable pour les élèves comme pour les parents. Le supérieur compte une grande quantité de filières, que ce soit en type court ou type long. Les cinq pôles académiques francophones (voir encadré) ont tous une mission d’orientation, ils pourront vous aider à y voir plus clair ».
- Faire son propre choix : « C’est important de se sentir bien dans ses baskets pour réussir, donc les choix faits pour faire plaisir à papa ou maman ou par défaut ne sont pas une bonne option. L’université n’est pas le passage obligé, les études supérieures sont riches dans leurs propositions ».
- Faire confiance : « Soyez cool, laissez vos jeunes grandir. Oui, le passage en supérieur est une étape importante, mais à 17-18-19 ans, leur maturité est suffisante ». On rajoutera ici une phrase souvent rappelée dans le Ligueur et qui s’applique aussi dans ce cas : le parent soutient, accompagne, mais ne se substitue pas à son enfant.
- Le droit à l’erreur : « Oui, un·e étudiant·e peut échouer, se tromper dans ses choix. Mais à condition de faire en sorte que cela ne se reproduise pas. Il n’y pas de souci à se prendre en main une année pour structurer sa pensée, travailler sa méthodologie. Analyser et trouver des solutions, c’est ce qui est requis en supérieur en termes de compétences ».
ZOOM
Comment bien préparer son entrée en supérieur
Votre fille ou votre fils est dans le 3e degré secondaire et n’a pas encore d’idée sur son avenir ? Pas de panique, il est encore temps de s’outiller pour entamer le grand saut vers le supérieur dans les meilleures conditions.
- Le Pôle académique de Bruxelles (poleacabruxelles.be) propose différents outils, parmi eux le très pratique Guide au(x) choix d’études qu’on recommande comme point de départ à la discussion avec votre enfant. Le Pôle organise également régulièrement des ateliers parents/élèves pour mieux connaître l’offre du supérieur et mettre tous les atouts de son côté pour faire son choix de filière.
- Les autres Pôles académiques : lieux de concertation et de dialogue entre les établissements du supérieur, ils ont tous l’orientation dans leurs prérogatives et connaissent sur le bout des doigts les différentes filières. Ce sont eux également qui pourront vous renseigner sur les différentes structures d’aide (réussite, sociale, psychologique). Pour les retrouver : polehainuyer.be – poleliegelux.be – polelouvain.be – poledenamur.be
- Les Cités des métiers à Bruxelles et en Wallonie (cdmcharleroi.be - cdmnamur.be - cdmliege.be) : grâce à leur travail de première ligne, ces centres d’information sur l’orientation professionnelle (à partir du secondaire et tout au long de la vie) sont un bon point d’accroche pour trouver de l’info sur l’orientation.
- Le SIEP : le Service d’information sur les études et les professions est un incontournable par la richesse de son site internet et ses salons qui permettent de confronter les jeunes aux chemins scolaires à emprunter pour concrétiser leurs envies.
À LIRE AUSSI