Loisirs et culture
Dans le Ligueur de ce mois de décembre, sous le titre Les livres déboulent à Noël, nous vous présentons une sélection d’album autour de Noël , où il semble bien que dans le secteur du livre pour enfants, le père Noël vole définitivement la vedette à Saint-Nicolas ! Et puis, voici que nous parvient sur le tard un nouveau concurrent à ces deux personnages chers au cœur des enfants : Le Renard de Noël, d’Éric Sanvoisin et Delphine Jacquot (L’étagère du bas). Qui dit renard, dit poules, et qui dit poules, dit coq et poussins. Sans oublier, sans vouloir succomber à la tendance du lutin farceur, nouveau phénomène de Noël venu du Canada et des États-Unis, un lutin en plein dialogue avec un sapin de noël dans une narration parallèle ! Humour et jeux de mots truffent le texte comme les marrons la dinde noëlique ! Dans des décors enneigés comme on n’ose plus en espérer sous nos latitudes, les dessins de Delphine Jacquot s’inspirent de certains univers graphiques de l’est et du nord de l’Europe. L’utilisation des crayons confère à son travail une texture veloutée et une profondeur de couleurs qui rappellent la délicatesse d'enluminures ou de gravures anciennes.
Un renard, de la volaille, un lutin et un sapin
Ce récit viendra titiller la mémoire de pas mal d’enfants et un fonds imaginaire commun. Car on apprend très tôt qu’un renard n’est pas nécessairement le meilleur ami des poules et qu’il sème bien souvent la terreur dans un poulailler. Le livre commence par un dialogue assez enlevé entre un lutin et un… sapin, qui d’emblée se moquent du titre de cet album : « Le renard de Noël ! Pourquoi pas le renard de Pâques ? » Ce dialogue va se poursuivre sur le même ton tout au long du livre, sur une colonne à droite. En multipliant les jeux de mots, bon sens et sens de l’absurde, ces deux interlocuteurs inhabituels vont commenter toute l’histoire racontée par Éric Sanvoisin, généreux de sa plume prolixe. Malheureusement pour ce renard, sa réputation le précède. Toute la basse-cour s’est barricadée derrière une palissade et de vaillantes gardiennes. Coq et poussins l’attendent de patte ferme. Le renard, lui, va multiplier les stratégies. En vain. En dernier recours, il décide de se déguiser en Père Noël. Et voilà comment est né le Renard de Noël… La suite, on vous laisse la deviner, mais sachez déjà que la règle selon laquelle on a souvent besoin de plus petits que soi se vérifie ici aussi. On peut bien sûr se contenter de lire l’histoire sans les commentaires décalés du lutin et du sapin, mais on perdrait une part importante de l’originalité de cet album à la double narration. Autre originalité : les illustrations de Delphine Jacquot. Son trait ciselé et le choix de certains détails pourraient faire penser à l’univers des contes traditionnels russes ou nordiques. L’utilisation des crayons de couleurs confère à son travail une texture veloutée qui rappelle la délicatesse des gravures anciennes ou des enluminures. Cette technique, Delphine Jacquot la maîtrise depuis quelques années et a pu l’affiner au fil des nombreux albums qu’elle a déjà publiés chez différents éditeurs. Après une formation de dessinatrice-maquettiste et un diplôme en communication aux Beaux-Arts de Rennes, elle a profité d’un échange Erasmus pour suivre des cours d’illustration aux Beaux-Arts de Bruxelles. À L'Étagère du bas, elle a illustré deux albums déjà écrits par Éric Sanvoisin: Marions-les ! (2019), Prix Libbylit Belgique, catégorie Album, et Une carapace pour deux (2021). Bonnes fêtes de fin d’année, enneigée ou pas ! (à partir de 6 ans)