Loisirs et culture
La plupart d’entre nous connaissent Pinocchio. Mais connaissez-vous Carlo Collodi ? Il s’agit du véritable inventeur de Pinocchio alors que l’histoire en attribue la paternité au vieux Geppetto. Pinocchio fait partie de ces récits où le personnage est devenu plus célèbre que l’auteur ! Le bel album Ô Pinocchio, d’Imme Dros et Carll Cneut (Pastel/L’école des loisirs) offre un nouvel écrin à cette fable qui a déjà séduit de multiples générations d’enfants. L’autrice néerlandaise de 89 ans Imme Dros revisite comme d’autres avant elle ce conte qui traverse le temps et les cultures, dans une version abrégée, rythmée et simplifiée qui garde toute la force de l’originale. Mais la grande qualité de cet album, idéal pour les fêtes, repose sur les illustrations du Belge Carll Cneut. Tout un monde en soi, entre fantastique et réalisme, bien adapté à l’univers de la petite marionnette italienne.
Ô Pinocchio
En de courtes phrases et des retours à la ligne fréquents, ce qui donne un texte d’une grande fluidité, Imme Dros, grande dame de la littérature jeunesse néerlandaise, raconte l’histoire de Pinocchio dans ses grandes lignes. Elle rend très bien le caractère espiègle de la marionnette douée de vie, sa soif d’apprendre, ses étonnements devant la vie qui l’attend. Comme un enfant, Pinocchio pose mille questions. Sa curiosité et son besoin d’autonomie le poussent à partir à l’aventure. On retrouve les épisodes avec Mangefeu, le marionnettiste d’un cirque qui voit toute l’opportunité de reprendre le garçonnet de bois dans son programme, le chat et le renard qui veulent l’arnaquer, la fée bleue qui vient à son secours et d’autres péripéties. Le garçon a un esprit affuté et facétieux. Il apprend rapidement à identifier les risques encourus et les manières de s’en sortir. Avec le temps, la nostalgie du lieu qui l’a vu naître et l’envie de retrouver son père Geppetto sont plus forts. Il décide de prendre le chemin du retour, tel un fils prodigue. Carll Cneut apporte par ses illustrations immédiatement identifiables depuis ses ouvrages précédents comme La fée sorcière (2000), Un million de papillons (2007) ou La volière dorée (2015) parmi tant d’autres. Son univers pictural est marqué par un bestiaire mi-réaliste, mi-fantastique où l’artiste se joue des proportions. Il travaille les couleurs en plusieurs couches pour leur apporter du volume et du relief. Dans Ô Pinocchio, il nous montre comme jamais qu’il est né Flamand : sa galerie de personnages avec des visages aux traits exagérés, qui tiennent parfois de la caricature, avec des nez biscornus, des chapeaux haut de forme ou de toutes formes, des tenues de cirque, des écoliers vêtus d’uniformes d’antan ainsi qu'une palette bigarrée où domine le rouge évoquent l’univers de James Ensor. Du grand art. (à partir de 6 ans)
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