Loisirs et culture

Amours à la page

Le thème de la Foire du livre de Bruxelles, cette année, est « Amours ». Amours au pluriel, car le mot se décline de mille façons dans la vie des parents, des enfants, des jeunes. Et dans les livres jeunesse dont nous avons retenu quelques titres parmi mille autres sur le sujet.

Il n’y a pas d’âge pour parler d’amour. Y compris aux petits et petites qui savent très vite ce que veulent dire les mots « Je t’aime ». Les animaux sont souvent au premier rang lorsqu’il s’agit d’évoquer ce sentiment puissant.

ET AUSSI...

Nous avons aussi aimé…

  • Un amour de licorne : du rose et des paillettes brillantes pour un animal qui traverse les siècles alors qu’il n’existe pas ! Si l’autrice dit sa lassitude de raconter des histoires de licornes à ses enfants, elle ne peut s’en empêcher. C’est ainsi que le dessin en fins traits bleus et petites touches colorées, aériennes, prend le contrepoint de ce qu’elle raconte. Les enfants, eux, sont ravis de rencontrer cet animal mythologique et s’en donnent à cœur joie. Nestor, triste et amer, déboule dans cet univers rose bonbon et bouscule ce monde à la guimauve. Mais la licorne use de ses pouvoirs pour soigner les blessures de l’intrus. N’importe quoi, direz-vous. Et bien, oui, même la narratrice s’exclame que c’est n’importe quoi, cette histoire !
    (pas encore) une histoire de licorne, de Christine Roussey (La Martinière jeunesse). À partir de 3 ans
  • Un amour d’émotions : après Nous, les émotions et La vie secrète des émotions, les Polonaises Tina Oziewicz et Aleksandra Zajac nous reviennent dans La nuit des émotions avec leurs étranges personnages entre peluches sombres et hamsters, tout en traits tourbillonnants. Nous découvrons la vie nocturne de leurs personnages emblématiques : la liberté, le bonheur, l’espoir, le calme, la tristesse, l’imagination, la colère, la peur, l’amour qui flotte dans le ballon de la mélancolie, et d’autres encore. Les dessins ont gardé leur pouvoir suggestif, renforcé par une importance plus grande donnée aux décors, et les textes ont gagné en sobriété pour une plus grande lisibilité. L’effet peut-être de la nuit qui invite à murmurer les récits.
    La nuit des émotions, de Tina Oziewicz et Aleksandra Zajac (La Partie). À partir de 6 ans
  • Un amour de silence : il fallait oser écrire et dessiner Le son du silence. Nous sommes à Tokyo, avec le jeune Yoshio qui se rend à l’école et s’extasie de tous les bruits de la ville. Il rencontre une musicienne de rue âgée, une joueuse de koto, sorte de harpe à l’horizontal. Celle-ci lui confie que le son le plus beau est le ma, le son du silence ! Yoshio part à la recherche du ma. Dans sa quête inédite, il croise plein de sons, mais pas celui du silence. On vous laisse deviner où il le trouvera. L’album au format allongé suit les pas du garçon dans la ville de Tokyo que l’on découvre à travers les sons qui l’habitent. L’autrice et l’illustratrice ont puisé dans leurs souvenirs sonores pour donner un aperçu inattendu de la vie japonaise.
    Le son du silence, de Katrina Goldsaito et Julia Kuo (HongFei). À partir de 7 ans
  • Un amour de voyage : Pauline est embarquée à bord d’un navire de croisière pour le Spitzberg, une île norvégienne isolée. Son père a demandé à une de ses amies de l’accompagner. Ce voyage ne ravit pas du tout la jeune fille qui aurait préféré passer ses vacances avec son paternel. Elle se désole, s’ennuie, rechigne à s’amuser. Au fil des rencontres à bord, elle se déride peu à peu. Le capitaine Ragnar l’accueille entre sévérité et empathie, la présence de la reine de Belgique et du petit Baudouin nous situe clairement dans un contexte aristocratique, le jeune mousse Jean-Baptiste fait naître chez Pauline de premiers émois amoureux et surtout l’amie du père parvient peu à peu à apprivoiser la gamine. Le texte de Marie Desplechin qui tient d’un court roman autour de la différence de classes et de la recomposition familiale est magnifié par les peintures grand format de François Roca, lumineuses à souhait.
    Pauline voyage, de Marie Desplechin et François Roca (L’école des loisirs). À partir de 10 ans

HISTOIRES À ÉCOUTER

Tartines de peur salée – Confessions d’une hypersensible

Les éditions Trois Petits Points ont à cœur de défendre les bienfaits de la littérature sonore pour la jeunesse au travers de formats diversifiés et d’une grande variété de genres : fable, poésie, philosophie ou encore récit autobiographique comme avec cette histoire à écouter, Tartines de peur salée. Dans ces Confessions d’une hypersensible, Léonie s’adresse à nous du haut de ses 9 ans pour partager avec nous sa façon d’être un peu spéciale.
Avec l’aide de sa famille, de sa psy ou de sa prof de musique, suite au diagnostic de son hypersensibilité, elle finira par trouver son hyperpouvoir pour mieux affronter ses peurs. Pas à pas elle nous emmène avec elle, des premières crises d’angoisse aux différentes étapes qui lui permettront de se comprendre, et surtout, de savoir qu’elle n’est pas seule.
Le ton est vif, franc, empreint d’humour et de bienveillance. Le texte est interprété avec beaucoup de justesse par la comédienne Camille Claris et entrecoupé d’intermèdes musicaux à la flûte traversière, passion de Léonie.
► Tartines de peur salée – Confessions d’une hypersensible, Elsa Valentin, Julie Chevalier et Camille Claris (Trois Petits Points)

Geoffrey Briquet / PointCulture

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