Développement de l'enfant
Des petits perroquets ? Point du tout. À 1 an et demi, nos petits chéris parlent de mieux en mieux. Ils ne se limitent plus à « papa », « mama » et « coco ». À chaque jour, son nouveau mot surprise, ou presque. Et même s’ils les écorchent un peu, les mots sont correctement placés et rarement choisis au hasard. Oui, ils sont entrés pleinement dans le langage.
On se souvient de leurs tout premiers mots applaudis, répétés, fièrement notés dans un carnet ou partagés sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, entre 1 an et demi et 2 ans, le rythme s’emballe et s’accélère, les nouveaux mots maîtrisés deviennent plus nombreux chaque jour. « C’est super agréable, je comprends enfin ma fille, témoigne Bruno, papa de Louison, 20 mois. Avant, elle criait, elle était souvent frustrée. Moi, je me sentais un peu nul de ne pas deviner ce qu’elle voulait. Aujourd’hui, elle dit "bana" pour une banane, "delô" quand elle a soif, quelle différence au quotidien ! Tout paraît plus simple avec quelques mots. Je suis super fier et tellement heureux de la comprendre ! » Cette petite Louison ne fait pas figure d’exception. Entre 1 an et demi et 2 ans, le vocabulaire d’un enfant s’accroît de manière vertigineuse. À tel point qu’il devient difficile pour les parents de continuer à noter chaque progrès de leur petit bavard.
Un boom plus marqué chez les aînés
Cette explosion langagière est encore plus flagrante chez les aînés. Myriam Piccaluga, professeure des sciences du langage à l’Université de Mons, le confirme : « Vers 18 mois, chez les aînés, on observe une véritable explosion lexicale. Alors que chez les cadets, l’évolution est plus progressive et sans explosion. Les cadets semblent également plus rusés, ils comprennent plus vite que leurs aînés ce qu’ils doivent dire ou faire pour obtenir ce qu’ils veulent. »
À cet âge-là, certains bambins utilisent déjà une trentaine de mots dans un contexte adéquat. Mais la plupart des petits enfants commencent seulement à dire leurs premiers mots. Selon l’ONE, « on considère qu’à 12 mois, l’enfant doit pouvoir répéter quelques mots à bon escient. À 15 mois, il doit pouvoir prononcer quatre à six mots et, entre 18 et 24 mois, il doit pouvoir prononcer environ dix mots. »
Peu importe la quantité de mots utilisés, seule la progression de chaque enfant compte
Donc, peu importe la quantité, seule la progression de chacun compte. Car ce nombre de mots utilisés augmente de jour en jour, comme s’il y avait eu un déclic chez l’enfant. Tous ces mots entendus, compris et intégrés sans qu’on s’en aperçoive vraiment sont enfin prêts à ressortir de la bouche du petit. Cette longue étape d’immersion et d’enregistrement de la langue porte ses fruits aujourd’hui. Et chaque enfant, à son rythme, commence à parler. Évidemment, trente mots à 18 mois, c’est une moyenne supérieure. Certains enfants prononcent cinq mots entre leur premier et leur deuxième anniversaire, tandis que d’autres jonglent déjà avec des dizaines de mots à 1 an et demi. Il n’y a pas de course à la papote ni de drill à mettre en place. À 18 mois, l’enfant qui babille de manière brouillonne comme le petit Léo, dont les parents témoignent ci-dessous, n’est pas inquiétant du tout. Par ailleurs, si aucun son ne sort de la bouche de son bambin ou qu’il ne répond jamais quand il est appelé, alors ça vaut la peine d’en parler à son médecin.
Les futurs bilingues démarrent plus lentement, normal !
Petite précision nécessaire : les enfants qui grandissent dans une famille bilingue commencent souvent à parler un peu plus tard que les autres. Le temps d’enregistrer les richesses et subtilités des deux langues, leur acquisition du langage sera un peu ralentie, sans que ça ne leur pose de problèmes pour la suite de leur vie. Au contraire !
Après l’enrichissement du vocabulaire, l’étape suivante dans le développement du langage est la combinaison de deux mots : « coco de l’eau » pour demander encore de l’eau, « pas dodo » si l’enfant n’est pas fatigué… Progressivement, les premières phrases de trois mots vont, elles aussi, se construire (vers 30 mois, en moyenne).
Parler et nommer
Pour encourager ce développement du langage, un seul conseil : parler ! Parler à son enfant et nommer tout ce qu’il montre. C’est une manière de répondre à ses questions et d’enrichir son vocabulaire. Quand un enfant pointe un objet du doigt, il ne veut pas forcément le posséder. Parfois, il veut juste montrer qu’il l’a vu et en connaître le nom. Le pouvoir des mots peut être surprenant.
ZOOM
Lire des histoires, c’est plus utile que de beaux diplômes
Des recherches ont montré que la lecture stimule l’enfant, explique Myriam Piccaluga, professeure des sciences du langage à l’Université de Mons. « L’album de jeunesse est intéressant parce qu’il apporte certains mots et tournures de phrases qui ne sont pas utilisés fréquemment dans le langage courant. De plus, la lecture sous forme de dialogue entre l’enfant et son parent qui lui pose des questions sur l’histoire permet de développer le langage de manière plus avancée. À long terme, ça favorise même d’autres apprentissages et la réussite scolaire. La "lecture dialogique" permet donc à l’enfant de se développer, et ce, plus rapidement. »
Pour la spécialiste, il est aussi intéressant de remarquer que l’apprentissage du langage n’a rien à voir avec le niveau socio-culturel des parents. « Il est davantage lié à leur parentalité, à leur responsabilité d’être parents. Deux parents surdiplômés mais peu présents à la maison n’aideront pas beaucoup leur enfant à développer son langage. Par contre, des parents moins ou pas diplômés, qui ne parlent peut-être même pas bien le français mais qui vont à la bibliothèque avec leur enfant faciliteront son acquisition de la langue. »
LES PARENTS EN PARLENT…
Des sons bizarres… à cause de la tutte !
« J’ai l’impression que Léo, mon troisième fils, ne parle pas et j’ai parfois peur qu’il ne soit en retard au niveau du langage. Il fait surtout des gestes et quelques sons bizarres depuis qu’il est petit. Ses puéricultrices disent avoir déjà entendu quelques mots sortir de sa bouche, mais pas moi ! », s’inquiète la maman.
« Léo a ses petits codes à lui, précise le papa. C’est déjà un début de langage. Mais, comme il a souvent sa tutte en bouche, c’est normal qu’on ne comprenne rien de ce qu’il nous raconte. »
Ophélie et Olivier, parents de Léo, 19 mois
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