Loisirs et culture
En 2026, la Foire du livre de Bruxelles a pris pour thème de « Défier le futur ». Bienvenue dans un monde de lettres, de lignes, de pages, de couleurs où l’imaginaire règne.
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- Le dictionnaire à l’envers : à l’heure de Google et de Wikipédia, à quoi servent encore les dictionnaires ? À nous faire rêver, pardi ! Et Le dictionnaire à l’envers est une mine à cet égard, une mine à rêves. L’artiste reconnu Oliver Jeffers, qui s’est associé cette fois à Sam Winston pour les photographies et dessins, aime jouer avec le monde des livres. Cette fois, il s’en est donné à cœur joie en mélangeant des photos de livres anciens et des dessins de personnages qui envahissent les pages, en particulier celles délicieusement vintage d’un dictionnaire. Dès les pages de garde de l'album, les auteurs nous donnent de manière détournée une définition du dictionnaire : un livre qui reprend tous les mots des histoires racontées, mais n’en raconte aucune ! Frustration ! Celui-ci décide d’en proposer une avec la complicité du A d’Alligator qui sort de sa page et file au D pour déguster un Donut. Ce dernier ne se laisse pas attraper et les voilà lancés dans une course-poursuite surréaliste où ils croisent Fantôme, Lune, Reine, Cumulus dans un chaos total, jusqu'à Tornade et même Tourbillon. Le Dictionnaire a du mal à suivre et en a bientôt marre. Le chaos des mots est total jusqu’à l’arrivée d’Alphabet qui remet de l’ordre dans tout ça. Ouf ! Ajoutez une typographie tarabiscotée et vous obtenez un Dictionnaire à l’envers génialement foutraque !
► Le dictionnaire à l’envers d’Oliver Jeffers et Sam Winston (Kaléidoscope).De 6 à 8 ans - J’ai droit à la poésie ! Alain Serres se bat depuis des années pour les droits de l’enfant, d’abord comme instituteur en maternelle, puis comme éditeur de Rue du Monde, une maison humaniste et engagée depuis 1996. Poète, il ne pouvait que revendiquer le droit à la poésie pour ses jeunes lecteurs et lectrices. Le Printemps des Poètes qui se célèbre en mars en France (une idée pour la Belgique ?) lui donne l’occasion de mettre en avant ce droit à la poésie qui paraîtra dérisoire aux yeux de certain∙es gonflé∙es d’arrogance. Cet album hyper coloré ne l’est pas uniquement par les gouaches flamboyantes d’Aurélia Fronty. C’est aussi un récit qui propose une initiation ludique à la richesse de la poésie, à la mélodie des rimes et aux onomatopées, à la force de la brièveté et à l'expression de l'indicible.
Avec ses amis Mano, Kami, la jeune narratrice vit la poésie au quotidien, à la ville comme à la campagne, de jour comme de nuit, en temps de paix comme durant les guerres. Avec deux petits jeux à la fin, Alain Serres et Aurélia Fronty font ici une déclaration d’amour à ce langage universel qu’est la poésie. Simultanément paraissent deux livres de poche cartonnés consacrés à la poésie : Il faut toujours avoir plus d'un haïku dans son bento, anthologie de poètes du monde illustrée par Kotimi ainsi que Chut ! Il paraît qu’il ne faut pas le répéter, de David Dumortier et Olivier Barroux (dès 7 ans et pour tous).
► J’ai droit à la poésie !, d’Alain Serres et Aurélia Fronty (Rue du Monde/Coll. Pas comme les autres).Dès 5 ans - La dame aux livres : La dame aux livres de Kathy Stinson et Marie Lafrance (Les 400 coups) est une pépite et un hommage aux livres. Il s’inspire de la vie de Jella Lepman, fondatrice de l’International Board on Books for Young People (IBBY) et de l’International Youth Library. Nous sommes en pleine guerre et le décor du début fait penser à ceux d’Ukraine et de Gaza aujourd’hui. Deux enfants, Anneliese et son frère Peter, ont perdu leur père et vivent d’expédients. Un jour, ils pénètrent dans une bibliothèque au milieu des ruines de Munich. Un havre de paix où règne la dame aux livres qui les conte. Un univers de personnages se révèle à Anneliese et Peter qui ne peuvent plus s’en passer. Jella Lepman (1891-1970) était juive. Après la guerre, mandatée pour aider les enfants allemands, elle a décidé de les nourrir en livres. Elle a écrit à vingt pays, pour qu’ils lui en envoient. Dix-neuf l’ont fait. Le vingtième s’y est refusé. Insistante, Jella l’a exhorté à offrir un nouveau départ aux enfants allemands et l’a convaincu. Ce pays, le nôtre, a accepté de rejoindre l’aventure, dans l’espoir de construire des « ponts de compréhension » entre les pays. Illustré par la Québécoise Marie Lafrance dans des teintes passées, ce livre porte un message rempli d’humanité qui résonne encore aujourd’hui.
► La dame aux livres, de Kathy Stinson et Marie Lafrance (Les 400 coups).À partir de 5 ans
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