Loisirs et culture

Hexapoda, une sortie pas piquée des vers

Hexapoda

C’est un lieu que l’on ne découvre pas par hasard. On décide de s’y rendre. Au cœur des paysages agricoles de la Hesbaye liégeoise, Hexapoda vient d’ajouter deux cordes supplémentaires à son arc.

Un mardi de juillet, sous une chaleur écrasante, mon fils et moi partons en goguette à Waremme pour découvrir Hexapoda. Cet été, le plus grand espace dévolu aux insectes du plat pays vient d’agrémenter son offre de deux expériences immersives : un parcours sensoriel et un escape game.
Arrivé·es à bon port, Julien, responsable des collections, nous prend sous son aile. Mygale, cloporte, grillon, les espèces se suivent, mais ne se ressemblent pas. « Les insectes ont comme caractéristique d’avoir six pattes et un corps en trois parties avec la tête, le thorax et l’abdomen », résume Julien. Nous progressons vers un couloir qui présente les différents stades d’évolution du papillon. Paul s’arrête devant un panneau ludique. Il faut associer la larve et l’insecte adulte qui lui correspond. L’ampoule s’allume quand la combinaison est réussie. Pour certains, comme le moustique, c’est évident. D’autres sont méconnaissables, comme la larve de coccinelle que nous peinons à accoler à son insecte.

Un musée jardin pour découvrir les insectes

Julien nous emmène à la salle d’élevage. Chaleur, lumière, humidité, toutes les conditions sont réunies à l’entomoculture. 80% des insectes du musée sont nés dans cette pièce. Une succession de caisses en plastique peuplent les étagères qui vont du sol au plafond. Pour permettre l’épanouissement de chaque espèce, un substrat de fibres de coco, de carton, de sable, à chacune sa surface de prédilection.
Après en avoir pris plein les yeux, c’est au tour des oreilles d’être à la fête dans le caisson sonore. Ici, on reconnait le chant du grillon, là, le bourdonnement des abeilles. Paul trépigne, aimanté par la jungle. Végétations géantes, chaleur et pénombre sont désormais de la partie pour nous immerger dans le milieu sauvage. Scorpions, blattes, mygales et autres araignées tropicales en jettent plein les yeux. Le fiston est bouche bée.
Un peu plus loin, la tente exploratrice fait la part belle à une espèce on ne peut plus commune : la fourmi. Les ouvrières sont à pied d’œuvre. Elles coupent des feuilles à tour de pattes qu’elles transportent ensuite tout le long d’une corde jusqu’à la fourmilière dans laquelle un champignon géant occupe tout l’espace.
 

Scorpion

« On dit que l’homme a inventé l’agriculture il y a 10 000 ans, mais les fourmis sont les pionnières. Elles mâchent le végétal qui sert de substrat à la culture du champignon dont elles se nourrissent ensuite. Les deux espèces vivent en symbiose », explique Julien.Place aux coulisses, à la découverte des collections. Hexapoda compte quelque 10 000 boites entomologiques qui renferment plus de six millions de spécimens du monde entier. Ceux dont Julien est le plus fier se trouvent dans la collection de l’entomologiste belge Jean-Jacques Hennuy. Ici, un cadre avec des scarabées à la carapace verte, dorée, aux reflets métalliques, irisés ou cuivrés. Là, des papillons aux ailes transparentes avec des notes de couleur différente dans le bas des ailes inférieures. Nous nous extasions comme deux gosses à coup de « Waw ».

Si l’espace est à la fois ludique et ressourçant, il offre surtout la possibilité d’observer les insectes dans leur habitat naturel.

Le jardin véritable appât

Après une paire d’heures à déambuler dans le musée, nos gambettes trépignent de goûter au jardin. D’autant que, depuis juillet, un sentier sensoriel agrémente l’espace. Le parcours pieds nus commence au-dessus de la mare où libellules et demoiselles survolent une grappe de nénuphars. De grosses pierres forment un slalom à la surface de l’eau, le parcours se poursuit vers un bosquet de plantes mellifères. Sous nos pieds, copeaux de bois, pommes de pin et graviers se succèdent. Un tunnel végétal de glycine offre une aire de pique-nique géante bienvenue. On regrette de ne pas avoir emporté le nôtre.
Un peu plus loin, c’est le désert. Parterre de cactus et sable. Dans la foulée, un panneau aux fleurs géantes invite à s’essayer au lancer. Parviendrons-nous à viser les quelques paniers incrustés dans le décor ? Ni une, ni deux, nous empoignons les balles de tennis et nous prenons au jeu.

Hexapoda

Un petit pont de bois nous amène dans la partie plus sauvage avec un potager, des ruchers pédagogiques et autres herbes aromatiques. Des cordes tendues en quinconce nous invitent à ramper sans faire tinter les clochettes. D’autres défis parsèment le jardin, comme cette toise en bois face à laquelle on doit sauter comme une ouce ou le bac à sable pour se prendre pour une sauterelle. Si l’espace est à la fois ludique et ressourçant, il offre surtout la possibilité d’observer les insectes dans leur habitat naturel.
Nous repartons conquis. Hexapoda nous a fait voir les insectes sous un jour nouveau et permis de mieux saisir leur utilité dans notre quotidien. Objectif atteint !

Prix tribu de 25 à 50€, à vous de choisir votre tarif entre l’option butineur, pollinisateur et bâtisseur de ruche.

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