Loisirs et culture
Et si vous profitiez d'un congé pour prendre le large, direction le plus grand aquarium d’Europe, Nausicaá, à Boulogne-sur-Mer (France).
Samedi matin, 9h30. J’ai suivi le conseil partagé sur le site de Nausicaá : arriver dès l’ouverture pour profiter du lieu avant l’affluence. Effectivement, une heure plus tard, on se sent nettement plus à l’étroit dans notre aquarium géant et on se retrouve même parfois à faire la file. La visite serait plus confortable si une jauge maximale était fixée.
Tant qu’à dispenser des conseils, on vous en livre deux autres. Primo, planifiez votre visite en fonction du programme des animations du jour que vous pouvez retrouver sur le site. Trois sont comprises dans le prix d’entrée, d’autres sont payantes. Deuxio, imprimez un plan avec les parcours pour confier le guidage aux enfants. De quoi les mettre dans une posture active qui fait parfois défaut à l’espace aussi grandiose soit-il.
Coup de chaleur
Revenons à nos poissons. On démarre notre visite dans l’espace « Dans l’œil du climat ». Plongée directe dans le vif du sujet. Des sacs de sable jonchent le sol d’une maison qui porte encore les traces d’une inondation. Les enfants sont captés par un bulletin météo prospectif. Nous sommes en 2100, la température moyenne a grimpé de 4°C en France. Un peu plus loin, on accoste pour une expérience immersive aux deux pôles. Des morceaux de calotte glaciaire se détachent, la banquise fond. De quoi prendre la mesure des dégâts.
Il est déjà l’heure d’assister à notre première animation : « À la rencontre des manchots ». Une vingtaine de spécimens de manchots du Cap s’épouillent, se câlinent, jouent dans l’eau. Le parcours se termine par des écrans tactiles, chaque visiteur ou visiteuse est invité·e à s’engager dans des comportements durables. Achat seconde main, économie d’énergie, choix de mobilité, ma fille est de tous les combats et s’amuse à collecter les points en me lâchant l’air goguenard : « De toute façon, je n’ai pas l’âge de choisir, c’est toi qui t’engages ».
Ballet aquatique
On embraye avec « Le voyage en haute mer ». Point d’orgue du parcours : le bassin de 10 000 m³ où une cinquantaine d’espèces et près de 400 animaux cohabitent. Une raie manta de quatre mètres d’envergure surnommée Charles - vous avez la réf’ ? - partage la vedette avec quelques requins. Personne ne résiste à l’appel de ce bal marin envoûtant. Hypnotisé·es, petit·es et grand·es s’agglutinent au plus près de la paroi.
Place au plus long parcours : Des rivages et des hommes. Mangroves, récifs coraliens, on en prend plein les yeux avant d’assister à l’entraînement des lions de mer. Le spectacle a des allures de show. On prend aussi la mesure de la fréquentation du lieu au vu du public amassé dans les gradins.
Le coup de cœur de la sortie est devant nous : le bassin tactile. Dans ce bassin à ciel ouvert, les visiteurs et visiteuses ont l’occasion de toucher toutes sortes de raies. Douces, lisses, léopards ou bouclées, nous avons eu la chance d’en caresser plusieurs et de mesurer à quel point elles portent bien leur nom. « J’ai touché une raie », s’extasie ma fille. Nous avons même eu droit à une danse gracieuse, de quoi terminer la visite en beauté.
BON À SAVOIR
- Comptez la journée pour vivre à fond cette sortie en famille.
- On a vu énormément de familles avec poussette ou chaise roulante, le centre est 100% adapté.
- On conseille la sortie pour des enfants à partir de 4 ans pour profiter pleinement de ce que peut offrir l’espace.
- Dès quatre entrées, réservez en ligne, vous bénéficierez de 15% de réduction.
COULISSES
En mode habillés, semi-culottés
Quitte à prendre le large, autant se donner un petit goût d’aventure et planter notre tente au camping de Wissant. Arrivé·es vendredi soir après trois heures de trajet, on découvre le panneau complet à l’entrée. La concierge nous confirme l’info. Les enfants m’interrogent du regard, inquiets. Je crâne. Grande fan de l’émission Nus et culottés, je décide de tester l’approche. Un couple de Français d’une soixantaine d’années termine son repas. Ni une, ni deux, je me lance. « Excusez-moi, vous allez peut-être trouver ma demande un peu culottée, mais le camping est complet. Nous venons de Belgique et allons demain à Nausicaá, accepteriez-vous qu’on plante notre tente sur votre emplacement ? ». Je n’ai pas terminé ma phrase que déjà je comprends qu’ils vont dire oui. Ma fille saute de joie : « Ils ont tout de suite dit oui, succès du premier coup ! ». Ce n’était pas grand-chose, une simple demande acceptée par un couple d’inconnu·es. Mais pour mes enfants, c’est énorme et intense en émotions. Craindre de se retrouver sans logement, faire appel à la solidarité, expérimenter un oui qui change tout. À tester à votre sauce selon les circonstances. 😊
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