Développement de l'enfant
Tout a commencé avec doudou Lapin, qu’il ne lâchait pas d’un poil, et Sophie la girafe, qui porte encore les stigmates de ses premières dents. Ensuite, il y a eu la compagnie des peluches. Tout cela pendant que vous le surnommiez affectueusement « ma puce », « mon poussin », « mon lapin ». Pas étonnant que maintenant, du haut de ses 7 ans, Émile envoie valser sa ménagerie de peluches et affirme haut et fort : « Je veux un chien ! », sous-entendu « pour de vrai » !
C’est prouvé, l’animal rassure, apaise. Plus encore qu’un meilleur ami, il écoute et ne juge pas. Louis peut lui dire : « Je veux changer de parents, ils ne sont pas gentils ! » sans que Peluche, son golden retriever ne se détourne de lui ou lui fasse des remontrances. Au contraire, il semble adhérer et lui manifeste en toutes circonstances de la tendresse et du réconfort. Comme c’est précieux de pouvoir libérer ses émotions sans avoir, en retour, un discours moralisateur !
Il aide à grandir... en sagesse !
Les bienfaits du compagnon à quatre pattes sur la croissance affective et psychologique de votre enfant sont légion. Ils ont notamment fait leur preuve en zoothérapie. En devenant « responsable » d’un être vivant autre que lui, Émile devra s’ouvrir au monde, se départir de son égocentrisme.
Prendre soin de son animal lui permettra de développer son estime de soi et son respect envers les autres, et pas seulement les bestioles. Et comprendre ainsi que l’attente et la frustration font partie de la vie. Car cette peluche vivante n’obéit pas toujours à son besoin pressant de câlins et de jeux. Le petit bonhomme devra alors faire preuve de patience et adapter son comportement aux réactions de son toutou.
Enfin, en grandissant avec lui, il observera la vieillesse, la maladie, la mort. Une confrontation avec le réel parfois douloureuse, mais ô combien constructive.
À chacun sa place
Le chien a une très grande capacité d’adaptation aux différents êtres qui l’entourent. Il perçoit, par exemple, la différence entre l’adulte et l’enfant, qu’il ressent comme étant un petit être plus fragile, tel un chiot. Il sait aussi qu’il est différent de l’homme, pour peu qu’on se souvienne qu’il est un animal.
Le chien vit chez ses maîtres, pas l’inverse. Une évidence qu’il est toutefois bon de rappeler au petit Émile. Ainsi, votre boule de poil ne devrait pas dormir dans le lit de votre enfant ni squatter le canapé quand il le décide ou encore recevoir de la nourriture à table.
Êtes-vous prêt ?
Décider d’adopter un chien ne se prend pas à la légère. En dehors du laïus « C’est un engagement sur dix, quinze ou vingt ans », il faut aussi être conscient que votre petit bonhomme ne pourra en assumer seul la responsabilité.
Avant 12 ans, il peut se charger de certaines balades - pour peu qu’il sache tenir l’animal en laisse (voir Quelle race choisir ?), lui donner à manger, à boire, le brosser.
Sachez-le, avant de vous lancer, vous devrez sans doute le seconder. Donc, si les bestioles à poils vous rebutent, ce n’est peut-être pas une bonne idée. Par contre, si c’est une démarche mûrement réfléchie en famille et pas juste une réponse à un caprice, pourquoi pas ?
EN PRATIQUE
Quelle race choisir ?
Votre enfant est :
- très actif. Optez pour un chien de taille moyenne - : labrador, épagneul breton, terre-neuve… - qui supportera d’être un peu malmené.
- plutôt timide. Orientez-vous vers un petit chien - bouledogue français, shih-tzu… Il l’aidera à entrer en contact à se faire des amis.
- très câlin. Choisissez un petit chien à long poils - bichon maltais, ihassa apso… - qu’il pourra pouponner.
- un peu craintif. Un chien de taille moyenne - colley, golden retriever, flat coated, lévrier… - le rassurera.
COMMENT CHOISIR ?
- Un chien séparé de sa mère avant 8 semaines peut avoir un choc comportemental par la suite. Car c’est elle qui va lui inculquer les bases de socialisation, les règles hiérarchiques.
- Respectez scrupuleusement son carnet de vaccination et ne lésinez pas sur un toilettage régulier.
- Apprenez à votre enfant à garder son visage à distance de la gueule de son copain poilu. À la fois parce qu’une morsure - volontaire ou accidentelle - est vite arrivée. Mais aussi, faut-il le rappeler, parce qu’une lèche baveuse au coin des lèvres de votre marmot n’est pas très hygiénique.
- Méfiez-vous aussi des griffes, véritable nid à germes en tous genres. Quelques visites de contrôle chez le vétérinaire vous épargnerons de fâcheux désagréments sanitaires.
TÉMOIGNAGE
Zoé, aujourd’hui adulte
« Quand j’étais enfant, lorsque j’étais réprimandée et que ça me paraissait injuste, je me réfugiais auprès de mon poney. Je me couchais sur son dos et, comme s’il comprenait que j’avais besoin de réconfort, il ne bougeait pas. Je déversais alors mes bobos en même temps que mes larmes dans son pelage. Une demi-heure plus tard, délestée de toutes mes frustrations, je me sentais revigorée. »
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