Loisirs et culture
Voici trois ouvrages sur le thème de la séparation des parents et de la manière dont les enfants peuvent la vivre en matière de logement notamment.
Dès 4, 5 ans
L’hébergement égalitaire, Colette connaît. Chaque vendredi soir, elle change de maison. Chacune a ses rituels et ses règles. Ses parents ont convenu d’organiser les transferts dans un lieu de transition : tantôt le centre aéré, tantôt l’école où officie sa maîtresse préférée, Sabrina Souris. Celle-ci reçoit les confidences de la gamine et va servir de médiatrice entre les parents. Car si tout va bien le jour, la vie de Colette se complique la nuit : insomnies, ruminations, cauchemars l’assaillent.
Bienveillants, ses parents optent pour une autre formule : une maison qu’ils vont partager. À eux désormais de transiter. Simple, pourrait-on penser. Sauf que leur monde, leur vie vont évoluer, avec des recompositions de familles. L’imagination viendra à nouveau au secours de Colette. Pour l’aider à vivre tous ces changements, la fillette est accompagnée par Glouton et Glouton, deux poissons rouges très présents visuellement. Son doudou et son cartable sont d’autres fidèles accompagnateurs.
La vie de Colette est racontée avec des mots simples et des phrases qui ne tournent pas autour du pot. Les illustrations sont vives et colorées, rendent visuellement les états émotionnels de l’enfant et sont parsemées de détails symboliques bien éclairants. Un album qui mêle sérieux, humour et légèreté.
Deux maisons et des cartons, de Sandra Le Guen et Stéphane Nicolet (Orso éditions/coll. Murmure).
Dès 4, 5 ans
Remarquez, sur la couverture, le « S » de séparation qui a glissé sur un charriot de déménagement pour être remplacé par un « R » dans le titre. R comme réparation, R comme résilience, car le sous-titre précise : « Une belle histoire de rupture ». Hasard ou métaphore à déchiffrer : dans cet album comme dans le précédent, un poisson (bleu qui rêve d’être rouge) sert de fil conducteur. Il porte les craintes et les espoirs de Coco, qui raconte le divorce de ses parents et l’impact sur sa famille métissée.
Le romancier, slameur et poète québécois David Goudreault aborde les liens perdus et à recréer, les conflits, les règles, la médiation, les gardes, mais aussi les colères, incompréhensions et coups de cafard, y compris ceux du poisson Grobetta qui porte les émotions les plus envahissantes. Par un joli stratagème, les solutions viendront également de lui, d’une certaine façon. Les dessins de France Cormier, québécoise également, comme la maison d’édition, traduisent parfaitement et avec humour l’état d’esprit de cette réparation.
La Réparation de mes parents, de David Goudreault et France Cormier (d’eux).
Dès 3 ans
Une séparation peut conduire à une recomposition. Et ce n’est pas toujours simple de trouver sa place parmi les meubles et au milieu des enfants du nouvel amoureux de sa maman. C’est ce qui arrive à la narratrice de cette histoire bien sentie. Elle n’a pas choisi cette situation et en a marre de se coltiner le petit Arnold rivé à sa tétine. Cet objet anodin va incidemment jouer un rôle déterminant dans la résolution du conflit intérieur de l’héroïne.
Un sujet peu abordé, traité avec justesse, et rendu vivant par le trait aux crayons gras d’Anete Melece et la force des expressions. Une pépite de plus dans la collection des Petites histoires nordiques des éditions bruxelloises Versant sud.
C’est moi qui décide !, d’Ingrid Olsson et Anete Melece (Versant sud/Coll. Petites histoires nordiques).
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