Loisirs et culture
À la différence de la littérature adulte, celle qui s’adresse aux enfants multiplie les chemins de lecture et les approches autour du livre. Des propositions narratives originales et pleines de créativité.
De 6 à 96 ans
Avec 80 livres quasi tous publiés à L’école des loisirs, l’œuvre de Claude Ponti est un monument de la littérature jeunesse. Son avant-dernier album, Blaise, Isée et le Tue-Planète, est un livre grand format qui magnifie son univers emblématique de poussins tout en accentuant le côté dramatique de la menace apocalyptique du titre. À grands renforts de créations graphiques et langagières, Ponti recrée des mondes habitables.
Avec sa dernière publication, Le chemin, il invite ses jeunes lecteurs et lectrices à un cheminement tout différent, dans une atmosphère plus sereine. Dans un livre-coffret de belle facture, nous découvrons tout d’abord un leporello, un livre-dépliable de… 2m20 qui raconte le départ en vacances et en voiture d’une famille de souris. Outre le chemin, les montagnes et les nuages relient chaque page à la suivante. Chacune est un moment de bonheur et de surprise. Chaque fois que l’on y revient, on découvre un nouveau détail. C’est truffé de jeux de mots et de trompe-l’œil, de personnages joyeux. Ponti a dû s’amuser comme un enfant en imaginant ces scènes.
Arrivé au bout de cette promenade, le verso sans texte, sans couleur et avec des pages blanches invite l’enfant à reprendre l’histoire, à colorier, réécrire, dessiner, inventer son propre chemin ! Et ce n’est pas tout : 21 cartes en carton fort lui permettent de les disposer à sa guise selon de multiples combinaisons pour découvrir qu’il y a mille chemins possibles ! Magique.
- Le chemin, de Claude Ponti (L’école des loisirs).
À partir de 3 ans
Dans ce tout-carton qui tient bien en mains et qui se lit en tournant les pages vers le haut, Michaël Escoffier joue sur le hiatus qui peut exister entre le texte et les images. Les images, car il y a celles qui racontent l’histoire sur la glace et celles qui se passent simultanément sous la glace. Un seul texte pour une double narration visuelle : une trouvaille simple et géniale, pour décrire un moment de la vie quotidienne d’un petit esquimau parti pêcher et le sort d’un petit poisson. Face aux difficultés, il peut compter sur la solidarité des siens.
Sous la glace, des scènes en miroir se déroulent pareillement, nous réservant une surprise finale qui reflète tout l’humour de ce récit. L’enfant apprendra aussi que les mots peuvent être trompeurs. Un petit album parfait par son dispositif, ses dix phrases et ses illus.
- Sous la glace, de Michaël Escoffier et Ella Charbon (Les éditions des éléphants).
À partir de 3 ans
Voici une pause silencieuse bienvenue au milieu des bruits du monde. Pas un mot, rien d’écrit. Une « simple » lecture de l’image, des images dans lesquelles les enfants peuvent se plonger individuellement, s’extasier, s’interroger, imaginer. Une autre manière de « lire ».
De Paris à Québec en passant par Moscou, Athènes, Sydney, Le Caire, Jean-Claude Alphen met tout son talent au service d’un carnet de croquis de voyage. Son personnage Alphonse Lapin voyage en montgolfière, vélo, moto, parapente, hélas aussi en bateau de croisière, mais l’auteur n’a probablement pas voulu être politiquement correct. Les quinze villes visitées sont habitées par des animaux avec des clins d’œil comme cette expo de carottes à la Andy Warhol.
Bien sûr, un enfant de 3 ans ne reconnaîtra ni les villes, ni les allusions, mais il fera son voyage intérieur via les paysages, les architectures ainsi que les aventures et accidents d’Alphonse.
- Les aventures d’Alphonse Lapin, de Jean-Claude Alphen (éd. d’eux).
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