Loisirs et culture
Elisa, la narratrice d’En terrain connu (publié chez CotCotCot éditions, dans la collection Les Randonnées Graphiques), retourne dans son pays d’origine, l’Italie, pour retrouver sa famille. « Ce voyage est devenu une routine pour moi ». Et pourtant, dans ces allers et retours entamés il y a cinq ans déjà, rien n’est simple. Tout (ou presque) est fait de turbulences. Les sensations sont intenses. Les émotions se mélangent. À commencer par la tristesse et la joie. Nous voilà au cœur des contradictions de l’exil.
Elisa Sartori (la narratrice, c’est elle), née en Italie, et Dina Melnikova, d’origine biélorusse, toutes deux désormais installées à Bruxelles, nous livrent là une œuvre délicate, subtile, tout en nuances. Ensemble, elles racontent une histoire intime qui touche à l’universel. La première le fait avec un texte fort, qui ne contient pas un mot de trop et vise juste. La seconde, avec de superbes illustrations à l’encre de chine qui suggèrent un quotidien qui, en fait, n’a rien de banal pour l’héroïne.
Une inspiration dantesque
Grâce aux mots de l’une et aux images de l’autre, on éprouve ce que vit Elisa. Ainsi, celle-ci réalise combien son père, sa mère, ses deux frères et leurs enfants lui manquent « seulement lorsque je les vois. Je suis alors prise entre deux sentiments : la culpabilité de l’éloignement et la joie des retrouvailles ».
En filigrane du récit, Dante Alighieri et son poème La Divine Comédie. Avec des versions modernes de ce que sont l’enfer, le purgatoire et le paradis. « L’enfer, c’est de ne plus voir autant qu’avant celles et ceux qu’on aime. Le purgatoire, c’est un repas de famille où l’on ne trouve plus vraiment sa place. Le paradis, c’est de revenir à la maison, celle de son enfance ou celle d’aujourd’hui », résume Elisa Sartori. Les célèbres gravures de Gustave Doré illustrant le poème ont inspiré Dina Melnikova. Dante, c’est par ailleurs le nom du chat qui accueille Elisa de retour chez elle.
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