Loisirs et culture
À quoi sert la littérature jeunesse ? Elle apporte du plaisir, ouvre l’imagination, fait rêver, rire, réfléchir aussi. Elle nous parle du monde, de ses merveilles, et parfois de ses dysfonctionnements, par exemple à propos des stéréotypes de genre. Comme telle, elle aide aussi à grandir.
DÈS 5 ANS
Traduit de l’anglais, on ne peut imaginer album au titre plus explicite, et le sous-titre « Un livre sur les stéréotypes de genre » y ajoute une couche. L’intention est claire et la démarche pédagogique complètement assumée. Pourquoi pas ? Celle-ci se fonde sur une interpellation des lecteurs et lectrices en posant des questions directes du type : « Regarde ces images. Qu’est-ce qui plait aux filles ? Et aux garçons ? Est-ce qu’il y en a qui plaisent à tout le monde ? ». Les réponses s’étalent en quelques images bien chargées en stéréotypes : le football, les bébés, le ballet, la lutte, les poupées, etc.
La suite déroule la réflexion en d’autres questions : qui a fixé les règles ? Est-on obligé·es de les suivre ? Est-ce qu’on doit se sentir mal de faire des activités qu’on aime ? Ces accroches établies, vient dans un second temps une partie plus explicatives sur le sexe, l’identité de genre, les types de famille, le droit à la différence et d’aimer qui on veut, le respect, etc.
Textes et dessins ultra simples font de ce livre une belle démarche de vulgarisation qui ouvre à la discussion. Chez Alice jeunesse, également, notons l’album Étiquettes, du Catalan Joan Turu, qui met en scène Claire, confrontée à une avalanche… d’étiquettes qu’elle va envoyer valser. Étiquettes complète bien Rose, bleu et toi ! en l’incarnant dans un personnage fort et expressif.
► Rose, bleu et toi !, d’Élise Gravel, en collaboration avec Mykaell Blais (Alice jeunesse).
DE 3 À 6 ANS
Les pages de garde nous en disent déjà beaucoup sur SuperLou. En vingt croquis, on découvre la demoiselle dans tous ses états : vive et dynamique. On ne s’étonne pas qu’elle ait volé la vedette sur la couverture et en titre à Simon, le lapin emblématique de Stéphanie Blake. Celle-ci a le don de le placer depuis vingt ans dans des histoires au cœur de la vie enfantine. Les titres parlent d’eux-mêmes : Caca boudin, Je veux des pâtes, Non pas dodo !, NULtiplications, Je veux pas déménager, etc.
Cette fois, alors que Simon et son copain Ferdinand refusent à Lou le droit de jouer avec eux au skate, celle-ci profite de leurs maladresses et disputes pour leur damer le pion. Et transforme les préjugés sexistes et le rejet que les deux gamins lui ont infligé en une belle revanche et leçon de vie. Un album à la ligne claire, avec de larges aplats de couleurs primaires et des décors minimalistes.
► SuperLou, de Stéphanie Blake (L’école des loisirs).
DÈS 3 ANS
Fred est un petit garçon qui aime se promener tout nu dans l’appartement de ses parents et y faire mille cabrioles dans le plus simple appareil (sic). Peter Brown a dédié cet album à sa « maman qui aurait adoré ce livre ». On imagine dès lors cette mère pleine d’esprit et de joie de vivre sans s’arrêter à des conventions rigides.
Explorant l’appartement de ses parents, Fred découvre leur garde-robe respective. Robes, c’est bien de cela qu’il s’agit, car Fred est rebuté par les costumes austères du père et leur préfère les robes colorées et légères de sa mère. Le voilà vêtu au féminin. Dans un second temps, il découvre les joies du maquillage et s’en amuse avec ses parents.
Les illustrations modernistes, aux couleurs mauve parme et rose fluo, habillent de manière ludique cet album sans chichis où l’on s’amuse des conventions et tournent le dos aux préjugés.
► Fred s’habille, de Peter Brown (Kaléidoscope).
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