Loisirs et culture
En juin dernier, nous avons lancé un concours. Nos abonnés et abonnées pouvaient remporter un lot de livres jeunesse sélectionnés pour le prix Versele en 2024. Il suffisait de nous partager un souvenir de famille lié à la lecture. Des dizaines de participant·es. Et puis, la tâche difficile pour la rédaction de choisir huit lauréat·es. Nous avons déjà partagé en juillet et août les récits de Flore et de Christelle. Voici les six autres messages qui ont ému, amusé ou séduit la rédaction.
► Violette Gaspar, maman de Basile (6 ans), Sacha (10 ans) et Alix (12 ans)
Abonnés à la sélection de livres de L'école des loisirs. Va-et-vient entre la bibliothèque et les cadeaux des cloches et Saint-Nicolas. La lecture, c'est un de nos carburants familiaux...
C’est la récompense quand on est prêt à l'avance pour partir à l'école (ça arrive peu fréquemment, mais ça arrive 😅). C’est l'occupation principale (avec le jeu) quand les devoirs sont finis. C’est le plaisir du soir, une fois au lit, pour rêver et passer une bonne nuit...
Ce sont aussi les trajets en voiture vers les vacances (deux enfants sur trois lisent sans être malades, les veinards !). Quand ils étaient deux, ils avaient la caisse de livres entre eux sur la banquette arrière. Quand le troisième est arrivé, elle s'est retrouvée à ses pieds. Et maintenant, chacun a son sac à dos rempli avec ses livres pour le trajet !
On est partis six mois en grand voyage en 2023. Au retour, chaque membre de la famille avait sa photo avec sa pile de livres lus. Des piles de belle hauteur, des piles de madeleines de lecture nous rappelant avec délice les endroits où les livres ont été lus.
Bref, chez nous, la découverte d'un nouveau livre, en famille d'abord, chacun de son côté ensuite, c'est toujours un moment de qualité.
► Jasmine Schittekat, maman de Thomas (10 ans), Raphaël (13 ans) et Clémence (16 ans)
Les livres rythment ma vie depuis ma naissance. Je suis née dans une famille passionnée de BD, romans et fréquentant assidûment bibliothèques et bibliobus. Mes premiers coups de cœur ont été La ronde des 14 ours, puis La petite maison dans la prairie, et tant d’autres depuis lors.
À la naissance de ma fille, en 2008, j’ai entendu parler dans l’émission Les Maternelles d’un livre qui avait marqué un papa et qu’il recommandait chaudement aux parents : « Le château d’anniversaire ». J’ai recherché ce livre, mais ne trouvais rien de semblable. Un jour, une amie offre aux enfants un livre de poussins excentriques écrit par un certain Claude Ponti, ils ont tout de suite adoré ce livre. J’en recherche donc d’autres de ce même auteur et c’est à ce moment que je tombe, dans le rayon librairie d’un supermarché, sur un livre grand format intitulé Blaise et le château d'Anne Hiversère de Claude Ponti, j’avais enfin trouvé le Graal !
C’est l’histoire de poussins qui préparent un immense gâteau/château pour leur amie Anne Hiversère. Depuis qu’il est entré dans notre vie en 2016, je pense l’avoir lu aux enfants une centaine de fois, sans compter le temps qu’ils ont passé à le feuilleter recherchant le poussin tête de champignon, ou Blaise, ou le poussin lecteur à chaque page, ou la page de la fête où sont cachés une myriade de personnages connus. Et que dire du texte et de cet univers incroyable ? Que de fous rires en lisant ce livre ! Et ce n’est pas fini, je l’ai encore lu à mon fils de 13 ans il y a quelques jours.
Il fait partie de ces livres magiques, porteurs de souvenirs et créateurs de moments particuliers, un livre doudou qu’on ressort quand on a besoin de réconfort. Quand j’étais petite, c’était La ronde des 14 ours, il est d’ailleurs dans la bibliothèque de mon petit dernier qui n’hésite pas à le ressortir et à me demander de le lui lire, car il a sans doute réalisé que c’était mon livre doudou et qu’en le lisant, je retrouvais les douces sensations de l’enfance.
► Ariane Delacre, maman de Lenny (8 ans) et Tim (13 ans)
Tim, fin de 2e primaire, 7 ans et demi, rêve de lire Harry Potter. Je me dis qu'il est encore un peu jeune, mais s'il a envie d'essayer, pourquoi pas ? Je lui offre Harry Potter à l'école des sorciers. Il plonge immédiatement dans la lecture et ne vit plus que pour le jeune sorcier pendant quelques semaines. Tous les jours au retour de l'école, il fonce dans sa chambre, se glisse sous la couette sans enlever ni veste ni chaussures. Il dévore les pages jusqu'à l'heure du repas. Phénomène d'identification (le petit garçon à lunettes un peu fragile), goût de l'enfance pour la magie, envie d'échapper aux contraintes de la vraie vie, un peu de tout ça sans doute, en tout cas sa passion est dévorante. Le premier livre à peine terminé, Tim réclame les volumes suivants, l'été y passe, le début de la 3e primaire aussi, et puis ça y est, tout est lu, drame, que faire à présent ?
Tim a presque 14 ans maintenant, il lit beaucoup, surtout de la littérature fantastique, mais il cherche encore le roman qui lui procurera le même plaisir que la première série de son enfance…
► Laurie Cavillot, maman de Mona (1 an) et Ben (4 ans)
Il est bientôt 19h, on s’assied l’un à côté de l’autre et le temps s’arrête. On est rentré de l’école, on a mis la table, on a soupé, on a pris la douche, on a brossé les dents, on a mis le pyjama et maintenant on s’installe dans notre bulle. C’est juste mon fils et moi, pour un moment de douceur, de complicité et de tendresse.
Il doit choisir les deux histoires qu’on lira ce soir. Prendra-t-il les deux mêmes histoires qu’on a lues chaque soir ces quatre derniers jours ou décidera-t-il de partir sur un nouveau combo ?
Ce soir, on repart sur l’histoire du chien qui devient ami avec une souris, son ultime trésor parce qu’elle est « elle ». Ensuite, c’est l’histoire de la poudre anti-cauchemar qui se termine avec mes doigts qui prennent de la poudre sur la couverture du livre pour la frotter sur son front, le bout de son nez et ses deux yeux fermés pour que lui aussi soit protégé des cauchemars pour la nuit.
C’est notre rituel depuis qu’il a quelques mois. C’est un moment de câlins, de « tu sais », de « encore une », de « je t’aime ». C’est ma chance de lui offrir la sérénité et l’amour pour clôturer des journées parfois bien difficiles pour un bout de 4 ans qui a de grosses émotions.
Et c’est le cadeau que je me fais aussi, quelques heures plus tard, pour m’offrir un moment de douceur et d’imaginaire pour chasser les cauchemars qui voudraient déranger mon sommeil.
C’est ça pour nous, les livres : un moment de liberté et un repère dans le cafouillis de la vie.
► Alice Bruyere, maman d’accueil de Mohamed (4 ans) et Yacine (6 ans)
Le 15 mars 1988, pour mes 3 ans, ma maman m'a offert un livre qui allait marquer ma vie : La Naissance de Célestine de Gabrielle Vincent. Elle y avait glissé ces quelques mots : « J’espère qu’Ernest et Célestine t’accompagneront et deviendront tes grands amis pour la vie ».
Trente-sept ans plus tard, je peux dire qu’elle avait vu juste. Ce livre, je l’ai toujours. Ernest et Célestine ont toujours été là, discrets mais présents, comme un doux refuge. J’ai grandi, bercée par la tendresse des aquarelles, par la simplicité des mots et la profondeur de cet amour inconditionnel entre un ours et une petite souris. Leur univers était ma bulle de réconfort, un havre de douceur où je retournais souvent.
Lorsque, plus tard, le désir de fonder ma propre famille est devenu une évidence, c’était presque naturel pour moi de vouloir transmettre cette histoire qui m’avait tant accompagnée. Si j’avais eu un fils, je l’aurais appelé Siméon – comme le petit doudou de Célestine – ou bien Célestine si une fille venait au monde. Mais la vie a suivi un autre chemin. Je n’ai pas eu d’enfants naturellement. C’est alors qu’une autre forme de maternité s’est imposée à moi : je suis devenue famille d’accueil.
J’ai accueilli d’abord une petite fille, Yacine, puis quelques années plus tard, Mohamed. Et un jour, en feuilletant à nouveau La Naissance de Célestine, cette évidence m’a frappée : comme Ernest, j’avais ouvert ma maison et mon cœur à des enfants qui n’étaient pas les miens biologiquement, mais qui devenaient, à leur manière, mes enfants de cœur. Célestine, petite souris trouvée dans une poubelle et recueillie par Ernest, résonnait désormais différemment en moi. Ce parallèle inattendu m’a bouleversée. Les larmes ont coulé. Ce livre d’enfance me racontait finalement ma propre histoire.
Dois-je ajouter, comme un clin d'œil du destin, que j’ai moi aussi joué du violon, comme Ernest ? Décidément, nous étions faits pour nous rencontrer.
► Laura Natalis, maman de Sophia (9 mois) et Harry (4 ans)
Quand nous étions enfants, nous avions l'habitude de nous rendre tous les mercredis à la bibliothèque avec ma maman, c'était chaque fois trois fois cinq livres que nous pouvions sélectionner et ensuite découvrir en famille, le soir avant d'aller dormir. Ma maman était surtout très forte pour les livres avec peu de texte. On adorait quand elle inventait et faisait des sons bizarres.
Mon mari, la première chose qu'il m’a partagée à la suite de votre appel, c'est la réjouissance de savoir qu'un nouveau livre avait été glissé dans sa boîte aux lettres quand il était petit. Il était abonné à L'école des loisirs et aujourd'hui nous lisons encore à nos enfants les histoires que sa maman lui lisait petit.
Aller à la bibliothèque fait désormais aussi partie de notre quotidien, c'est un super plan, surtout les jours de pluie, un moment suspendu où Harry, notre aîné, peut toucher tout ce qu'il veut et sélectionner ce qui lui fait plaisir. Il demande aussi systématiquement à la bibliothécaire de retirer le carton géant du personnage de manga qui lui fait peur. J'aimerais vous dire qu'il se dirige généralement vers les prix Versele qui sont mis en avant dans une boîte dédiée, mais nous devons très souvent lire (et relire !) Mes P'tits Docs. En général, on se met d'accord pour que je choisisse un ou deux livres, et lui les autres. Ça donne un bel équilibre entre les récits hauts en couleur et la technicité des tracteurs et des camions de pompiers. J'y emmène aussi Sophia, notre deuxième, que je peux depuis peu laisser ramper librement dans l'espace lecture, et lui choisis au moins un livre adapté à son âge.
C'est un vrai régal, pour nous comme pour eux, le moment où on entame une histoire que l'on ne connaît pas. Ensuite, on la relit parfois des dizaines de fois, jusqu'à notre prochain passage, en y ajoutant de nouveaux mots ou intonations, en s'attardant sur certaines images. Pour le moment, celui qui nous fait bien rigoler, c'est Éric le canard qui fait la fiesta au fond du lac avec les monstres.
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