Développement de l'enfant
1. Les câlins, ça sécurise
Vous lovez votre bébé dans vos bras, et le câlinez et l’enveloppez de votre voix douce ou enjouée. Quand il a besoin d’être apaisé, vous le consolez, le réconfortez, le rassurez. Tout cela remplit son réservoir de sécurité : il sait qu’il peut compter sur vous. Les neurosciences nous l’ont confirmé. Reste que, depuis la nuit des temps, les parents agissent de la sorte, spontanément. Parfois aussi, votre bébé, qui, décidément, a bien grandi, préfère explorer ce qu’il y a autour de lui plutôt que d’être câliné dans vos bras. Des petits signes montrent ses envies du moment.
2. Les normes, à prendre pour… des normes
Dans le développement d’un enfant, les normes sont des repères, des balises qui servent à guider. De là à être obsédé par elles, il y a un pas à ne pas franchir ! Si votre bébé vous semble en retard dans une compétence, cela ne signifie pas qu’il en est incapable. De même, si, dans un domaine, il vous paraît en avance, laissez-le poursuivre son rythme rapide sans vouloir encore l’accélérer. À chaque enfant, son tempo. Et ses progrès bien à lui, réguliers, constants. Ayez confiance en lui, en vous et en ces professionnels qui, dans votre aventure parentale, vous accompagnent.
3. Le bébé porteur d’un handicap progresse lui aussi
Il est très douloureux pour des parents d’un enfant différent de le voir évoluer à un rythme « hors norme ». Un sentiment d’injustice se mêle – pour longtemps encore peut-être – à de la culpabilité, sans oublier toutes les inquiétudes et peurs face à l’avenir. Une situation de handicap n’est pas l’autre. Un diagnostic (clair) est-il posé ? Qu’en est-il du pronostic ? Les parents d’un bébé différent doivent pouvoir être soutenus par une équipe pluridisciplinaire compétente (pédiatre, neuropédiatre ou autre pédiatre spécialisé, kinésithérapeute, psychologue…), avec, si possible, une personne qui la coordonne. Ils doivent pouvoir compter sur un suivi adapté au cas particulier de leur bébé. Bien souvent, plus elles sont précoces, plus les prises en charge (rééducations…) sont bénéfiques aux enfants aux besoins spécifiques.
4. Votre bébé ne se déplace pas encore, mais ses mouvements le font bouger
Posé sur son tapis (non souple et suffisamment grand), il découvre de nouveaux horizons. Couché sur le dos, il attrape ses pieds et les met en bouche – ceci est un repère important à 6 mois. Il se met sur le côté. Il trouve les moyens de se retourner du dos sur le ventre. Une fois sur le ventre, il y reste de petits moments. Tout cela, il le fait à son rythme bien à lui. Attention, pour qu’il puisse bouger librement, il est important de ne pas le laisser sous son portique.
5. Quel plaisir de jouer avec des hochets !
Ils sont colorés, ils font plein de bruits, ils sont très doux ou plutôt rudes au toucher, ils sont tout plats ou plus volumineux, ils ne s’attrapent pas tous de la même façon. Bref, avec les hochets, votre petit explore la variété.
6. La position assise n’est, en général, pas au programme des bébés de 6 mois
En effet, un petit bout de 6 mois mis assis, les jambes écartées, les mains posées entre les genoux, tient le plus souvent quelques secondes, puis tombe et pleure. Autrement dit, à cet âge, il ne s’assied pas de lui-même. En tant que parent, on a peut-être hâte de lui offrir cette nouvelle position assise qui lui permettra d’élargir son champ visuel. Mais ce n’est pas bon de faire du forcing, en le coinçant au milieu de coussins, par exemple. Laissons-lui le temps de développer toutes les compétences – se retourner sur lui-même, pivoter, ramper, aller à quatre pattes… – qui l’amèneront à s’asseoir seul.
Et le bébé assis sur les genoux de papa ou maman ? C’est bon parce qu’il est soutenu de façon dynamique par le corps du parent. Rien à voir avec un tas de coussins ! Le corps du parent s’ajuste à la position de l’enfant et le corps de l’enfant s’adapte à la position du parent.
7. Plus que jamais, ne lâchez pas votre bébé des mains
Il gigote de plus en plus, de mieux en mieux. Et s’il ne se retourne pas encore, cela viendra du jour au lendemain. Alors, lorsque vous le mettez « en hauteur » – sur la table à langer, sur votre lit ou sur le canapé –, gardez toujours une main sur lui.
8. Chantez à votre bébé, pour vous faire plaisir, à lui et à vous, et pour d’autres raisons encore
Vous observez ainsi que, quand vous lui adressez une chanson, son attention est maintenue plus longtemps que lorsque vous lui parlez comme d’habitude. Vous savez que les berceuses l’apaisent avant le coucher. Vous notez également que les chansons le calment s’il est agité ou irrité. Enfin, bientôt, quand vous lui direz une comptine où paroles et gestes se répondent, il vous surprendra en reproduisant les bons gestes aux bons moments. Chanter à votre bébé aujourd’hui, ce n’est pas comme quand vous lui fredonniez de tendres airs au début de sa vie.
9. Votre bébé paraît plus craintif, et cela ne lui ressemble pas ?
Les bébés traversent une phase particulière – et tout à fait normale – où ils passent, brusquement, de très sociables à méfiants à l’égard des personnes qu’ils ne connaissent pas. Leur contact aux autres est directement lié à la sécurité qu’ils ressentent. On parle de la peur des inconnus et de l’angoisse des 8 mois. Ce passage inéluctable dans le développement des enfants se manifeste, avec plus ou moins de force, dans la seconde moitié de leur première année de vie. Parfois, dès 6 mois ; parfois, après 8 mois. Plus d’explications dans les prochains numéros du Ligueur et mon bébé.
10. Si ce n’est déjà fait, il devient important de diversifier l’alimentation de votre enfant
En effet, il a désormais besoin, pour sa croissance et son développement, d’éléments (acides aminés spécifiques, fer, zinc, lipides, vitamines, fibres…) que le lait, qu’il soit maternel ou adapté, ne lui apporte pas ou pas assez. Mais no stress ! Débuter la diversification alimentaire ne signifie pas que vous devez mettre la pression sur votre bébé ou vous. Allez-y en douceur. Et n’oubliez pas qu’en ce domaine comme dans tant d’autres, les choses ne se jouent pas en un jour. Pour lui donner ses panades et purées, installez votre bébé dans son relax ou dans vos bras. Pour la chaise haute, c’est trop tôt ! Elle sera utile lorsqu’il s’assoira de lui-même.
11. Une dent à l’horizon ?
Les dents ont généralement bon dos ! Des pleurs inexpliqués de l’enfant, de la température… et on les attribue à une poussée dentaire. Les dents peuvent commencer à pousser à 6 mois. Parfois, elles percent (un peu) plus tôt. Le plus souvent, (beaucoup) plus tard. Pas mal de clichés sont associés à leur apparition. À noter, dès lors : un tout petit peu de température ou une humeur plus grincheuse peuvent accompagner une percée dentaire. Tout comme une folle envie de mordre ! Mais il se peut aussi que rien ne la signale. Et, normalement, si l’enfant a une forte température lors d’une poussée dentaire, c’est simplement parce qu’à ce moment-là, son corps réagit contre un virus qui est passé dans son environnement. Les anneaux de dentition (dont les anneaux réfrigérants) et le gel antidouleur permettent de soulager la douleur liée à une poussée dentaire. Demandez conseil au pédiatre.
12. Ne laissez jamais votre petit au soleil !
Et, même lorsqu’il est à l’ombre, équipez-le d’un chapeau, de lunettes solaires et d’une chemisette, et enduisez régulièrement son corps d’une crème protectrice spécifique pour les bébés.
13. Le bébé malade a son état général perturbé
Et là, il y a plein de signaux possibles. Par exemple, il est grincheux, il gémit ; il n’est pas actif comme d’habitude ; il ne mange pas ou il mange moins bien ; il a de la diarrhée ; couché, il hurle en se tenant les oreilles (ça, c’est pour les otites) ; il a de la température et, qu’elle soit faible ou forte, cela le met dans un état d’inconfort… C’est l’état général perturbé de votre bébé qui va vous mener en urgence chez le pédiatre ou le médecin traitant. Votre médecin reste votre référence, suivez ses recommandations. Et faites confiance à ce que vous ressentez : si vous avez une inquiétude, c’est important d’en tenir compte.
14. Si votre bébé louche…
Le strabisme de l’enfant est pris en charge le plus tôt possible : l’avenir de sa vue est trop important. Si vous avez un doute, la prudence est de rigueur : n’hésitez pas à demander un avis médical.
15. Vous avez des questions, vous avez besoin d’être rassurés ?
Faites appel au pédiatre de votre bébé, à la partenaire enfants-parents et au médecin de la consultation de l’ONE, ou à la sage-femme qui vous accompagne depuis la naissance de votre enfant.
Avec Catherine Ghion, infirmière, Bénédicte Guislain, kinésithérapeute pédiatrique, Marguerite Landsberg, pédiatre, et Reine Vander Linden, psychologue clinicienne
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