Loisirs et culture

Samuel : une série animée sur l’adolescence qui donne des ailes

Comme tous les lundis, vous le savez, on ouvre grand la porte à des pépites. Au rayon dessin animé, on vous propose ce qu’il s’est fait de mieux, de plus épuré et de plus pertinent depuis des années : Samuel. Hébérgé sur Arte.tv, on vous conseille de vite tout regarder, avant que cette série ne soit plus en ligne.

La force de l’évidence. Voilà par quoi on pourrait résumer ce petit joyau d’animation hébergé sur Arte.tv. Une série de 21 épisodes, de 5 minutes chacun, qui mettent en scène le très flegmatique Samuel, gamin de 10 ans qui nous livre ses états d’âmes à travers son journal intime. « Roooh, ça a été fait 100 fois », entend-on dans le fond de la salle ? Peut-être. Mais jamais comme ça.

Vive la ligne claire

Impossible de parler de la série sans parler du traitement. La ligne claire en animation a été longtemps proscrite. On considérait qu’elle laissait trop de place au blanc et brûlait les yeux. Ce qui est vrai sur grand écran ne l’est pas sur le petit écran et, ici, le vide, le blanc est une matière première qui remplit toute la narration. Sa réalisatrice, Émilie Tronche (qui interprète tous les rôles) joue avec, non sans malice. Les traits noirs s’y promènent en toute liberté. Ils servent l’histoire et lui permettent d’évoluer hors cadre, hors limite. On se promène autant dans les scènes du quotidien de notre jeune héros qui grandit dans les années 2000, qu’à travers son imagination débordante. On aime particulièrement les nombreuses scènes de danse qui apportent leur touche de magie débordante. Émilie Tronche s’autorise tout, ses nombreuses inventions graphiques ne sont jamais placées au hasard ou pour le simple exercice de style. Elles viennent appuyer des propos qui font résonner l’adolescent·e qui sommeille en chacun de nous.

Vibrante adolescence

Le dessin qui, à bien des moments, nous rappelle l’efficacité de celui de Riad Sattouf - lui aussi consacre la quasi-totalité de son œuvre à l’adolescence – retranscrit avec brio les errances de Samuel. La série nous plonge en plein cœur du temps béni de l’adolescence. La récré, le chemin du retour, le ramassage scolaire, la piscine, l’ennui à la maison. Et puis, bien sûr, les histoires d’amour et d’amitié, soit le cœur du récit. On se surprend à rééprouver les mêmes difficultés de l’époque. L’ignoble non-réciprocité des sentiments. Le cœur qui s’arrache quand l’objet de son désir en embrasse un autre. Les évidences qui se trouvent sous nos yeux et que l’on refuse de voir…
Toute cette intense période vibrante, bouillonnante y est dépeinte avec la justesse d’une série comme Sex education, avec la nostalgie des Années coup de cœur et l’aménité des bandes à la Goonies. Chaque épisode va droit au but et nous renvoie indubitablement à notre propre passé glorieux. Il opère d’une autre façon sur nos ados. Il agit comme un miroir. Les enfants plus jeunes le suivent comme un bon dessin animé avec des personnages attachants, drôles, humains. C’est d’ailleurs l’autre force de Samuel. Celle de délivrer un propos universel, dans lequel tous les âges, tous les horizons se retrouvent.
Voilà l’évidence, des grandes œuvres qui restent pour toujours et qui sans qu’on s’y attende, parviennent à viser pile au milieu du cœur.

À VOIR

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