Vie pratique

Véronique Gallo : après la mère, la femme

Après sa vie de mère, Véronique Gallo s’attaque dans son nouveau spectacle au vieillissement de la femme. Parler du quotidien. Sans fard. Avec humour. Telle est la patte, qui fait mouche, de l’artiste.

Cette rencontre prend place du côté de Hannut, au domicile de Véronique Gallo. La femme qui m’ouvre la porte est à la maison comme elle est sur scène : dynamique, naturelle, enjouée. En pleine tournée belgo-française de son nouveau spectacle Femme de vie, la maman veille à rentrer au bercail une semaine sur deux pour être auprès de ses enfants, en particulier de sa fille cadette de 10 ans.
Dans cette vie particulière, tout commence il y a seize ans. La professeure de français lâche progressivement la bride de l’enseignement pour se lancer dans la carrière de comédienne. Ce projet, elle le porte en elle depuis toujours, sans s’autoriser pour autant à franchir le pas.

Les sursauts de départ

En 2001, Véronique Gallo devient maman. Mais, bizarrement, c’est en se projetant dans le rôle de grand-mère que le sursaut se produit. Une pensée saugrenue la taraude. Avouer à ses petits-enfants que mamy aurait aimé monter sur scène, mais n’a pas pu, ça non ! Le décès brutal de son papa en 2003 sera l’autre élément déclencheur.
Deux ans plus tard, Véronique Gallo achève l’écriture de son premier spectacle intitulé On ne m’avait pas dit. Sans fard, avec humour, elle brosse le quotidien d’une jeune mère qui a tout ce dont elle rêvait, mais réalise que la vie est loin d’être la petite maison dans la prairie. « Je suis très heureuse d’avoir eu des enfants, mais cette expérience de la maternité a été un apprentissage. Je n’avais pas mesuré ce que ça représentait en termes de culpabilité, de charge mentale et d’implication ».
Derrière l’anecdotique des histoires, une constante : l’envie de parler des inégalités homme-femme. « Il y a encore tellement de choses à conquérir, que ce soit au niveau de la charge mentale, des salaires, de la liberté. Quand je me suis lancée dans le spectacle, j’ai essuyé des remarques du style ‘Qui va faire à manger à ton mari ?’ ».
La patte de Véronique Gallo fait mouche. L’artiste trouve très vite son public, féminin surtout. Les femmes viennent entre copines, avec leurs mères, avec leurs filles. La comédienne dit tout haut ce qu’elles pensent tout bas. Même les aînées se reconnaissent. « La semaine dernière, une octogénaire m’a dit : ‘J’ai retraversé ma vie’ ».

Les sujets changent, la recette reste

L’écriture sert d’exutoire. Après la mère, Véronique Gallo s’attaque à la femme en préménopause. Vieillissement, relâchement de la peau, bouffées de chaleur... tout y passe. Avec toujours la même recette : raconter ce qu’elle vit. Pour le vieillissement non plus, on ne l’avait pas prévenue. Ce qu’elle qualifie comme l’entrée dans « l’âge du sharpeï » mérite aussi qu’on visibilise l’envers du décor.
En pleine tournée belgo-française de son nouveau spectacle Femme de vie, l’artiste est aussi invitée outre-Atlantique, en Californie. Une première. Les prochains mois s’annoncent intenses. Le rythme est effréné, mais « maîtrisé », nuance l’artiste qui mesure sa chance d’être sa propre productrice et donc à la barre de son agenda.

« Je donnais cours le jour, jouais le soir, écrivais et corrigeais la nuit. C’était trop. C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai craqué » 

Concilier carrière artistique et vie de mère, une gageure ? « C’est plus confortable aujourd’hui qu’hier. Quand les enfants étaient petits, j’ai cumulé pendant quatre ans, vie de prof, de mère et de comédienne. Je donnais cours le jour, jouais le soir, écrivais et corrigeais la nuit. C’était trop. C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai craqué ».
Cette période de surmenage, Véronique Gallo s’en souvient avec précision. Comme cette fois où elle fait une crise d’angoisse dans sa voiture à l’idée de tout ce qui l’attendait. Le repas qu’il faut préparer. Le linge qu’il faut trier. Et ce papier qu’elle a oublié d’aller chercher. Les journées sont rythmées à coup de « Il faut » et « Je dois ». Les envies ? Ce sera pour plus tard, quand elle aura le temps.
Heureusement, Véronique Gallo parle ouvertement de ses difficultés et sait s’entourer. Une chance. Elle entame à cette période un travail psy. Elle rencontre aussi celui qui est devenu depuis son maître spirituel. Il lui apprend à dire non, à prendre du temps pour elle et l’initie à la médiation. Une routine qui fait désormais intégralement partie de sa vie et lui permet de s’ancrer dans l’ici et maintenant.
Cette leçon de vie, Véronique Gallo la partage dans son nouveau spectacle à partir de l’exemple de la maman lionne qui se nourrit en premier. En se faisant passer d’abord, elle protège mieux ses petits et engrange l’énergie pour aller chasser. « Cet exemple est aux antipodes de ce qu’on nous apprend en tant que maman. Or, si je suis bien avec moi, je suis bien avec les autres. C’est un grand secret que j’ai appris. Mais je sais que c’est le travail de toute une vie, rien n’est jamais acquis », conclut-elle l’œil malicieux.

Envie de voir Véronique Gallo sur scène ? Retrouvez les dates de sa tournée belgo-française ici

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