Société

2022 : la Ligue des familles en soutien des parentalités

Depuis quelques années, les crises se succèdent. Les subprimes en 2008, la formation du gouvernement fédéral en 2011, les attentats terroristes en 2016, le covid en 2020. Et l’année qui vient de s’écouler n’a pas été en reste.

Nous avions entamé l’année sous le signe d’un covid qui commençait à ralentir. Rappelons-nous qu’il y a un an, nous étions encore dans les masques, le télétravail obligatoire, la troisième dose de vaccination.
En conséquence, la Ligue des familles avait débuté 2022 avec des revendications covid : autotests gratuits dans les écoles et demande de prolongation du chômage temporaire pour cause de fermeture de classe ou de quarantaine d’enfant. Particulièrement active sur les effets de la crise sanitaire, la Ligue des familles a mis toute son énergie pour que les familles, les enfants et les jeunes reçoivent leur juste part de mesures.
C’est le moment que choisissait la Russie pour envahir l’Ukraine, plongeant l’Europe dans l’incertitude. L’économie, elle, vit le contrecoup des années crise sanitaire, entre pénuries et augmentation du prix des matières premières. La Belgique (et plus largement l’Europe et le monde) se voit entrainée dans une spirale inflationniste tirée par les prix de l’énergie.
D’où le constat livré par le Baromètre des parents 2022 de la Ligue des familles : les familles wallonnes et bruxelloises sont sous tension. Une tension à la fois financière, mais aussi constante sur le temps.

Soins de santé, contributions alimentaires et gratuité scolaire

Une tension financière donc, où nous observons des difficultés dans toutes les classes de revenus. Elles se matérialisent notamment par une augmentation du report de soin chez les enfants, mais aussi par une véritable explosion du défaut de paiement des contributions alimentaires. Une contribution alimentaire sur deux n’est pas payée du tout ou alors de manière irrégulière ! Les familles qui vivent la séparation sont plus à risque de pauvreté, le non-paiement des pensions alimentaires augmente encore ce risque. Ce sont (à l’écrasante majorité) des mamans qui se retrouvent dans l’impossibilité de payer leurs factures, mais aussi, par exemple, les frais scolaires.
Dans ce cadre, la Ligue des familles exerce aussi un plaidoyer intense, avec ses partenaires associatifs, afin de faire avancer la gratuité scolaire. Si la Ligue des familles ne peut pas résoudre la crise énergétique, elle peut réclamer une société dans laquelle l’éducation est un droit tellement fondamental qu’on considère qu’aucune entrave, y compris financière, ne peut en barrer la route. Et c’est une victoire sur ce point puisqu’à son budget 2023, la Fédération Wallonie-Bruxelles inscrit à son budget des montants complémentaires afin de garantir la gratuité de l’enseignement en 1re et 2e année primaire (encore partielle toutefois puisque les écoles pourront encore demander aux parents de payer des manuels et cahiers d’exercice). Elle décide aussi d’accorder une réduction complémentaire aux familles monoparentales et même la gratuité pour les plus démuni·es sur les tarifs des crèches.

Conciliation des temps

La pression est aussi sur le temps : 70 % des parents estiment qu’il est difficile de travailler à temps plein avec des enfants : la société nous pousse à travailler comme si nous n’avions pas d’enfants et à élever les enfants comme si on ne travaillait pas. Avec des injonctions contradictoires pareilles, le burnout parental n’est jamais loin !
Les parents ont plus que jamais besoin de politiques qui permettent la conciliation des temps professionnels et familiaux. Or, c’est le message contraire que le gouvernement fédéral envoie en diminuant la durée possible de crédit temps pour garde d’enfant et en en fermant l’accès à de nombreux parents (en contrats précaires ou travail à temps partiel).

Par ailleurs, bien qu’il soit plébiscité par les parents, le télétravail renforce la confusion des temps de travail économique et domestique. Tu es malade ? Télétravail ! Tes enfants sont malades ? Télétravail ! Tes enfants sont en congé ? Télétravail ! Mercredi après-midi ? Télétravail ! Et cela pour les 30 % des parents (souvent les plus aisés) qui ont accès au télétravail. Pour les autres, pas de télétravail et pas d’autres avancées sur les politiques de conciliation des temps.  

Mais encore…

Ce n’est pas tout. La Ligue des familles intente également un procès contre l’état Belge pour qu’il engage le nombre prévu de juges du tribunal de la famille. Ceci afin d’éviter une attente déraisonnable de deux ou trois ans pour obtenir des décisions de justice contraignantes.

Bref, dans cette grisaille, une seule constante pour les parents, l’assurance que la Ligue des familles se bat pour transformer la société autour des enjeux de toutes les familles.

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