Santé et bien-être

Aller chez le psy : faire tomber les barrières mentales et financières

Une fois le constat que son ado ne va pas bien, encore faut-il, pour les parents, trouver les ressources pour entamer la démarche de soins.

La barrière mentale

Comment obtenir l’adhésion du jeune lorsque la parent estime que consulter s’avère nécessaire ? « S’il y a une communication suffisamment bonne, le parent peut généraliser en expliquant que ça arrive à tout le monde d’avoir des périodes plus compliquées », suggère Fabienne Glowacz. C’est peut-être même l’occasion de dévoiler une de vos tranches de vie.

La question de la confidentialité est un autre sésame. Le fait de savoir qu’il peut venir déposer son vécu et investir un lieu tiers extérieur à la famille et à l’école est un outil puissant, souligne la psychologue. Dernier argument s’il en fallait encore un : la thérapie avec un·e psychologue est une rencontre, il faut qu’un « accordage » se fasse entre l’ado et le ou la psychologue. Laisser la porte ouverte sur la possibilité de changer de professionnel·le est une autre condition importante pour que l’ado se sente en confiance.
 

La barrière financière

Si Myriam et Jean-Michel semblent avoir trouvé l’équilibre dans la façon de gérer les signes dépressifs de leur ado, ce n’est pas facile tous les jours. « On est content d’être à deux pour se relayer, explique la maman. Les grands-parents sont aussi présents. Les voisins qui ont un enfant du même âge proposent également à Cyril de jouer avec lui ».

Ces ressources précieuses dans la balance parentale, tout le monde ne les a pas. Alors parfois, la charge devient trop lourde. Dans ces cas-là, l’aide psychologique peut aider, qu’elle soit pour l’ado ou pour le parent. Des aides ont été mises en place en 2021 pour rendre les consultations de première ligne ou spécialisées plus accessibles financièrement. Tout le monde a ainsi droit à huit séances à 11€ par an. Si vous avez moins de 23 ans, c’est dix séances. Et si vous êtes bénéficiaire de l’intervention majorée, c’est 4€ la séance. Et plus besoin de prescription du médecin généraliste.

EN PRATIQUE

Pour avoir accès à 8 séances psy à 11 €

Pour bénéficier de cet appui, il faut s’adresser à un·e psychologue clinicien·ne conventionné·e (ou à un·e orthopédagogue). C’est là que ça se complique un peu pour réunir les trois critères (psychologue - clinicien·ne - conventionné·e).

  •  Un·e psychologue : il faut déjà faire la différence entre psychologue et psychothérapeute. Les premiers ont un master et sont inscrits sur la liste des psychologues établie par la Commission des psychologues. Les seconds ont également suivi des formations, universitaires ou non pour exercer leur métier, mais le titre n’est aujourd’hui pas encadré par la réglementation belge pour recevoir un remboursement ou pour bénéficier de ces séances à 11€.
  • Clinicien·ne : ça ne veut pas dire qu’il/elle travaille dans une clinique (ça peut cependant être le cas), mais que vous pouvez les retrouver en cabinet en séance individuelle ou en groupe. Certain·e·s psychologues se déplacent dans l’environnement direct du patient ou de la patiente : à l’école, au travail au club de loisirs, par exemple. Et s’il est impossible pour le/la patient·e de se déplacer, des soins à domicile ou par vidéo peuvent aussi être envisagés.
  • Conventionné·e : pour trouver les professionnel·le·s qui font partie de cette catégorie, c’est clairement une galère, la faute à une mise en place récente et progressive. Première étape : rendez-vous sur inami.fgov.be, puis allez dans Thèmes > Soins de santé mentale : coût et remboursement. Cliquez sur le lien situé dans la partie « Les prestations de santé pour lesquelles l’assurance intervient ». Dans la partie de gauche, cliquez alors sur Soins de santé mentale > Vos soins psychologiques de 1re ligne ou spécialisés : remboursés via les réseaux de santé mentale. Tout en bas de cette page, vous trouverez des liens vers les réseaux de santé mentale pour enfants et ados ou pour adultes (on le répète ici : le parent peut lui aussi se faire aider s’il ne va pas bien). Il en existe neuf en Wallonie et à Bruxelles. Et sur chacun de ces sites se trouvent la liste des psychologues conventionné·e·s pour chaque réseau, chaque province.

Vous n’avez pas trouvé ? On vous facilite la tâche avec des liens directs vers la liste des psys conventionné·es par province : 

► Bruxelles : BRU-STARS 
► Brabant wallon : ARCHIPEL 
► Hainaut : RHESEAU 
► Namur : KIRIKOU 
► Liège : REALiSM 
► Luxembourg : MATILDA 

Attention, pour bénéficier de la première séance gratuite, puis payer seulement 11€ les séances suivantes, mettez-vous d’accord avant avec le ou la professionnel·le choisi·e. Tou·te·s les psys ne semblent pas au courant de cette convention et la mutuelle ne vous remboursera pas sur cette base.

D’autres ressources intéressantes sont à signaler : compsy.be ou burnoutparental.com/s-en-sortir (dans la partie « Contacter un professionnel », tout en bas de la page).

À LIRE AUSSI

La pédopsychiatrie, c’est aussi pour les tout-petits (et leurs parents)

Développement de l'enfant

La pédopsychiatrie, c’est aussi pour les tout-petits (et leurs parents)

Abonné
Petit·e ado, sors de ta coquille

Développement de l'enfant

Petit·e ado, sors de ta coquille

Abonné
Des équipes mobiles pour accompagner les jeunes en prise avec la justice

Développement de l'enfant

Des équipes mobiles pour accompagner les jeunes en prise avec la justice

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience. Par exemple, pour vous éviter de devoir indiquer à nouveau vos préférences lors de votre prochaine visite.
Cookies