Loisirs et culture

Alors c’est bien

Dans Alors c'est bien, Clémentine Mélois raconte son père, sa vie et son enterrement

Ce livre m’a aimantée de sa première à sa dernière page. D’entrée de jeu, Clémentine Mélois nous happe. Elle vient d’enterrer son père. Il lui reste encore un peu sur les mains de peinture bleue avec laquelle elle a peint son cercueil . À l’image du lapis lazuli qui pigmente ses phalanges, elle veut laisser une trace de ce qu’elle vient de vivre. Une fin de vie et un enterrement joyeux et lumineux, à l’instar de ce paternel qui l’était tout autant.

Dans ce livre hommage, l’autrice revient sur son enfance heureuse auprès de ce père fantasque. Un père sculpteur, toujours fourré dans son atelier à meuler du métal. Un artiste qui créait par passion ou par indignation, loin de la pression sociale. Un personnage de cette trempe ne pouvait pas se faire enterrer comme Monsieur Tout-le-monde. Il fallait de la couleur sur le cercueil, une dimension artistique, des étoffes chargées de souvenirs cousues par la femme de sa vie et d’autres clins d’œil gourmands ou faits de poésie. Les filles sont revenues dans la maison familiale pour organiser cette cérémonie grandiose et adresser un au revoir taillé sur mesure au sculpteur adoré.
Ce livre est une preuve que la fin de vie et la mort peuvent faire l’objet d’un récit lumineux et joyeux, il fait du bien et réconcilie avec ce passage tant redouté. On aurait presque envie d’être de la famille pour faire partie de la fête.

  • Alors c’est bien, Clémentine Mélois (Folio)