Loisirs et culture

Arco : des récompenses à foison et des arcs-en-ciel plein les yeux

Arco : des récompenses à foison et des arcs-en-ciel plein les yeux

C’était ce 27 février au Studio 4 de Flagey dans le cadre du Festival Anima. La projection d’Arco fait salle comble. Avant même que la lumière ne s’éteigne, l’enthousiasme est palpable : le film d’Ugo Bienvenu arrive auréolé d’un parcours impressionnant. 

Arco, c’est un train de récompenses qui roule à vive allure. Lauréat du Cristal du meilleur long métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy, salué au Festival de Cannes, doublement Césarisé pour le meilleur film d’animation et la meilleure musique originale, nomination aux Oscars 2026… Les attentes sont élevées, les applaudissements aussi pour cette œuvre produite par l'actrice Natalie Portman.

Arco
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Une rencontre entre deux mondes

L’histoire nous transporte en 2075. Iris, 10 ans, vit dans une maison-champignon ultra-technologique, entourée de parents holographiques absorbés par leur travail et de Mikki, leur « robot-nounou ». Un jour, un garçon tombe du ciel : Arco, venu de l’an 2932. Dans son monde, l’humanité a trouvé un équilibre harmonieux avec la nature. Grâce à sa cape arc-en-ciel, il voyage dans le temps jusqu’à ce passé proche, bien moins idyllique. Iris décide, donc, de l’aider à rentrer chez lui.
À travers cette amitié improbable qui se joue du temps, Arco aborde les dérèglements climatiques, la solitude des enfants dans un monde hyperconnecté, mais aussi la possibilité du changement. Le récit est engagé, porté par une esthétique rétro-futuriste et une musique signée Arnaud Toulon qui enveloppe le tout avec sensibilité. 

Ce qui marque

À la sortie de la salle, ce sont surtout les images et les personnages qui restent dans la mémoire des enfants. « C’était trop bien ! », s’exclame l’un d’eux. Iris est « super courageuse » et Arco, qu’ils appellent « le garçon arc-en-ciel », les fascine. Mikki, le robot qui se sacrifie pour sa famille, revient souvent dans les discussions. Les petit·es parlent des couleurs, surtout de la scène finale « avec tous les arcs-en-ciel ».
Un jeune spectateur avoue avoir trouvé le film un peu long. Il a moins de 9 ans. C’est vrai que la narration riche et les messages forts demandent une attention soutenue. L’indication 9 + prend ici tout son sens, présupposant une certaine maturité pour saisir toutes les nuances.

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Des parents entre espoir et inquiétude

Chez les adultes, le film suscite aussi des échanges nourris. Certains n’avaient pas d’attentes précises et se disent agréablement surpris. D’autres, au vu du palmarès, espéraient beaucoup et estiment que le film dépasse ce qu’ils imaginaient. Une maman confie avoir été un peu sceptique au milieu, s’attendant à un univers encore plus flamboyant, avant d’être rattrapée par l’émotion finale : « J’ai versé des petites larmes ». D'autres spectateurs ou spectatrices évoquent spontanément des parallèles avec l’univers de Hayao Miyazaki, d’autres pensent à E.T. pour la relation entre les deux enfants, deux comparaisons flatteuses qui témoignent de l’empreinte émotionnelle laissée par le film.
Le message écologique fait particulièrement écho. Incendies, tempêtes, dérèglements : le monde d’Iris en 2075 inquiète, mais le futur d’Arco, plus lointain, semble avoir su redresser la barre. « C’est un beau message pour les enfants : il y a moyen que ça change, mais il faut réagir », résume un papa. Entre peur pour le futur proche et espoir à long terme, le film cultive une forme d’optimisme.
Au-delà de ses récompenses, Arco réussit quelque chose de précieux : provoquer le dialogue sur l’écologie, sur la technologie, sur la famille. Un film qui ne se contente pas d’émerveiller par ses couleurs arc-en-ciel, mais qui invite petit·es et grand·es à réfléchir ensemble au monde qu’ils veulent construire.