Vie pratique
« Notre famille vit un tsunami émotionnel. Mon beau-fils nous a confié que son oncle l’avait attouché sexuellement. Quelles sont les démarches à mettre en place pour aider mon beau-fils, le protéger et le soutenir ainsi que les autres membres de la famille ? »
Céline
Le premier réflexe, certainement le plus compliqué, c’est d’accueillir sa parole sans paniquer pour ne pas lui ajouter votre charge émotionnelle. Après l’écoute, des mots simples comme « Je te crois », « Je suis là » sont précieux. La suite à donner sera très différente selon que l’incesteur vit ou non sous le même toit que l’incesté et selon le lien de parenté qui les unit.
Dans le cas présent, la mise en protection de l’enfant est plus simple.
En première intention, nous vous conseillons de vous rendre dans un Centre de prise en charge des violences sexuelles (CPVS). Il en existe dix en Belgique (Bruxelles, Lodelinsart, Chênée, Namur, Arlon, Edegem, Roulers, Gand, Genk, Louvain). Les CPVS sont accessibles gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ces centres offrent plusieurs types de soins (infirmiers, médicaux, psychologiques), dispensés par des équipes formées à la prise en charge de toute victime de violence sexuelle. Un suivi psychologique gratuit est aussi proposé pendant neuf mois pour les mineur·es.
« L’existence des CPVS constitue une grosse avancée. Avant, les victimes devaient se rendre à l’hôpital, puis à la police. Ici, elles disposent d’une prise en charge multidisciplinaire dans un seul et même lieu. Les professionnel·les sont formé·es à recevoir le récit de la victime et proposent aussi de collecter des preuves si elle ne souhaite pas porter plainte », explique Annick Faniel du Centre d’expertise et de ressource pour l’enfance (CERE).
Les équipes SOS Enfants sont des interlocutrices de choix. Elles sont habilitées à traiter toute situation de maltraitance envers les enfants et accompagnent les familles, y compris le membre incesteur. Elles sont au nombre de quinze en Fédération Wallonie-Bruxelles (Bruxelles et Saint-Luc, Genappe, Mouscron, Tournai, Charleroi, Mons, La Louvière, Liège, Montegnée, Huy, Verviers, Bertrix, Namur, Dinant).
Le dispositif de Tchat en ligne (maintenantjenparle.be) est disponible du lundi au vendredi de 18h à 21h. Il permet d’échanger en toute confidentialité avec des professionnel·les.
« Les chiffres montrent que ce sont très souvent les professionnel·les en contact avec l’enfant (enseignant·e, accueillant·e, éducateur, éducatrice…) qui observent ou sont celles et ceux auprès de qui l’enfant se confie », complète Annick Faniel. Le CERE propose d’ailleurs des formations à leur destination.
Porter plainte
Pousser la porte d’un commissariat de police pour signaler ou déposer une plainte est une démarche lourde.
Elle peut être évitée en passant par un CPVS qui collabore avec des agent·es formé·es qui viennent sur place. La Région de Bruxelles-Capitale a mis en place six cellules EVA (Emergency Victim Assistance - 0471/94 38 72) avec du personnel formé aux techniques d’audition sur mineurs (TAM) et un espace dédié à l’accueil des victimes de violence sexuelle.
+ D’INFOS
- Inceste : des mots pour terrasser le monstre silencieux, un dossier du Ligueur.
- Construire une place pour l’enfant victime au sein des CPVS, une nouvelle étude du CERE.
- Révélations. Comment réagir en cas de révélation de violences sexuelles en animation scolaire/EVRAS ?, un outil à destination des professionnel·les de l’enfance créé par la Fédération des centres pluralistes de planning familial.
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