Comment épargner pour vos enfants ?

Tous les parents souhaitent que leurs enfants réussissent dans la vie. Tous veulent le meilleur pour leur progéniture, sur les plans professionnel et privé. Mais on n’a rien sans rien, et un petit coup de pouce financier ne peut jamais faire de tort. Quoi de plus naturel, donc, que de mettre un peu d'argent de côté pour ses enfants ? Mais quelle est la meilleure épargne ? Le Ligueur a mené l’enquête.

Les Belges sont les champions de l’épargne. Pour preuve, les quelque 230 milliards d’euros qui s’accumulent sur les comptes d’épargne, selon les dernières statistiques de la Banque nationale de Belgique. Et si le Belge épargne en grande partie pour financer ses vieux jours, les enfants ne sont pas oubliés !

77 % des Belges épargnent pour leurs enfants !

D’après une enquête menée par la caisse d’allocations familiales Partena, 77 % des parents épargnent pour leurs enfants. Cette épargne sert en majorité à couvrir les futurs frais de scolarité des enfants. Le coût des études est le sujet qui inquiète le plus les parents. Ils épargnent également pour offrir à leurs enfants un bas de laine pour leur premier logement, payer leur permis de conduire et leur première voiture, pour financer un mariage ou un Erasmus à l’étranger.
« Ceci n’est pas un phénomène nouveau, déclare Claude Javeau, sociologue et professeur émérite de l’ULB. Au début du 20e siècle déjà, les parents épargnaient pour leurs enfants. Dès le moment où la classe ouvrière s’est trouvée dans une situation relativement stable, cette pratique est apparue. À l’époque, chaque lundi, les instituteurs remplissaient les livrets d’épargne des élèves. Les enfants apportaient deux, cinq ou dix francs, selon les moyens de leurs parents. Le capital constitué servait souvent à financer l’entrée en secondaire ou la communion solennelle. La Caisse d’épargne a aujourd’hui disparu, mais le principe existe toujours. Les comptes d’épargne ont simplement pris le relais. »
Les 23 % restants n’épargnent pas pour leurs enfants, non par choix, mais par manque de moyens. Ce sont principalement les parents isolés, les familles nombreuses et les familles recomposées qui éprouvent des difficultés à mettre de l’argent de côté, soulignent les auteurs de l’enquête. Pour les familles de plus de trois enfants, le taux de non-épargne pour les enfants grimpe même à 38 %.

Compte ouvert au nom de l’enfant : lisez bien les conditions !

L’une des solutions les plus simples pour épargner est d’ouvrir un compte épargne pour votre enfant. Certaines banques proposent des comptes « jeunes », mais pas toutes.
L'introduction des nouvelles règles relatives aux comptes d'épargne a en effet entraîné la disparition de nombreux comptes destinés aux jeunes. Mais cela n’a que peu d’importance puisque les différences entre les comptes d’épargne classiques et les comptes jeunes étaient, dans la plupart des cas, symboliques. Si vous cherchez le meilleur taux pour l’épargne de votre enfant, vous avez donc intérêt à comparer l’offre globale. Les comptes internet et les comptes fidélité figurent en tête du peloton. Vous pouvez ouvrir ce compte à votre nom ou au nom de votre enfant. Chacun de ces cas présente des avantages et des inconvénients.
Dans le cas d’un compte ouvert au nom de votre enfant, l'argent que l'on placera sur ce compte deviendra intégralement sa propriété. Beaucoup de parents qui commencent ce genre d'épargne pensent que cela reste leur argent et qu'en cas de coup dur ou d'imprévu, par exemple, ils pourront le récupérer. Ce n'est absolument pas le cas !
Les parents peuvent retirer de l’argent du compte, uniquement si c’est « dans l’intérêt de l’enfant ». Vous pourrez, par exemple, lui acheter un ordinateur dont il a besoin pour l'école en utilisant l'argent de son compte d'épargne. Par contre, pas question de tout transférer sur votre propre compte sans l'accord du juge et sans motif légitime. Impossible, donc, de payer la nouvelle cuisine...
Par ailleurs, l’enfant pourra jouir librement de son capital à ses 18 ans. S'il n'est pas encore mature à cet âge et qu'il décide de le dilapider en choses futiles, pas moyen de s'y opposer.
Le CRIOC rappelle donc qu'il faut rester prudent dans le choix de la formule d'épargne destinée aux enfants. Il peut parfois être opportun d'épargner pour eux, mais sans toutefois l'officialiser, sur un compte bien distinct, mais en laissant tout à son propre nom. On pourra ainsi déterminer quand et dans quelle mesure l'enfant aura accès à son épargne.

Plans d’épargne : des avantages à long terme

Les parents qui cherchent des alternatives au compte d’épargne se voient souvent proposer des plans d’épargne mis au point par les banques. Un tel plan consiste souvent en une assurance-vie (branche 21 à capital et rendement garantis) prise par le parent avec l'enfant comme bénéficiaire. L'enfant reçoit ainsi le montant épargné à l'échéance convenue, par exemple son 20e anniversaire.
Par rapport à la formule du compte d'épargne ouvert au nom de l'enfant, cette formule présente plusieurs avantages. Ainsi, le rendement est supérieur à celui d'un simple compte d'épargne. De plus, l'enfant reçoit les fonds au moment convenu et pas automatiquement au 18e anniversaire.
Les plans d’épargne présentent par contre l'inconvénient majeur du manque de souplesse. Il faut en effet payer des primes périodiques (mensuelles ou annuelles) convenues contractuellement. Ensuite, il est plus compliqué de récupérer ses fonds avant le terme convenu : les banques comptabilisent en effet des frais qui peuvent être assez conséquents en cas de sortie anticipée. Cette épargne n'est donc envisageable que dans une perspective à long terme.

Comptes-titres : attention aux droits de donation

La troisième possibilité qui s’offre à vous est de constituer une épargne par le biais d'un compte-titre que vous gardez à votre nom et que vous transmettez par donation à l'enfant au moment choisi. Vous pouvez alors définir les montants investis, à votre rythme et transmettre le tout à votre enfant au moment choisi. Vous gardez la pleine propriété des placements et vous êtes toujours libre de revenir sur votre investissement si un besoin d'argent se fait sentir. Toutefois, en contrepartie d'un rendement qui peut être plus intéressant, le risque est susceptible d'être plus élevé.
Un autre inconvénient des comptes-titres a trait à la fiscalité : au moment du transfert de propriété à votre enfant, vous devrez payer des droits de donation. Pour pallier ce désavantage fiscal tout en obtenant un rendement plus élevé qu'un simple compte d'épargne, on peut également opter pour une formule hybride, combinant un compte d'épargne au nom de l'enfant et des placements. Le but est alors de transférer le produit de placements sur le compte d'épargne de l'enfant. Cette étape peut même dans certains cas avoir lieu automatiquement.
Par exemple, Belfius offre, via le compte Astera Junior, la possibilité de verser des montants périodiques sur un compte ouvert au nom de l'enfant. Une fois que le montant en compte atteint une certaine tranche, il est investi automatiquement dans un bon de caisse et ainsi de suite pour chaque tranche atteinte. Le principal désavantage est le même que celui du compte d'épargne classique au nom de l'enfant, à savoir qu'il deviendra pleinement propriétaire des fonds épargnés à 18 ans et qu'il en fera absolument ce qu'il veut.

Pas de solution idéale

On l'aura compris, il n'existe pas de solution idéale d'épargne pour ses enfants. Le choix peut dépendre de plusieurs facteurs, comme le modèle d'éducation choisi, la situation financière des parents, la plus ou moins grande aversion au risque, etc.



Gaëlle Hoogsteyn

Des parents en parlent

Gauthier, papa d’Elisa, 12 ans, et de Nathan, 3 ans

« Je verse 50 euros par mois à chacun de mes enfants sur un compte bloqué jusqu'à leurs 18 ans. Elisa reçoit également 20 euros d'argent de poche par mois. Elle dépense bien sûr une partie de cette somme pour des petites choses, mais nous essayons de lui faire prendre conscience qu'une partie de cet argent doit être déposée sur son compte épargne afin qu'elle puisse, lorsqu'elle le désire, faire de plus grandes dépenses (GSM, écouteurs, iPod...). »

Cécile, maman de Ludovic, 9 ans, Emmeran, 7 ans, et Benjamin, 4 ans

« Je ne verse pas d'argent chaque mois sur un compte. Mes enfants ont chacun un compte d'épargne, mais qui est alimenté par les étrennes des grands-parents, parrains et marraines. Ils reçoivent de temps en temps quelques euros quand ils nous aident ou lorsqu'ils ont un beau bulletin. Chacun d'eux gère sa tirelire, pour s'acheter l'une ou l'autre babiole. Nous pensons, mon mari et moi, qu'il sera encore temps de leur faire un très beau cadeau quand ils voleront de leurs propres ailes, lorsqu'ils quitteront le nid familial. Nous connaissons plusieurs personnes dont l'adolescent a ‘claqué’ tout ce qu'il y avait sur son compte d'épargne en quelques semaines à l'âge de 18 ans. Nous ne voulons pas nous trouver confrontés à la même situation ! Nous souhaitons décider nous-mêmes du moment où nos enfants recevront une certaine somme d'argent. »

Zoom

LES NOUVELLES FAMILLES ET LEUR BANQUE

Petite maison, jardinets, marmots... aujourd’hui, ce n'est plus si simple. Les familles monoparentales, les célibataires, les familles adoptives et les familles recomposées n'ont depuis longtemps plus rien d'exceptionnel. La famille dite classique a beau rester la forme dominante de vie commune, les structures familiales alternatives gagnent en importance.
D’après une enquête menée en 2011 par Knack et Le Vif L’Express auprès de 6 357 personnes :

  • En Belgique, on dénombre actuellement environ 1,5 million de célibataires.
  • 8 % des familles sont des familles monoparentales où le père s'occupe des enfants.
  • 17 % des familles sont des familles monoparentales où la mère a charge de famille.
  • 15 % des familles sont des familles recomposées.
  • Plus de 1 enfant sur 10 grandit dans une famille recomposée

Quel impact tout cela a-t-il sur les finances ? Réussit-on à vivre confortablement ? Trouve-t-on sa place sur le marché immobilier ? Qui paie les factures ? De plus en plus de gens ont d'autres besoins financiers, inhérents à leur situation familiale ?
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