Loisirs et culture

Décapante a-mère-tume

Un livre à la conception originale autour de la maternité, de la naissance et de l'après

« Wow ! ». Voilà en substance ce que la lecture d’Amère (Delcourt) a laissé comme impression, une fois la dernière page tournée. C’est cash, voire parfois trash. Aussi intense que remuant. Bien loin donc de ce qui se fait généralement lorsque le thème abordé est… la maternité.
Après Flipette & Vénère, qui mettait en scène deux sœurs dans la vingtaine à la recherche de sens dans le monde actuel, Lucrèce Andreae fait le choix de l’autofiction en se représentant sous les traits de Garance. Le récit se construit sous une forme assez inhabituelle, avec des textes très présents autour de dessins aux feutres Posca qui évoluent en fonction des émotions de Garance. Dans cette sorte de journal de bord, tout débute sur un instantané : un boulot qui roule, des finances correctes et une relation de dix ans avec Nathan, son compagnon. Soit, peut-être, le bon moment pour faire un bébé. Ancienne animatrice en centres de loisirs, ex-baby-sitter, Garance « surkiffe les gosses ». Le futur papa est prêt depuis longtemps, les copines soutiennent… Puis, très vite, le beau tableau idéalisé prend du plomb dans l’aile et bascule dans le chaos.
Lucrèce Andreae dévoile une réalité loin, très loin, des belles images qui peuvent être parfois véhiculées. Si l’autrice ne cache pas qu’elle a vécu ces moments de manière assez extrême, cette version non édulcorée est une super lecture. D’une part pour celles qui envisagent d’avoir un enfant, parce que, pris avec le recul nécessaire, Amère est une vraie source d’informations. D’autre part - et peut-être surtout -, pour les futurs papas, pour mieux comprendre la somme de bouleversements rencontrés par leur compagne et ainsi mieux l’accompagner au jour le jour.