Loisirs et culture
Il y a cet ado en quête d’une vraie famille avec une généalogie bien comme il faut, qui veut échapper à sa filiation d’origine, trop mauvaise à son goût. Il y a cet autre ado en détresse : sa mère prétend s’être faite toute seule et attend la même attitude de ses enfants. Il y a ces femmes et ces hommes confronté·es à l’inceste, à la maltraitance ou à la négligence grave.
Voilà autant de vécus douloureux auxquels s’attache Isabelle Duret, psychothérapeute et professeure de psychopathologie à l’ULB, dans La peur de transmettre. Filiation et traumatisme (érès). Sa réflexion, basée sur sa pratique, est passionnante.
Si, aujourd’hui, des adultes et des jeunes sont déterminé·es à en finir avec leur passé, et donc à ne pas transmettre ou à ne pas hériter, c’est que, souvent, ce passé est trop lourd et honteux pour elles, pour eux. « Fuir ses origines, rompre avec elles peut donner une illusion d’indépendance, de succès, de liberté. Cela va conduire certains de nos patients à la solitude, à une impasse, voire à un enchaînement parfois dramatique au passé », écrit Isabelle Duret.
L’autrice s’intéresse à la notion de transmission entre les générations : celle-ci se fait des parents à leurs enfants, mais aussi des enfants à leurs parents. Elle explore le lien de filiation : il est établi biologiquement, légalement, mais il est aussi (surtout ?) une « construction psychique », affective. Elle explique comment elle accompagne ses patient·es et comment elles et eux font preuve de résilience.
Parmi les messages forts délivrés, celui-ci : « L’important n’est pas ce que le passé a fait de nous, mais ce que nous-mêmes faisons aujourd’hui de ce que le passé a fait de nous ».
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