Loisirs et culture

Et vous, avez-vous un bon job ?

Après s’être attaquées au gaspillage alimentaire, les sœurs Nurtantio et leur mère Marie-Louise Bruyère se sont penchées sur nos vies professionnelles. Leur objectif ? Nous aider à atteindre des résultats satisfaisants sans nous surmener.

Passer d’astuces zéro gaspi à des conseils professionnels, comment expliquez-vous ce grand écart ?
Gwenny Nurtantio :
« Après le gaspillage de nourriture, on est passées au gaspillage d'énergie, ça nous semblait naturel. La vision de notre asbl, c'est d'aider les citoyens et les entreprises à se créer un quotidien sain, durable et épanouissant. C’est une démarche holistique, avec cette envie de donner des outils hyper pratiques pour pouvoir explorer, améliorer et optimiser son quotidien, sous différentes facettes. Comme j'ai changé une douzaine de fois de job, j'avais plein d'anecdotes et je me suis dit que c'était vraiment l'occasion d’en faire un livre, un guide de survie en entreprise que j'aurais aimé avoir avant de commencer à travailler. »

Vous évoquez en effet de nombreuses expériences personnelles…
Yoneko Nurtantio :
« On voulait parler au lecteur, lui montrer que la question s’était posée pour nous et qu’on pouvait y apporter des réponses. On partage une réflexion. Pour le moment, il y a beaucoup de burn-out. D’accord. Mais concrètement, que fait-on ? Nous sommes parties de nos expériences, puis nous les avons structurées en partant des quatre cadrans sur lesquels on peut agir : moi-même, moi et les autres, le livrable et le temps. Les quatre dimensions importantes à prendre en considération pour une vie professionnelle épanouie. Au-delà d’une liste de trucs et astuces pour savoir comment gérer sa boîte mail, on se questionne plus fondamentalement : comment cela se fait que j’aie autant de mails et comment faire pour en recevoir moins ? Si on regarde le rapport à l’autre, à l’interaction, c’est remettre un peu de douceur, ou en tous les cas une forme d’équilibre, dans ces échanges. »

Parmi les 25 solutions que vous proposez, quelle a été, pour vous, la plus efficace ?
G. N. :
« La méthode ikigaï qui permet de répondre à la question la plus importante selon moi : c’est quoi une chouette vie ? On a coutume de dire qu’un bon entrepreneur prend du temps pour les questions importantes et très peu pour les futiles. J’ai pris ce temps pour être alignée à mon enfant intérieur et j’ai fait un nouveau choix de carrière : j’ai changé de job, je suis devenue entrepreneuse sociale. Le but de ce livre n’est pas que tout le monde devienne entrepreneur, mais de donner des pistes pour ajouter quelques heures dans sa semaine qui soient liées à son ikigaï, à sa passion. Il y a donc un travail de décisions à faire : se demander quelles sont ses priorités. »
Y. N. : « Pour ma part, c’est sur la question de l’humour. Il y a cette citation : ‘Entre deux philosophes également compétents, il faut toujours choisir celui qui rit de préférence à celui qui est sévère. L'un est dans le bon’. Cela me semble important de remettre cette joie dans nos quotidiens. Mais aussi de pouvoir passer du temps à s’ennuyer. Mettre de la place pour du vide, de la place pour un temps d’introspection. Ça m’a beaucoup aidée. Comme la question ‘Pourquoi je procrastine ?’ qui m’a aidée à réfléchir aux ressorts psychologiques derrière mes attitudes. »

Quel conseil donneriez-vous aux parents débordés ?
G. N. :
« On y consacre tout un chapitre sur la routine miracle ! Car, lorsqu’on donne des conférences sur le gaspillage ou la gestion du temps, les mamans prennent souvent la parole pour évoquer leur culpabilité et leur charge mentale liées à l’écologie et aux injonctions au bonheur. Pour l’alléger, le premier pas est de s’interroger sur ses valeurs principales en se demandant ce qui nous énerve le plus : l’étiquette sur le kiwi au magasin ou le fait de prendre l’avion ? L’idée est de trouver l’équilibre entre le micro et le macro et de trouver le méso, le milieu. Savoir ce qui me tient à cœur. En connaissant ses priorités, on va trouver plus de satisfactions. Après avoir sécurisé ses routines bien-être, on pourra passer plus facilement à la suite. C’est la méthode des petits pas ».
Y. N. : « Et donc se demander ‘Qu’est-ce que c’est un bon job ?’. Un job qui me laisse suffisamment de ressources pour un temps qui n’est pas du travail ? Ai-je assez de temps, de ressources financières pour profiter de la vie ? Quelle version de moi je donne à ma famille ? Suis-je épuisé·e et au bout du rouleau ? Il s’agit, ici, de regarder la réalité de son job par rapport à cette dimension-là. J’aime la citation de Warren Buffet qui dit que les personnes qui réussissent sont des personnes qui disent non à presque tout. L’idée est de refuser, même un barbecue entre amis ou un cinéma, sauf si j’en ai vraiment envie et si j’en ai le temps. »

Vous utilisez beaucoup de citations, laquelle est votre préférée ?
G .N. :
« La chose la plus difficile est de n'attribuer aucune importance aux choses qui n'ont aucune importance, de Charles de Gaulle ».
Y. N. : « C’est le travail que nous négligeons de faire qui nous fatigue, pas celui que nous faisons, de Marie Von Ebner-Eschenbach. »

Quel est le retour le plus surprenant que vous ayez eu ?
G. N. :
« Un lecteur nous signalait qu’il venait de supprimer 23 000 mails ! Ça m’a rendue fière. Là, j’ai senti que j’avais fait quelque chose pour la planète et l’humanité. »

À LIRE

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