Loisirs et culture

Imaginer et grandir

LE LIGUEUR EN SCÈNE

« Au théâtre, on peut parler de tout ! Mais, jamais, un enfant ne doit sortir désespéré d’un spectacle ». Nous avons repensé aux mots de l’autrice québécoise Suzanne Lebeau au fil de la 35e édition des Rencontres de Théâtre Jeune Public. Ce rendez-vous professionnel permet, chaque été, à Huy, de découvrir les nouvelles créations. La présente édition comptait 44 propositions très diversifiées tant au niveau des âges visés que des thématiques, des formes et des langages artistiques.

Neuf jours riches et denses où tous les sujets, ou presque, s’y sont vus brassés. Quel formidable lieu que la scène pour parler du monde, de ce qui l’habite, s’y pense, s’y vit, s’y réfléchit et s’y éprouve ! La scène pour s’emparer des questions qui jalonnent la société d’aujourd’hui, qui l’habitaient déjà hier parfois, ses problématiques, ses évolutions... Parmi ces dernières, figure la question du genre. Abordée avec maestria dans « NORMAN c’est comme normal, à une lettre près » de la Kosmocompany (photo ci-dessus).
« Le rose, c’est la couleur des âmes perdues mon poussin ! », dit sa mère à Norman, « ce garçon qui oublie d’en être un » et qui choisit de se rendre à l’école en jupe couleur Barbara Cartland. Une pièce comme une ode à la liberté, aux ingrédients bien ciselés : l’écriture, le jeu, la danse, le visuel… Tout est juste, de bout en bout. Les standing ovations (phénomène assez rare aux Rencontres !) en disaient long sur l’effet de ce fougueux opus. Un spectacle lumineux dont l’enfant sort dans l’exacte recommandation de l’artiste québécoise : gonflé d’espoir et muni de l’autorisation d’être soi.
Cette invitation à être soi et, plus largement, à prendre sa place revient en filigrane de la plupart des créations. Se permettre sa propre musique, poursuivre ses rêves, dépasser ses peurs, oser sa poésie, entretenir sa fantaisie, prendre sa place quand, a priori, rien ne vous y invite, tisser les liens propices à cette authenticité, l’appel au soin, au respect… Impossible de citer, ici, toutes les propositions. Nous y reviendrons cependant !
Lors de la clôture des Rencontres, l’artiste Éléonore Valère-Lachky rappelait que « Les enfants sont le public le plus honnête ». Et probablement le plus sensible, le plus ouvert, le plus curieux. D’où l’intérêt de cultiver tous ses atouts précieux, de lui permettre d’aiguiser les ressorts de son imagination pour cheminer ; de l’accompagner au cœur de la complexité et de l’inconnu de l’existence, sachant que, comme dit dans un spectacle, « La vie, c’est comme un saut à l’élastique sauf que ça dure très longtemps ».

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