Santé et bien-être

L'alimentation de vos enfants : 12 ans et +

Les ados et l'alimentation, le plein de contradictions

Max et Lily n’ont pas l’air d’avoir été séduits par les fumets que leurs parents ont pris la peine de faire circuler dans la grande maison. Ados, ils ne jurent que par les dürums et autres types de malbouffe. Vous aussi, on vous avait dit de le faire participer à la préparation du repas pour lui faire aimer les légumes. L’odeur qui lui parvenait au nez devait sensibiliser sa langue et ses papilles gustatives ! Aujourd’hui, si vous le laissiez faire, il ne mangerait plus que des lasagnes. Vous voilà découragé…

Américain préparé : pas pour le pique-nique

Votre enfant vient d’entrer en secondaire. Un petit parmi les grands. Peut-être est-ce pour cela que vous vous préoccupez encore de son pique-nique et que vous lui préparez avec amour ce qu’il préfère par-dessus tout : des sandwichs à l’américain préparé. Hélas, le laboratoire intercommunal de Bruxelles a réalisé, il y a quelques années, des mesures sur les tartines à l’américain emportées par les gosses pour le repas du midi et qui révélaient la présence de quantité de bactéries. Un pique-nique à l’américain qui traîne plus de deux heures hors du frigo est une véritable source de gastroentérite. À proscrire, donc !

Du pain contre les bourrelets 

Au fil de leurs consultations, des nutritionnistes ont constaté que l’enfant ou l’ado qui ne mange pas assez de pain a davantage envie de sucreries. Alors, encouragez votre jeune fille, qui a particulièrement peur de perdre la ligne, à manger davantage de tartines, à se concocter un goûter si cette halte prend sa place dans son agenda chargé. Mieux vaut choisir du pain gris, riche en fibres alimentaires (le car-wash de notre organisme !) au pain blanc.

L’enfant ou l’ado qui ne mange pas assez de pain a davantage envie de sucreries

Oui, mais Lily…

… fait très attention à ne pas grossir. Certains jours, elle va jusqu’à enfourner des aliments dans ses poches lorsque ses parents l’obligent à manger. Aujourd’hui, beaucoup de filles souffrent d’anorexie mentale (très rare, par contre, chez les garçons !). La meilleure chose à faire, surtout si elle est maigre ? L’encourager vivement à aller chez un nutritionniste pour contrôler son poids et l’aider à garder la ligne. Le spécialiste lui montrera sans doute qu’il est inutile de compter le nombre de calories par aliment. Par contre, il lui expliquera l’importance de calculer la quantité en acides gras oméga 3, la quantité de fer, de zinc, de cuivre, le rapport entre les protéines…

L’eau, ça ne rouille pas 

Bizarre ! Il rêve d’avoir des tablettes de chocolat à la place des muscles. Elle rêve d’avoir une thigh gap. Mais ils avalent à grosses doses des sodas. Light, bien sûr, surtout pour elle. Or, le soda light, par son goût sucré, incite à ne boire… que du sucré plutôt que de l’eau. Goût sucré donné par l’aspartam, un édulcorant dont la dose journalière admise sans risque pour la santé est de 500 ml. Parions que nos ados, filles comme garçons, dépassent allègrement cette quantité ! Mieux vaut donc leur rappeler que l’eau existe et ne rouille pas l’organisme.

L’eau, toujours !

Le volume d’eau à boire à l’âge de l’adolescence est de 1 500 ml pour les filles et 1 875 ml pour les garçons. 500 ml de lait sont indispensables pour assurer un apport en calcium suffisant et indispensable au pic de croissance caractéristique de l’adolescence. Un grand bol de potage de 250-300 ml est nécessaire au bon équilibre alimentaire, il reste donc 700-750 ml pour les filles et environ 1 100 ml pour les garçons. Nous pouvons donc proposer à nos jeunes huit prises de 100 à 150 ml par jour : petit déjeuner (7h), 10h, dîner (12h30), après-midi (14h), goûter (16h), après l’école (18h), souper (19h30) et soirée (21h). La seule boisson utile pour ces huit prises est l’eau ou éventuellement la tisane.

Le volume d’eau à boire à l’âge de l’adolescence est de 1 500 ml pour les filles et 1 875 ml pour les garçons

Dormir tard = déséquilibre alimentaire

Accroché jusqu’au milieu de la nuit à son écran (ou ses écrans !), l’ado manque généralement de sommeil, d’où son manque d’appétit au petit matin. Conséquence : il escamote le petit déjeuner. On ne s’en rend pas compte, mais dormir tard déséquilibre le schéma alimentaire. Des chercheurs de l’hôpital Érasme à Bruxelles ont pu démontrer qu’après six jours de moins de six heures de sommeil chez l’adulte, on observe déjà une modification de la sécrétion de deux hormones, la leptine (qui nous indique quand on a assez mangé) et la ghréline (qui stimule notre envie de manger). À la fin des six jours, les adultes observés ont plus de ghréline et moins de leptine. Cette étude a été aussi réalisée sur des enfants qui, comme pour les adultes, ont normalement faim s’ils ont eu leurs heures de sommeil et ont une forte envie de grignoter quelque chose s’ils en manquent, histoire de se remettre en route.

EN PRATIQUE

Stop aux fantaisies alimentaires

On le sait, l’impact du sommeil sur l’obésité est réel. Mais comment changer le mode de vie de nos ados scotchés à toute heure aux écrans ? Il y a une règle à laquelle il faudrait faire adhérer toute la tribu : celle de partager le souper tous ensemble… télévision éteinte. Un temps pas perdu pour l’ado qui apprend ainsi le « vivre ensemble » et le « bien manger ». Cette règle implique aussi que les repas soient pris à un rythme régulier et à heure fixe, même si tous les membres de la famille n’ont pas faim en même temps.

Il y a sucre et sucres

Les termes « sucre » et « sucres » ne signifient pas la même chose. Le premier signifie le saccharose, aussi appelé sucre blanc ou sucre de table. Le second désigne tous les sucres au sens large comme le fructose, le sirop de glucose-fructose, le lactose… C’est sous cette appellation que la quantité de sucres des produits est indiquée sur l’étiquette.

Végétarien ?

C’est nouveau, votre ado se pique d’être végétarien ! Comment lui faire avaler les protéines, fer, vitamines B12 et zinc que l’on trouve habituellement dans la viande ?  En lui donnant tantôt un jaune d’œuf, tantôt du poisson, du fromage, etc. Un conseil : faites-vous aider auprès d’un nutritionniste pour arriver progressivement à compenser ce que la viande ne lui apportera plus.