Vie pratique

La petite reine dans l'arène

Équipement, pluie, vol, sécurité, code de la route, solo et à vélo... on vous en dit plus

Vous voilà convaincu·es ? Génial. Inciter à rouler, c’est bien beau, mais les besoins en équipements ne sont pas les mêmes d’une famille à l’autre. Voyons donc qui a besoin de quoi avant de se jeter dans l’arène de la mobilité.

« Je veux m’y mettre, mais je ne sais même pas ce qui est obligatoire en matière d’équipements »

Le vélo ? La liberté. On ne peut pas dire que les obligations étranglent les cyclistes. Le casque, par exemple ? Facultatif. Même pour les enfants. Il fait tout de même de plus en plus d’adeptes, puisque 55 % des cyclistes l’arborent fièrement. On vous y encourage fortement.
Le fameux gilet jaune est facultatif aussi. Là encore, si aucune étude ne prouve qu’il renforce la sécurité, les spécialistes estiment que plus on est visibles, moins on se met en danger.
Les obligations se trouvent du côté des normes techniques. Soit sonnette, bons freins à l'avant et à l'arrière. Sur les vélos pour enfant, un seul frein suffit. Sont exigées la lumière blanche ou jaune à l'avant et une lumière rouge à l'arrière de nuit. Mais aussi un catadioptre blanc à l'avant et un catadioptre rouge à l'arrière, sur les pédales, sur les rayons des roues. On ajoute que pour les cargos, une lumière sur le hayon avant n’est pas un luxe. Visibles, on a dit.

« L’ennemi du ou de la cycliste, c’est la pluie. Comment on fait avec les enfants ? »

C’est un bon vieux débat des cyclistes. L’ennemi, est-ce le froid, le vent ou la pluie ? On ne répondra pas à la question en quelques lignes. Ici, on vous propose quelques pistes de solution pour faire la nique à la pluie.
Si vous optez pour un backfiets, pas de problème pour les enfants, ils sont équipés d’une protection contre les gouttes virulentes du pays. S’ils sont à l’arrière, on vous conseille d’opter pour les ponchos de pluie qui les recouvrent intégralement du cou jusqu’aux pieds. Idem pour le pilote du vaisseau, vous, parents.
Emportez toujours avec vous K-Way ou poncho le plus respirant possible. Le Gore-tex est la star des matières respirantes, d’où son prix à plusieurs chiffres. Autre atout, le pantalon imperméable, peu stylé, mais diablement utile. On ne peut que vous conseiller les modèles qui recouvrent les chaussures, l’assurance d’un trajet quasi sec. On insiste lourdement sur le « quasi ». Pour couper court aux débats : froid, pluie et vent, ça fait évidemment partie des plaisirs cyclos. Au quotidien, c’est le confort qui prime.

« Super idée de se déplacer à vélo, encore faut-il pouvoir le conserver. Dans les villes, ils se vont voler en moins de temps qu’il en faut pour le dire »

On l’a vu dans les pages précédentes, la hantise du cycliste, c’est bien sûr de voir disparaître son bien. Les cargos tant prisés par les parents sont la cible principale des voleurs. Des disparitions ont lieu chaque jour, aux abords des écoles ou au pied des immeubles.
Premier mot d’ordre : on fait toujours attention et on pense toujours au pire. La course rapide avec le vélo pas attaché ? Mauvaise idée. Le principe pour éviter le vol, c’est de faire perdre du temps aux malfaiteurs. Tous les cadenas sont faillibles, mais on peut multiplier les protections. Utiliser deux cadenas de type différent, un grand U et un cadenas en kevlar par exemple, va demander aux cambrioleurs des outils différents et va donc les dissuader de s’attaquer à votre destrier.
Autre recommandation, celle de toujours immatriculer son vélo. Pro Velo recommande de faire graver son numéro de registre national sur le cadre de son vélo. Côté assurance, il existe une petite dizaine de compagnies qui proposent différents services (vol / prime / couverture en cas d’accident). N’hésitez pas à les comparer. Un·e cyclise averti·e en vaut deux.

En vélo, en ville, en famille
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« Je suis nul côté règle de sécurité pour les enfants, est-ce que vous pouvez les rappeler ? »

Se déplacer à vélo dans un environnement motorisé, c’est se mettre en situation de vulnérabilité. Vous pourrez vous barder de protections ou d’équipements, le gros engin motorisé reste plus fort que le vélo. David contre Goliath version mobile. On vous invite d’ailleurs à visionner quelques crash tests de vélos et cargos pour voir quels sont les points à renforcer sur votre monture. L’occasion de mesurer l’importance d’un bon équipement.
Les enfants doivent être installés avec un maximum de protection. Ne les mettez pas sur votre porte-bagage sans dispositif, par exemple. Assurez-vous que les plus petit·es aient les jambes bien attachées et qu’elles ne vont pas se prendre dans les roues. Pour les sièges, optez pour des marques fiables. On connaît et on adore les sièges Hamax ou encore Yepp. De récentes études comparatives viennent de les réélire comme les plus fiables niveau sécurité. Vous pouvez même vous les procurer en seconde main à condition que l’état soit irréprochable.
Petit rappel : siège pour enfant (environ 5 ans) jusque 22 kg. Puis vous passez au siège junior jusque 35 kg. Pour les backfiets, installez correctement vos enfants et pensez à toujours les attacher avec les ceintures prévues à cet effet. Si aucun dispositif n’est prévu, il existe des modules qui permettent de pallier les manques.

« Les cyclistes sont jetés comme ça sur les routes. Il n’existe aucun document officiel pour définir les bons usages dans la circulation »

Le code de la route pour les cyclistes, rarement respecté, est pourtant très précis. Mais vous êtes nombreuses et nombreux à vous poser des questions sur les usages. Est-ce que l’on roule sur les trottoirs ? Quand est-ce qu’on peut brûler des feux rouges ? Est-ce que la piste cyclable est obligatoire ? Est-ce que l’on peut doubler par la droite ? Le cycliste a aussi des devoirs. Notamment celui de bien s’informer sur les usages de la petite reine.
Ce fameux code de la route n’est pas facile à trouver, il est toutefois important d’en prendre connaissance, d’autant que les règles de la route changent régulièrement. Attention aux faux amis. Plein de sites commerciaux, célèbres pour exploiter des cyclistes dans un contexte très nouveau monde économique, distillent de fausses informations. Le code de la route des cyclistes reconnus par les autorités publiques est donc consultable sur gracq.org.
En plus de répondre à toutes vos questions, il va vous permettre de rouler avec plus d’assurance. Ne l’oublions jamais, monter sur un vélo, c’est aussi un acte militant. Cela revient à peser pour une politique de mobilité. Ce qui veut dire concrètement : trouver des endroits assurés pour stationner. Pouvoir rouler en toute sécurité dans des espaces cyclables. Multiplier les lieux et services pour réparer ou mettre à jour sa monture. En un mot : rendre sa commune plus vivable aux usagers et usagères de la mobilité douce. Un cercle vertueux, favorable à tou·tes.

« Est-ce que c’est possible de partir seule faire du cyclotourisme en tant que maman solo avec mes enfants ? »

On referme ce dossier avec des idées d’évasion dans les pages qui suivent. Mais avant cela, Sandrine Beaufaux, maman de Léa, aujourd’hui âgée de 10 ans, nous explique comment elle est partie d’abord seule, puis avec sa fille depuis qu’elle a 1 an.
« J’ai commencé par de petites balades à vélo, juste une journée, à partir de 4 mois parce que le pédiatre m’avait déconseillé de la mettre dans une charrette avant cet âge-là. Au début, je voyageais avec un ’Croozer’, une remorque à vélo dans laquelle il est possible d’installer un petit hamac. Puis, ça a été le Croozer avec le siège. Puis, on a retiré le Croozer. Puis, on a remplacé le tout par le ‘follow-me’ qui donne la possibilité d’attacher la roue avant du vélo de l’enfant à l’arrière de son propre vélo. Et finalement, plus rien du tout ! Elle a son propre vélo. C’est vraiment chouette car le follow-me était lourd à tirer sans aide électrique ».
Sandrine conseille de commencer par de petites distances avec la possibilité d’adapter le programme. Un parcours qui suit les lignes de chemins de fer vous donnera cette possibilité, par exemple. Aujourd’hui, la maman part plusieurs jours avec Léa. Un itinéraire à conseiller ? « Les Pays-Bas, c’est vraiment le pied. C’est bien aménagé et donc c’est facile ».
Un dernier conseil pour la route ? « Suivre le rythme de l’enfant un maximum pour qu’il puisse à la fois se dégourdir les jambes et à la fois se reposer. Commencez par de petites distances et augmentez au fur et à mesure ».

ZOOM

Parlons peu, parlons primes

Des aides, il en pleut. Partout à travers le pays. Bruxelles propose une prime à tout automobiliste converti en cycliste. La prime Buxell’air s’adresse donc à toute personne domiciliée en Région de Bruxelles-Capitale qui radie sa plaque d'immatriculation.
Côté Wallonie, le gouvernement a décidé de supprimer les aides financières pour tout·e cycliste qui rêve d’enfourcher un vélo cargo.