Société

Le prix des garderies scolaires en augmentation : un appel à une meilleure régulation

Dans de nombreuses communes, la Ligue des familles a pu recenser une augmentation significative des tarifs des garderies scolaires ces derniers mois

Dans de nombreuses communes, la Ligue des familles a pu recenser une augmentation significative des tarifs des garderies scolaires ces derniers mois. Une tendance problématique qui risque malheureusement de se poursuivre. L’association appelle à rapidement mettre en place un cadre plus protecteur pour les familles.

Pour la majorité des parents, concilier vie professionnelle et vie familiale est un défi quotidien en raison de l’inadéquation entre les horaires de travail et ceux de l’école. En moyenne, 60 % des parents ont recours aux garderies scolaires. Ces familles sont « captives » : elles n’ont d’autre choix que de solliciter ce service, pourtant facultatif pour les écoles, pour assurer leur journée de travail.
Ces derniers mois, la Ligue des familles a pu recenser au moins 21 cas de villes et communes wallonnes et bruxelloises* (dont 8 de plus de 50 000 habitants) ayant augmenté les tarifs des garderies ces derniers mois. Près de 160 000 familles avec enfants vivent dans ces communes.
Ce relevé n’est pas exhaustif : les communes ne communiquent pas toujours ces décisions et la recension des augmentations tarifaires dans les écoles libres est plus difficile. Néanmoins, la tendance à la hausse est nette et inquiétante : l’addition totale de ces frais sur une année scolaire pour plusieurs enfants peut être plus lourde de centaines d’euros pour les familles.

* Uccle, Ixelles, Etterbeek, Watermael-Boitsfort, Jette, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Wavre, Genappe, Chaumont-Gistoux, Charleroi, Mouscron, La Louvière, Brunehaut, Silly, Herstal, Fléron, Hannut, Namur, Dinant, Libramont et Fauvillers ont notamment augmenté leurs tarifs de garderie ces derniers mois. Cette liste n’est cependant pas exhaustive.

Des conséquences en cascade pour les familles

Ces décisions des communes, parfois contraintes par l’autorité régionale (dans le cadre des plans Oxygène en Wallonie), prennent place dans un contexte budgétaire difficile pour les pouvoirs locaux. Les communes supportent des charges croissantes, parfois à la suite de décisions d’autres niveaux de pouvoir, qu’elles répercutent sur les citoyen·nes – ici, les parents. Et l’arrivée dans les CPAS des personnes exclues du chômage, ainsi que l’exclusion des personnes travaillant sous le statut ALE, impliqueront, selon toute probabilité, une hausse des dépenses de personnel pour assurer les garderies. Cela laisse craindre de nouvelles hausses des frais pour les parents dans les mois à venir.
Sur le terrain, deux situations coexistent actuellement. Certains opérateurs en charge de l’accueil extrascolaire (= des garderies) sont agréés par l’ONE : leurs tarifs sont alors plafonnés à maximum 5,43€ par jour par enfant à condition qu’il reste trois heures ou moins – un montant plafonné qui peut déjà, en soi, représenter un montant conséquent pour beaucoup de familles. Si l’enfant reste à la garderie plus de trois heures par jour, rien n’est précisé.
Mais il existe aussi des opérateurs non agréés qui, eux, peuvent appliquer des tarifs totalement libres, sans contrôle effectif de leurs prix par les autorités. Les familles n’ont d’autre choix que… de changer leur(s) enfant(s) d’école si ces tarifs sont en pratique impayables. Tout cela alors que nous traversons une période socioéconomiquement difficile pour de très nombreuses familles.

Un cadre légal insuffisamment protecteur pour les familles

Aucune donnée publique sur les tarifs pratiqués dans l’ensemble du secteur n’est disponible actuellement. Il est indispensable de corriger cet état de fait en publiant régulièrement l’évolution du coût des garderies (y compris dans les structures non agréées) afin de connaître les frais à charge des familles et d’identifier les évolutions inquiétantes en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Les hausses tarifaires sont toutefois déjà bien présentes et les familles ne peuvent attendre que des outils statistiques soient lancés : la mise en place d’un cadre plus protecteur est nécessaire. C’est pourquoi la Ligue des familles demande que soit assurée la gratuité de la garderie du temps de midi dans toutes les écoles (qui est un temps scolaire, mais demeure toujours non reconnu comme tel), que les écoles soient tenues d’organiser une garderie (toujours facultative actuellement et qui pourrait, dans le futur, ne plus être organisée face aux difficultés croissantes pour les pouvoirs locaux et des écoles) et qu’un plafonnement tarifaire soit imposé à tous les organismes, même non agréés, afin de mieux protéger les familles contre les hausses tarifaires nouvelles qui se feraient jour.