Grossesse

Le yoga postnatal : retonifier dans la sérénité

Après un accouchement, les mamans sont parfois en rac. Normal, elles viennent de vivre un moment intense et consacrent toute leur énergie à dorloter et chouchouter leur bébé… Mais la kiné postnatale, c’est capital ! Aujourd’hui, le yoga aussi se décline en version postnatale pour aider les mamans à se réapproprier leur corps en douceur. Julie Dewolf organise des cours de yoga pour mamans. Elles y travaillent leur corps dans sa globalité : de la tête au périnée.

Pourquoi décliner le yoga en version postnatale ? Les mamans ont rarement le temps de suivre des cours pour elles juste après l’accouchement…
Julie Dewolf :
« Justement, le yoga postnatal, c’est l’occasion de s’accorder un petit moment pour soi, l’occasion de sortir avec le bébé. On peut commencer les cours dès qu’on sort de la maternité. Et c’est important de retonifier le plancher pelvien et de drainer rapidement les organes du ventre. Ça permet d’être d’attaque le plus tôt possible. Le yoga postnatal évite aussi des poussées sur le périnée qui a été relâché pendant l’accouchement. Ça permet donc d’éviter une descente d’organes et des fuites urinaires. Et puis, en parallèle à une rééducation kiné complémentaire, le yoga permet une détente en profondeur.
Il y a aussi le fait de se retrouver entre mamans qui étaient enceintes en même temps et qui suivaient ensemble les cours de yoga prénatal. Je remarque que les mamans se sentent fort seules dès que leur compagnon a repris le travail. Elles aiment donc sortir de chez elles. »

Vous parliez du plancher pelvien et du périnée, le yoga postnatal permet-il de travailler d’autres parties du corps de la maman ?
J. D. :
« Oui, le yoga travaille le corps dans sa globalité : les bras, le dos, les muscles de la poitrine. Ça permet de pallier certains inconvénients du rôle de maman. Par exemple, les maux de dos qui surviennent quand on porte un bébé de plus en plus lourd. On se réjouit que le bébé grossisse, mais le dos en pâtit. Au niveau de la poitrine, allaiter fait perdre de l’élasticité et donc il faut tonifier. Ça permet de favoriser le retour d’une poitrine tonique après l’allaitement. D’un point de vue personnel, le yoga postnatal permet de se concentrer sur sa respiration, de calmer le mental, de calmer les soucis aussi et de ne pas être dans le passé. »

Concrètement, comment s’organise un cours ?
J. D. :
« J’organise des cours en groupe avec des bébés de moins de 3 mois, pendant le congé de maternité des mamans. Elles viennent souvent avec leur coussin d’allaitement et posent leur bébé dessus ou sur une couverture. Le bébé est posé juste devant le tapis de la maman, ça permet des échanges de regards et de sourires. Si un bébé pleure, qu’il a faim, sa maman le calme. Concrètement, j’accepte maximum cinq mamans et leurs bébés. Et le cours se donne une fois par semaine pendant deux-trois mois, c’est l’idéal. Après, il y a la reprise du travail, les bébés sont plus grands et l’organisation devient plus importante. »

Et quand ce cours s’arrête-t-il ?
J. D. :
« Six semaines après l’accouchement, le périnée est bien tonique, les mamans peuvent reprendre une activité sportive. Et elles peuvent poursuivre avec un autre cours de yoga normal ou avec bébé. »

Y a-t-il quelques exercices de yoga que les mamans peuvent faire chez elles ?
J. D. :
« Quand on a un cours fixé chaque semaine, on a un endroit dans lequel on est invité à se poser. Je crois qu’à domicile, c’est difficile de s’y mettre. Parce que, chez soi, on met souvent d’autres priorités. Mais si on prend le temps, on peut faire certains exercices - assise, couchée ou à quatre pattes - pour retravailler le périnée et la tonification du ventre. Dans un premier temps, on évite de les faire debout. Dans certaines cultures, la maman qui vient d’accoucher reste alitée et couchée. Elle prend ce temps pour se remettre de son accouchement. On parle d’ailleurs de période de ‘relevailles’, période qu’on n’applique pas du tout ici. On se relève vite et on exerce une pression vers le bas, vers le plancher pelvien. Ce qui entraîne la vessie vers le bas et provoque des pertes urinaires chez la maman. Or, c’est assez inhabituel chez les jeunes d’avoir la vessie qui descend. Pour moi, c’est important de conscientiser les mamans et de leur permettre de retrouver ces zones. »

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