Société

Les familles, tout un programme ?

Demandez le programme !

À la veille de toute élection, les programmes des partis sont considérés comme des espèces de guides éclairés. Tapis dans les replis d’un site internet, ils organisent les grandes lignes directrices d’un parti. Idées, projets, ambitions, tout y est consigné. L’ensemble forme une espèce de bible politique et pratique qui, en fonction des points de vue, oscille entre vaines promesses électorales et ambition réelle d’une stratégie à long terme.
Quelle est la place des familles dans ces bibles ? À chaque élection, le constat est identique : la famille est rarement dans la structure du programme. Elle est diluée dans des chapitres plus généraux consacrés à l’économie, à l’environnement, à la santé, à l’école, au monde du travail… Historiquement, seul le parti des Engagés offre une porte d’entrée réservée aux familles. Cela ne veut pas dire que l‘ancien cdH est le seul à traiter la matière familiale, c’est que les autres l’abordent par leur prisme propre.
Ainsi, si le MR, par exemple, touche à la sphère familiale, c’est souvent sous l’angle de la vie professionnelle. Le papa, la maman est perçu·e à travers sa force de travail. Le programme libéral mettra donc en avant des solutions pour faciliter l’épanouissement de celle-ci. D’autres formations politiques, plus à gauche, mettront en avant la solidarité, l’accompagnement du bien-être, etc. Cela peut paraître un peu caricatural, mais c’est très proche de la réalité.

Les programmes décortiqués

Lorsqu’on est préoccupé·e par ce qui touche sa famille, comment s’y retrouver dans ces programmes ? Se tourner vers le travail de la Ligue des familles est une bonne option. Ainsi, en prévision du scrutin de juin, le service Études et action politique de l’association parentale a réalisé un double travail. Il a ainsi questionné les différents partis sur des propositions formulées par la Ligue des familles. Chacun se positionne à sa façon, se découvrant parfois sur des points qui ne sont pas abordés dans le programme. Le service Études de l’asbl a également réalisé un travail de décryptage des programmes, isolant tous les points qui peuvent impacter la vie des familles. Un boulot minutieux qui servira de boussole au moment de la formation des exécutifs.
En effet, prudence. Un programme, ce n’est pas l’action à venir d’un parti au sein du gouvernement. En Belgique, la confection des majorités fait que, parfois, des coalitions rassemblent des formations politiques avec des vues complètement divergentes sur certains dossiers. Il s’agit donc de rédiger des compromis qui prennent la forme d’un accord de gouvernement. Chacun essaye d’y mettre sa patte, mais le consensus nécessite des choix, des priorités qui, fatalement, transformeront certains points de programme en promesses non tenues. Il s’agira donc de scruter avec attention l’accouchement (souvent) douloureux de cet accord et d’identifier les engagements concrets pris pour les familles. Et surtout de vérifier que ceux-ci sont remplis.

À lire : « Elections 2024 : les priorités des partis pour soutenir les familles » par le service Études et Action politique de la Ligue des familles

Demain l’IA ?

Pour terminer sur une touche technologique, une petite dose d’intelligence artificielle. Pour ce scrutin, le MR et le PTB ont lancé des robots (chatbot) nommés Victor et Sam. On peut leur poser toutes les questions désirées sur leurs programmes respectifs. Bon, on a tenté le coup en posant la question « Que prévoit votre parti pour les familles ? » et ce n’est pas toujours très concluant.
Au MR, il faut vraiment multiplier les questions pour tirer les vers du nez de Victor au fil d’une discussion virtuelle un peu décousue. Au PTB, Sam se limite à une réponse plus structurée en cinq points, mais ajoutant au passage que « comme l'IA est encore en plein développement, il arrive qu'une erreur se glisse ». L’outil n’est donc pas encore vraiment au point, mais sûr que dans cinq ans, ce recours à l’IA sera la norme. Restera à le considérer comme un véritable soutien à l’information des électeurs et électrices et pas comme un simple gadget électoral à débourrer.

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