Loisirs et culture
Comme cela arrive parfois, ce n’est pas le titre du livre, mais son sous-titre qui a mis notre instinct de journaliste en alerte : « Un homme quitte ses enfants, une femme les abandonne ». En voilà un sujet intéressant pour un magazine qui a la parentalité chevillée au corps ! Dans Les Abandonneuses (Stock), la journaliste et essayiste espagnole Begoña Gómez Urzaiz disserte ainsi sur ces femmes – inconnues ou célèbres – qui ont fait le choix de laisser leur(s) enfant(s) de côté pour pouvoir vivre leur vie comme elles l’entendaient.
Des réseaux sociaux au cinéma, en passant par la littérature, le cinéma et la vie de tous les jours, de Maria Montessori à Ingrid Bergman, en passant par les « momfluenceuses » et madame Tout-le-Monde, Begoña Gómez Urzaiz parcourt une multitude de situations et de parcours avec recul, justesse et intelligence. Au fur et à mesure des pages, elle aborde ainsi des thèmes comme le mythe de la mauvaise mère, les émotions contradictoires par rapport à ses propres enfants ou le regret maternel.
En filigrane se dessine ce qui est finalement la question centrale de l’ouvrage : comment être femme et mère, et vivre sa vie sans s’oublier ? Les exemples repris dans Les Abandonneuses donnent un éclairage intéressant sur l’évolution du regard de la société sur ces femmes en dehors des normes attendues. Souvent incomprises, parfois autant adulées que méprisées, elles ont comme point commun d’avoir fait un choix ultime, mais toujours assumé. Une lecture éclairante.
À LIRE AUSSI