Loisirs et culture
Habiter le monde, c’est ce que propose Marine Schneider dans son dernier album, Maximonde (Pastel). Tomoko, un lutin facétieux, nous guide dans son univers bien rangé, à taille lilliputienne, où surgissent insectes, fantômes et bourrasques qui sèment le désordre… Arrive un petit inconnu sur son vélo qui voit et habite le monde autrement ! Un album subtil sur l’art de grandir…
Maximonde, de Marine Schneider
À côté de ses cosmogonies animistes en grands formats comme Minik et l’album primé en 2022 par la Pépite d'or du Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil, sorte de Goncourt du livre jeunesse, Hekla et Laki, tous deux chez Albin Michel Jeunesse, Marine Schneider propose des livres plus intimistes comme Tu t’appelleras Lapin (Versant Sud), Petit Ours, Petit Ours (Cambourakis), Blaireau (Pastel), En route, Marin ! (Pastel) ou le petit dernier, Maximonde (Pastel) dans une bibliographie qui compte déjà plus de vingt albums. Parler de petit dernier à propos de cet album est particulièrement approprié puisque le personnage de l’histoire est un lutin, Tomoko. Celui-ci aime son intérieur et que cet intérieur soit bien ordonné. Le moindre intrus, insecte ou poussière, est chassé. Solitaire et sédentaire, Tomoko semble satisfait de son sort. Mais il ne connaît rien d’autre. Quand arrive un comparse sur son vélo, celui-ci l’amène à découvrir le monde extérieur, le vaste monde, le Maximonde. Une amitié est née. Joli conte sur le fait de grandir qui amène la confrontation entre l’intérieur/l’extérieur, l’ordre/le désordre, le petit/le grand, la sécurité/l’audace, les pleins/les vides, Maximonde répond aux codes graphiques de Marine Schneider. Celle-ci a inventé son propre langage visuel, sa grammaire graphique dans de véritables peintures, où les aplats de couleurs et la lumière s’entremêlent harmonieusement. Elle nous offre des paysages avec des ciels changeants, une mise en page agrémentée d’encadrements et de vignettes parsemées de plantes, de mammifères, d’oiseaux dont on retrouve certains d’un album à l’autre, ce qui crée une complicité avec son lectorat (De 3 à 6 ans)
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