Crèche et école

Novembre 1955 : travail d’école ou devoir des parents

n novembre 1955, le Ligueur relaie une anecdote publiée par l’UNAF, l’Union nationale française des associations familiales

L’ARCHIVE DU LIGUEUR 

Les devoirs ! Fameuse thématique souvent traitée par le Ligueur au fil des décennies. En novembre 1955, votre magazine préféré relaie une anecdote publiée par l’UNAF, l’Union nationale française des associations familiales. Au cœur de l’histoire, un enfant soumis au régime des devoirs scolaires. Mais surtout son papa, « brillant ingénieur du génie maritime ».
Visiblement, ce paternel éprouvait le besoin impérieux de faire le boulot à la place de son fiston allergique aux mathématiques. « Mais la direction du collège voulut en finir. Elle remit au fils un bulletin de consigne lui demandant de consacrer un jeudi après-midi (ndlr : qui était normalement jour de congé) à des travaux personnels sous surveillance et motiva cette retenue ainsi : ‘père entêté’ ». Le Ligueur ajoute que le paternel s’est amusé de la chose et « ne récidiva pas ».
Au-delà de l’anecdote, le magazine livre quelques pistes de réflexion. Faire les devoirs à la place des marmots, ce n’est pas bon pour l’apprentissage des enfants et, parfois, c’est aussi mauvais pour l’ego des parents. Ben, oui, fréquemment, on s’aperçoit qu’« il y a bien longtemps que papa n’a pas extrait une racine carrée… il faut l’excuser ». Idée de la rédaction de l’époque ? Essayer de proposer un exercice similaire, le résoudre avec l’enfant. Et puis le laisser se débrouiller tout seul. Bref, c’est l’application scolaire du poisson qu’on apprend à pêcher.
Le Ligueur souligne toutefois que tout cela n’est possible qu’en tablant sur une étroite « collaboration parents-maîtres ». « Il est bon qu’en début d’année scolaire, le maître explique aux parents ce qu’il doit faire avec leurs enfants, qu’il leur parle du programme, des manuels et de leur usage, qu’il leur expose ses méthodes. Les parents, plus tard, pourront faire part au maître de leurs suggestions, compte tenu des difficultés avec lesquelles ils ont vu leurs enfants aux prises ». Tout cela est un peu révolutionnaire pour l’époque. Le Ligueur affirme que l’école se fait tirer l’oreille. « Paresse ? Crainte de l’aventure ? », questionne l’hebdomadaire.
Pour terminer, une autre anecdote du siècle dernier. Familiale, celle-là. Ma grand-mère avait rédigé une rédaction pour un de ses fils. Petit problème, prise dans son élan littéraire, elle avait oublié de masculiniser tous les adjectifs et participes passés. En bas de la copie, le maître, attentif et perspicace, avait écrit à destination de l’élève : « C’eût été parfait, si c’est vous qui l’aviez écrite ».