Vie pratique
Difficile de parler de ces réseaux sociaux sans vous mettre dans la boucle, chers parents. Comme 76% des Belges, vous êtes certainement inscrits sur une plateforme d’échanges. Eh bien, figurez-vous qu’ils vous impactent de trois manières différentes selon les experts consultés.
► Ils vous prennent du temps
6 enfants sur 10 estiment que leurs parents sont trop sur les réseaux sociaux, voilà ce qui ressort de l’enquête Génération 2020 réalisée par Média Animation. Il faut dire que tout est fait pour que vous y restiez. C’est Facebook qui prend la tête du peloton, suivi par YouTube sur lequel vous aimez consommer des musiques et vidéos, Messenger et WhatsApp sont vos moyens privilégiés pour échanger avec vos proches. À noter qu’Instagram se trouve en queue de peloton du top cinq parental.
Quant à la question du trop, si elle est bien sûr subjective, elle est aussi objectivée par DataReportal qui documente toutes les tendances des usages numériques par pays. Bon an mal an, vous y consacrez 1h45 par jour en moyenne.
► Ils vous isolent
Si le premier constat tient à la chronophagie des réseaux sociaux, son pendant est qu’il consiste en une pratique majoritairement solitaire. Cette réalité supplante peut-être même la première selon Yves Collard, formateur chez Média Animation.
« Le média réseau social ne mobilise pas forcément plus de temps si on le compare à la télé. À la différence que cette dernière est le média familial par excellence, contrairement au smartphone qui individualise. »
Lorsque vous partagez les photos de votre enfant sur le groupe WhatsApp famille, vous n’êtes pas dans un temps partagé.
► Ils vous mettent la pression
Selon Moïra Mikolajczak, spécialiste du burnout parental, les réseaux sociaux sont aussi responsables de faire monter la pression parentale de trois manières différentes.
Ils sont la vitrine d’une parentalité positive où chacun sert la meilleure version de lui-même. On en viendrait presque à oublier que ce n’est pas la réalité, mais ce qu’on veut bien nous montrer. Lila*, 37 ans, maman de deux enfants de 4 et 6 ans, en a pris conscience. « Quand on me parle de pression sur les réseaux sociaux, je pense à une maman de l’école qui est très active sur Facebook. Elle publie des photos de sa tribu en vacances sur des plages paradisiaques, de ses enfants tirés à quatre épingles pour la rentrée ou de son dernier super gâteau fait maison. J’en suis venue à interroger mes propres pratiques : qu’est-ce que je publie et pour dire quoi de moi ? ».
Autre motif de pression, les réseaux sociaux permettent une grande liberté d’expression. Agata* en a fait les frais. « J’avais posté une question sur un groupe de parents pour m’informer sur un lange qui sonne la nuit. Je demandais juste un avis utilisateur et je me suis pris un retour de flammes avec des commentaires disant que j’essayais de conditionner mon enfant comme le chien de Pavlov sans respecter son rythme. J’avais pourtant demandé qu’on s’abstienne de jugement de valeur et fait le choix de ne pas préciser son âge ou sa situation, mais ça n’a servi à rien ».
De façon plus insidieuse, certains groupes ou pages peuvent aussi véhiculer des messages ou standards normatifs. « Même si cela part d’une bonne intention, beaucoup de contenus mettent la pression sur les parents, constate Moïra Mikolajczak. C’est le cas chaque fois qu’est véhiculée l’idée qu’il ne suffit plus d’être un parent suffisamment bon, mais qu’il faut être un super parent ».
* Prénoms modifiés
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